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Citoyens en mouvement

Politique, culture, éducation, formation pour la vie démocratique - blog créé le 10 mai 2006

Se préparer à la riposte

Comment les politiciens manipulent les gens
 
par Jean-Paul LEGRAND
 
 
Plus les politiciens mènent une politique en faveur d' intérêts privés contre l'intérêt général, plus ils utilisent des méthodes de manipulation des citoyens et de dévoiement de la démocratie. Puisque dans le capitalisme c'est l'intérêt d'une minorité de capitalistes qui prévaut, beaucoup de membres du personnel politique travaillent en général pour cette minorité en employant des méthodes qui n'ont rien de transparent, rien de démocratique.  De nombreux exemples pourraient être cités. Il est important d'étudier les méthodes de manipulation de certains responsables politiques qui pour des raisons de pouvoir et de défense de l'ordre établi sont prêts  à s'attaquer de manière insidieuse à la démocratie profitant souvent de la naïveté et de l'inexpérience politique des gens.

La démocratie est l'ennemie N°1 des hommes de pouvoir
 
Depuis que le monde est monde les hommes de pouvoir sont des manipulateurs. Ils ne se maintiennent au pouvoir très souvent qu'en raison de leur connaissance et  de leur pratique de la manipulation ou par l'impact idéologique qu'ils exercent sur les plus larges masses d'individus. Quand le rôle de l'idéologie est mis à mal, que les valeurs de la classe dominante sont de moins en moins reconnues par les dominés et qu'il y a une crise des idées liée à la crise matérielle, la classe dominante ne peut laisser se développer la démocratie car  plus les gens s'interrogent collectivement sur l'avenir de la société, plus ils représentent potentiellement un réel danger pour les possédants capitalistes.Si les possédants capitalistes utilisent tout un arsenal d'idées adaptées aux situations comme par exemple, celle que le capitalisme ne peut être dépassé (ce qui est une ineptie du point de vue historique) ou encore qu'il doit être régulé, ils ne se privent pas d'utiliser  les méthodes maffieuses, les coups tordus, les actes violents, en payant des gens pour cela.  Dans une société dominée par le pouvoir de l'argent et la corruption, rares sont les puissants qui acceptent la démocratie, la critique, la remise en cause et la démarche d'écouter vraiment les gens pour construire avec eux. La plupart du temps c'est parce qu'ils sont contraints par les luttes et le contrôle des gens qu'ils doivent respecter la démocratie et les décisions collectives.
 
Dans la plupart des nations, les politiciens tordus entretiennent avec les milieux économiques des rapports très étroits, leur corruption est le lien naturel qu'ils entretiennent avec ces milieux afin d'assurer à ceux-ci la paix sociale :  ainsi ils peuvent s'enrichir personnellement ou enrichir leur organisation dans le but d'acheter les électeurs mais aussi de payer des gens qui vont commettre des actes délictueux pour leur compte : filature de militants, fichages illégaux, chantages et pressions sur les gens, provocations, campagnes de calomnies, violences de toute nature. Mais sans forcément être corrompu par d'autres, le politicien véreux peut utiliser son pouvoir pour faire pression sur les citoyens. Par exemple en étant responsable d'attribution de logements, d'aides sociales, ou de postes de travail, il peut insinuer auprès des personnes qu'elles n'y auront droit que si elles lui font allégeance ou lui rendent des services ou encore qu'elles donnent des renseignements sur des adversaires ou des personnes qui doivent être surveillées car suspectes d'être de véritables démocrates.

Désigner des boucs-émissaires pour diviser et mieux régner
 
 Plus généralement le politicien ripou ne supporte pas la démocratie : il aime tellement le pouvoir qu'il arrive à se convaincre lui-même qu'il doit y rester coûte que coûte,  qu'il est l'homme irremplaçable à la bonne marche du territoire sur lequel il règne et qu'après tout, sa légitimité étant acquise par le vote, il peut faire comme il l'entend. Il aime la stabilité par dessus tout c'est à dire qu'il adore que rien ne change même si il parle souvent de changement, il est  convaincu de son bon droit et séduit par l'idée que son pouvoir se poursuive ad vitam aeternam.  Il explique sans rire que malgré sa possibilité de faire autre chose, il entend se consacrer au bien de la collectivité, qu'il se sacrifie en quelque sorte pour le bien général. Il lui arrive de récupérer les meilleures idées progressistes et en parle comme si il en était l'auteur mais lorsqu'il s'agit de les mettre en oeuvre, il trouve toujours une "bonne raison" pour ne pas les réaliser. Afin de se maintenir au pouvoir dans son parti il lui arrive d'utiliser des moyens publics que lui donnent sa fonction élective pour mobiliser ses partisans, des partisans qui en général ne sont convoqués que pour les élections et qui ne sont bons qu'à remplir les urnes en faveur de leur  bienfaiteur mais jamais à donner vraiment leurs points de vue ou propositions si tant est qu'ils en aient, habitués plutôt au suivisme qu'à la démocratie et à l'esprit critique.  Il sera prêt à se soumettre à d'autres politiciens plus puissants que lui si cela lui permet de maintenir sa propre puissance. Mais il sera sans pitié pour ceux sur lesquels il exerce son pouvoir. Si par exemple des citoyens se rassemblent, s'organisent pour tenter de régler un problème social, économique ou politique qui pourrait déstabiliser le pouvoir du politicien, de ses amis ou de son parti, ce dernier s'empresse de tenter de mettre en place des mesures qui diviseront les gens : par exemple en les opposant en jouant sur leurs différences d'opinions, d'origines, de religions, etc....et souvent en désignant des boucs-émissaires : le juif, le communiste, l'arabe,le pauvre, l'étranger...
 
