CREIL AVENIR

CREIL AVENIR

Jean-Paul LEGRAND - Président du mouvement politique "Les Citoyens En Mouvement". Elu maire-adjoint de 2008 à 2014 et conseiller municipal de 1983 à 1995. Président d'une association économique pour le développement fluvial

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Intercommunalité

Jean-Paul Legrand —

Marche forcée vers des intercommunalités au service du capital ou construction démocratique des territoires ?

Contribution de Jean-Paul Legrand Maire-Adjoint de Creil Conseiller de la Communauté de l'Agglomération Creilloise à la réflexion sur la coopération intercommunale

Il n'est pas nécessaire d'être grand stratège pour voir ce que le pouvoir est en train d'entreprendre avec la réorganisation territoriale. En privant les communes de cette ressource essentielle qu'est la taxe professionnelle, en supprimant les départements, voire à terme en recomposant les régions tout en réduisant leur nombre, non seulement le gouvernement compte diminuer considérablement les dépenses publiques de l'Etat mais amenuise du même coup les capacités démocratiques de la Nation.

La concentration des pouvoirs dans les intercommunalités et les régions au détriment des communes et des départements éloigne les citoyens des centres de décisions. Au moment même où en raison de la crise il y a une impérieuse nécessité de développer la proximité, l'écoute et la mobilisation des citoyens, le pouvoir dont l'objectif est de répondre à la crise de rentabilité du capital entend bâillonner le pays en détruisant œuvre de la révolution française : 36.000 communes qui sont autant de foyers de démocratie, une organisation administrative départementale plus proche des gens que de grandes structures régionales, forment l'originalité, la spécificité de notre Nation en mettant en mouvement nombre de citoyens et d'élus organisant la vie sociale et économique du territoire.

Ceux qui aujourd'hui s'inscriraient dans des marches forcées vers des intercommunalités qui ne seraient pas construites avec les citoyens, qui pour l'appât de quelques éphémères et dérisoires financements seraient prêts à vendre l'âme de leur territoire, porteront à terme une lourde responsabilité. N'oublions pas que la Nation a déjà été ainsi mise à mal par le non respect du référendum sur la Constitution européenne lors de cette triste mascarade qui tenue en un jour à Versailles a, d'un trait de plume, annulé la décision du peuple souverain. Moins que jamais les territoires ne peuvent se décider sans les gens, sans qu'ils soient le fruit d'une élaboration démocratique dans laquelle les élus devraient jouer un rôle de premier plan pour faire vivre le pluralisme.

L'idée des Etats généraux de la Communauté de l'agglomération creilloise est excellente, sa mise en œuvre l'est moins. La participation des habitants reste très limitée et si toutefois, des pistes de réflexions et des propositions s'expriment déjà, on n'est loin de ce que nous pourrions espérer pour une véritable mobilisation citoyenne qui nécessite inévitablement de prendre du temps. Cependant le travail engagé est un premier pas dans la bonne direction. La démocratie en l'occurrence ne peut se décréter, ni se convoquer en quelques assemblées seulement. Il s'agit d'un travail de longue haleine. Toutefois, l'impatience de certains risque de mener à l'échec la possibilité d'élaborer de grands projets de développement qui ne peuvent se concevoir sur le seul territoire de la CAC.

 On le sait les possibilités de développement économique sont liées à nos capacités d'améliorer nos infrastructures et de favoriser l'intermodalité des transports. Extrêmement bien positionnée pour cette intermodalité mais très pauvre en foncier, la CAC doit impérativement travailler avec ses voisines.Travailler ensemble sur un pied d'égalité, de respect mutuel, d'écoute et de partage à la fois entre communautés et à l'intérieur de chacune d'elles. Cependant trop souvent encore les ambitions personnelles de quelques-uns et les tentatives hégémoniques de certains risquent de primer sur l'intérêt général. D'aucuns pensent qu'en obtenant cette hégémonie ils régleront mieux les problèmes que dans le cadre de véritables coopérations respectant la diversité politique émanant du suffrage universel. Ils se trompent lourdement. On a voulu ainsi imposer une construction européenne aux peuples et tout montre que cela ne fonctionne pas. En rééditant la même méthode pour les intercommunalités cela mènera inévitablement à l'échec.

Or le développement de nos territoires nécessite de façon évidente une coopération renforcée entre les communautés de communes notamment en matière d'initiatives économiques et environnementales. Le Schéma de cohérence territoriale peut être un outil de qualité mis au service de cet objectif de développement. La CAC peut jouer un rôle moteur en faisant preuve d'ouverture et d'écoute en direction de ses partenaires, de tous ses voisins. Au sein même de chaque communauté c'est aussi la bonne méthode. Face à la crise, fou celui qui fera le délicat comme disait Louis Aragon, au contraire soyons offensifs, travaillons avec tous ceux qui ont le souci de nos populations sans préjugés, sans coller des étiquettes.

La crise capitaliste n'est pas qu'économique, elle est éminemment politique. Elle exige de penser autrement, d'inventer une démocratie beaucoup plus forte fondée sur le droit réel, concret, réalisable pour chaque individu de s'engager et de partager le pouvoir. Au contraire le capitalisme impose autoritarisme, concentration des pouvoirs, réorganisation territoriale en fonction des seuls objectifs de rentabilité de l'argent et non des besoins humains, ni du développement des entreprises. La participation des citoyens ne peut pas être décrétée, ni être un gadget pour labelliser nos projets. Le mouvement social, les luttes qui se développent, la montée du mécontentement sont autant de manifestations de cette participation. Le rôle des élus n'est il pas aussi d'entendre cette expression sociale et de la mettre en cohérence avec leur propre vision du projet de territoire ?

L'avenir appartient à ceux qui sauront anticiper ce qui en profondeur travaille la société au moment historique que nous vivons. La réorganisation territoriale ne doit pas venir d'en haut , ni être imposée par le gouvernement, mais tout au contraire émaner des exigences populaires en particulier en matière d'emploi, de santé, de logement et d'éducation. Perdre de vue cela ce serait s'affaiblir face à la terrible offensive menée contre nos collectivités afin de détruire les obstacles qu'elles représentent . Elles demeurent en effet des entités et des services publics essentiels face à la marchandisation de la société, elles sont des bases fondamentales pour construire un futur à dimension humaine.

Conseil municipal de Creil

Jean-Paul Legrand —
Déclaration de Jean-Paul LEGRAND
pour le groupe communiste
Débat d'OrientationBudgétaire
 
Conseil municipal de Creil  du 23 février 2009
 

La majorité municipale que les Creillois ont élue en Mars 2008, a l'ambition de promouvoir une politique résolument destinée à améliorer le quotidien de l'ensemble des Creillois notamment en favorisant  une intercommunalité, fondée sur une coopération interterritoriale jouxtant les moyens et les individus, avec l'impérieuse nécessité, d’un essor économique et démocratique. Telle est l'ambition à laquelle cette majorité s'en remet et davantage encore les élus communistes présents lesquels tiendront encore et toujours leur place et toute leur place puisque ne l’oublions pas, les Creillois l’ont décidé ainsi et très clairement par leur vote nous accordant plus du  double des suffrages qu’ils nous avaient accordés auparavant.


Cependant la réalité promeut des situations souvent en contradiction avec la volonté politique même la plus affirmée. Le président de la République et sa majorité ont une lecture différente de la situation prévalant sur nos territoires et parfois on peut même s'interroger et convenir, que nous ne nous situons pas sur la même planète, tant nos analyses divergent. La crise tel un révélateur photographique a mis en lumière la vérité sur la nature de classes du système dans lequel  les nantis empruntent et puisent leur puissance à la finance et les humbles leurs oripeaux à la misère qu'ont leur consent,  leurs difficultés croissantes à une politique qui constamment  les méprise.

Le capitalisme, ne s'émeut point des cohortes de sans emploi et de sans logement que sa prédation et sa voracité livrent à la déshérence, attendu qu'il s'agit  d'abord de préserver un taux de profit constant. A force de rechercher  une rentabilité  croissante du capital le système appauvrit la société, consacre l’argent à la finance au détriment du travail. Il ne suffit pas de le constater, il faut éradiquer les causes du fléau, j’ai nommé l’exploitation capitaliste, car enfin nommons les choses par leur nom.

 

La colère antillaise est là pour nous le rappeler, nous ne sommes pas prêts à accepter la soumission aux injonctions de quiconque qu’elles soient patronales ou présidentielles, nous repousserons ces nouvelles féodalités qui tentent de nous plier à des intérêts qui ne sont pas les nôtres et qui conduisent aux pires divisions, à la concurrence criminelle entre les peuples, à une guerre économique qui débouche en définitive à la guerre, à la haine et à la répression des peuples insoumis comme nous venons de le voir à Gaza, à qui nous apportons notre solidarité et notre totale soutien dans la reconnaissance et la condamnation du crime que son peuple a subi. Alors que nous avions eu jusqu’ici des chefs d’Etat qui avaient au moins la décence de ne pas afficher de façon ostentatoire leur condition de classe, des laudateurs d'acabits divers, révèrent un président absolu brandissant un luxe de mauvais goût à la face de son peuple en souffrance, dispensant  sa magnanimité aux puissants  et sa rudesse aux gens modestes, au prétexte que l'on sauvegardera l'emploi et l'activité.