Les gens qui engagent une lutte doivent toujours avoir en tête que si ils veulent conserver leur unité pour être forts afin que leur cause soit victorieuse, ils doivent non seulement être d'accord sur les objectifs qu'ils veulent atteindre mais ils doivent aussi et c'est une condition indispensable s'organiser démocratiquement. Ils leur faut donc décider qui va les représenter et  cela par un vote démocratique, décider ensemble de qui va faire quoi par un vote également, et cela dès les premiers temps de leur mouvement. En permanence les actions menées par les gens qui luttent doivent être analysées par ces mêmes gens afin qu'ils ne soient jamais dessaisis de leur mouvement. On a vu souvent, par exemple, des gens qui se sont autoproclamés représentants de locataires ou  de salariés sans  que ces mêmes locataires ou salariés n'aient voté. Il a suffi que quelques personnes s'organisent en association et que cette association soit reconnue légalement pour que ces mêmes personnes s'autoproclament représentantes de l'ensemble des locataires ou des salariés, et reconnues comme telles par les autorités ! Cela arrange bien les affaires des patrons ou des politiciens d'avoir à leur disposition des associations ou des syndicats qu'ils ont parfois monté de toute pièce, qu'ils contrôlent et qui agiront à leur guise.  On voit bien que cela est bien loin de la démocratie mais combien de fois il en est ainsi. Beaucoup d'associations d'ailleurs sont souvent dirigées par ceux là mêmes qui les subventionnent, ce qui est dans notre pays strictement illégal mais qui se pratique. Certes la démocratie n'est jamais parfaite, c'est un combat, elle dépend de chaque citoyen.

Organiser la démocratie est indispensable pour construire une autre société 

C'est pourquoi les gens qui veulent lutter pour une cause juste, pour l'intérêt général ne doivent jamais ni se laisser impressionner par les politiciens, ni accepter de déléguer leur pouvoir sans contrôle, au contraire ils doivent impérativement être en permanence maîtres de leur mouvement en refusant les divisions et en s'organisant par des décisions toujours soumises au vote de l'ensemble des participants à la lutte. Les citoyens vraiment attachés à la démocratie et qui engagent un combat pour que celle-ci soit effective et pas seulement proclamée, ne doivent pas être étonnés si ils sont l'objet de pressions et de répressions, de vexations, parfois d'humiliations, ou de violence, c'est parce que leur action dérange l'ordre établi, l'ordre inégalitaire de la société de classe. Pourtant il n'y a que la démocratie conçue comme une lutte permanente qui permet de déjouer les pièges et les manipulations des puissants et des politiciens qui les servent. En ce sens la lutte pour la démocratie participe à la lutte révolutionnaire pour construire un monde et une société de membres conscients et associés pour l'intérêt général, c'est à dire celui du plus grand nombre, celui de l'immense classe des exploités.

Dans la prochaine période, les citoyens qui en masse vont être jetés à la rue, qui vont perdre leur emploi, leur logement,  leurs droits élémentaires à se nourrir et à se soigner, vont devoir s'organiser collectivement et riposter à l'agression terrible du capitalisme en crise. Ils devront être vigilants car tout sera fait pour briser leurs luttes et assurer à la bourgeoisie capitaliste  la domination politique et économique de la société. Les vieilles méthodes crapuleuses des politiciens sans scrupule seront pratique courante davantage encore qu'aujourd'hui. Les salariés, les habitants devront clairement établir leurs objectifs de façon démocratique pour déjouer tous les pièges qui leur seront tendus. Il faut se préparer à des luttes d'ampleur, des luttes massives qui poseront la question d'en finir avec le capitalisme.Ces luttes devront être particulièrement vigilantes vis à vis des organisations syndicales et politiques et de leurs responsables, il faudra que les citoyens puissent exercer leur libre arbitre vis à vis des dirigeants de ces organisations et leur demander des explications permanentes sur les décisions qu'ils prendront. L'histoire nous montre que trop de mouvements révolutionnaires ont été dévoyés de leur objectif par des professionnels de la politique qui se sont fait passer pour des révolutionnaires mais qui en définitive travaillaient pour l'ordre établi. L'une des meilleures façons de parvenir aux objectifs de transformation que les gens se donneront est  de  favoriser la participation des plus larges masses aux débats et à la formulation des idées nouvelles en lien avec une attitude permanente de soumettre au vote les formes d'actions à engager. A travers la diversité des formes d'action (assemblées générales, grèves, débrayages, occupation et récupération d'entreprises, manifestations, délégations, etc...) décidées par les gens,  tout devra être sous le contrôle démocratique des citoyens si l'on veut aboutir à la victoire. Rien ne sera plus important que de veiller partout à l'auto-gestion des luttes afin de rendre le mouvement déterminé, unitaire et sachant prendre les bonnes décisions au bon moment, de déjouer les manoeuvres des exploiteurs et de leurs valets  qui portent seuls la responsabilité de cette crise semant un recul économique, social et politique généralisé sur l'ensemble de la planète.




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