 

En 1977, le chef du gouvernement nouvellement intronisé, célébré par ses pairs comme un économiste sans égal, nous tenait déjà ce discours, avec en prime un retour sur investissement dont les bénéfices irradieraient le peuple. Ce fameux peuple que l'on exhorte à produire, à défendre la patrie, que l'on cajole ou que l'on berce selon les circonstances, que l'on trompe, mais auquel aucune reconnaissance n'est décernée, ce peuple de qui est tirée toute la richesse et à qui l’on refuse le minimum des minimums : le respect de sa dignité. Au point même que sa souveraineté même a été bafouée par une décision où les politiciens ont le temps d’une journée à Versailles rayé d’un trait de plume le NON qu’ il avait clairement prononcé lors du référendum sur la Constitution européenne ". Gardons nous de la condescendance dans laquelle nos gouvernants actuels tiennent le peuple, dont nous sommes les représentants élus, car il se pourrait que tonnent les mots prononcés par Louis Antoine de Saint-Just "Osez ! Ce mot renferme toute la politique de notre révolution."

 

Et le peuple sait oser. Car le peuple ne vit pas que de pain, il ne faut ni blesser son âme, ni meurtrir sa dignité, sinon tel un volcan et, l’histoire n’a cessé de le montrer, son  éruption est fatale à tout pouvoir.

 Les récents diktats que le président de la République, a énoncé inclineront les communes à se restreindre car la suppression de la Taxe professionnelle entravera leur développement ainsi que le maintien des services à la population  et plus encore les emplois inhérents, cette décision illustre le prétexte: "le maintien de l'emploi par l'investissement", alors que les communes sont de loin les premiers investisseurs dans ce pays, dans les départements et  les régions. Mais ses intentions présentées comme louables, ne dissimulent elles pas le démembrement territorial au terme duquel ne subsisterait que des régions remaniées et agrégées sous tutelle de la commission de Bruxelles, les communes et les départements disparaissant. Les transferts de charges liées à la diminution des dotations publiques est un autre facteur désagrégeant les structures institutionnelles et en particulier les budgets communaux.

Cette politique décrétée sans concertation et mise en œuvre a comme objectif unique la destruction des institutions démocratiques au profit d'un capitalisme omnipotent mais à bout de souffle. On affaiblit la puissance publique  pour tenter de renforcer l’intérêt privé et mercantile, comme si la Nation, les communes, les gens étaient à vendre ! On tente de mettre sous perfusion le cadavre du capitalisme moribond en tirant le sang du corps social  qui ne demande qu’à s’émanciper de ce régime de plus en plus insupportable.

Nous le disons, et nous le clamons, rien ne pourra nous faire taire, rien ne pourra entraver l’action communiste, nous refusons que le Monde, l’Europe, la France deviennent des marchandises. Nous refusons que la commune soit assassinée, elle qui est le creuset de la démocratie, le foyer premier de nos libertés. Mais dans ce refus nous plaçons l’espérance que fait naître la lutte  contre le fétichisme de l’argent et pour que se révèlent les seules valeurs qui comptent : les valeurs humaines !

Malgré le contexte où dominent les décisions iniques des hommes du capital et du pouvoir, nous avons le devoir de soutenir et de défendre les exigences de notre population,  de tracer les perspectives que les creillois nous ont délégués.  Les contraintes peuvent amenuiser les plus fortes  volontés, si nous ne nous préparons pas au combat.  Car il s’agit d’une lutte sans merci entre ceux qui veulent nous agenouiller pour nous donner le coup de grâce et tous ceux, nous tous,  qui devons au contraire nous saisir de la conscience de notre force pour abattre la tyrannie de ce despotique système qui  vient, clairement de démontrer, au travers de sa crise,  le peu de cas qu’il fait de chaque être humain !

 

 La décision de supprimer la taxe professionnelle conduira notre commune à choisir inéluctablement entre une augmentation des impôts ou une suppression de services, ou les deux à la fois et donc à un nouvel appauvrissement de notre collectivité, alors que le capital ainsi exonéré pourra librement s’enfuir sous d’autres cieux, voire s’évaporer dans une spéculation mortelle qui fonde le système financier actuel mais ruine les économies  et le développement des nations !  Nous appelons les Creillois à refuser cette mesure de classe, totalement inique, économiquement et socialement inefficace, qui symbolise à elle seule, le peu de cas qu’un seul homme qui détient le pouvoir fait de nos collectivités. Ce mépris n’a que trop duré : nous en appelons à la mobilisation générale, à un grand mouvement populaire  et démocratique pour organiser une offensive résolue afin de changer de pouvoir, de politique et de société. Les élus communistes déploieront leur action aux côtés des Creillois  qui doivent être assurés que nous ne céderons à aucune menace, à aucun chantage, à aucune pression d’où qu’ils viennent qui tenteraient de nous détourner de l’objectif pour lequel nous avons été élus et qui a pour nom la mise en œuvre d’un programme dont l’audace se fonde sur et avant tout le développement économique de notre cité.

Car il existe  des potentialités de prospérité en devenir, des opportunités trop longtemps négligées, dont les Creillois ont le devoir de s'emparer et de négocier au mieux. Le Canal Seine Nord que certains ont,  à tort, tendance à considérer comme une arlésienne, sera une réalité en 2015, que le bassin creillois ne pourra plus ignorer car se serait s'abstraire d'un passé, ayant permis l'expansion de ce territoire autour de sa rivière  d'abord,  de son chemin de fer ensuite.

L'ouvrage de 106 kms entre Compiègne et Aubencheul au Bac permettra au réseau fluvial national  d'être relié au réseau fluvial européen, dont le gabarit permet d'accueillir désormais des embarcations ayant un tonnage  compris entre 3500 et 4400 tonnes l'équivalent de 500 camions, véritable paquebot fluvial de 180 mètres de long et destiné à convoyer du vrac et des containers. Cet insert structurel est une opportunité concernant toutes les communes traversées par l'Oise et doit être l'occasion de mettre en exergue les possibilités économiques et territoriales de chacune d'entre elles, offrant ainsi la perspective d'un plan de développement autorisant l'ensemble du territoire à se régénérer.

Concernant Creil, la municipalité s'impliquera dans la mise en œuvre d'un port fluvial aux abords de la Vieille Montagne, intégrant une dimension tertiaire : Accueil des sociétés de logistique ainsi que les affréteurs et un périmètre dévolu à de l'entreposage mais réservant une part importante à une Marina servant à l'accostage des embarcations de plaisance notamment en période d'hivernage et augurant de l'attractivité touristique qu'offre la proximité de Saint-Leu (abbatiale) Saint Maximin (les carrières la maison de la pierre) Chantilly (château) Senlis (ville musée) sans oublier notre propre musée tout à fait remarquable et que nous devons davantage promouvoir.  Il n’est pas exclu non plus que dans le cadre d’une coopération intercommunale élargie, des espaces aujourd’hui sans activité puissent être destinés à des ateliers de réparations de barges voire de construction de celles-ci. Rien n’interdit d’envisager de tels développements qui nécessitent d’être étudiés et soutenus par une  réelle volonté politique.

Mais que serait il advenu de Creil si le chemin de fer n'avait pas été l'un des vecteurs de son expansion ? Car une fois encore, la destinée de Creil si nous en avons la volonté, rencontrera la voie ferroviaire. En effet, la ligne Creil-Roissy permettra à 15000 picards de rallier quotidiennement  la plateforme aéroportuaire  de Roissy  en évitant le détour par  Paris-Nord et autorisera nombre de nos concitoyens à postuler vers ce pôle d'activité. Cette infrastructure ferroviaire au service des voyageurs devra être en capacité d'acheminer aussi le fret en provenance de Roissy à destination de la Picardie et hors de Picardie soit en empruntant la voie terrestre ou fluviale. Ainsi Creil et les autres territoires ont l'aptitude d'initier des modes de locomotion multimodaux en relation avec un tissu économique dont l'expansion dépend  d'une dynamique territoriale qu'ensemble nous pouvons générer.

Il serait également dommageable que Creil "ville monde" par excellence ne se prête pas à des expériences fructueuses avec d'autres continents. Récemment une opportunité s’est présentée à nous qu’il faudrait savoir saisir. L’Ambassadeur  du Venezuela  a rendu visite aux représentants de notre communauté de communes et  s'est efforcé de présenter les projets et les réalisations de cette nation latino- américaine, en matière de coopération avec des collectivités publiques comme Londres ou certaines cités américaines et latino américaines fondés sur des transactions monétaires, concernant entre autre les hydrocarbures, mais incluant une part non monétaire, laquelle admettrait une contribution en nature sous forme de produits manufacturés ou de mise en synergie de moyens humains et matériels contribuant à une réalisation commune. Et pour quelle raison le représentant de ce pays de plus en plus reconnu sur la scène internationale est-il venu précisément dans notre agglomération ? Parce que nous a-t-il dit, le Venezuela est à la recherche d’expérience d’entité comme la nôtre à dimension humaine, évitant le gigantisme des métropoles et parce qu’ il existe ici une tradition sociale et populaire spécifique. Devrions nous alors ignorer cet appel sans ambiguité à la coopération ? N’est-ce pas une chance pour s’ouvrir à un nouveau type d’échange qui ne passe plus seulement par l’argent mais aussi par l’échange de compétences et de savoir au moment où justement le système de la finance fait s’effondrer le monde ?

Soyons audacieux, cessons de craindre les idées nouvelles, portons ensemble des projets novateurs qu’ils soient liés à notre rivière, au chemin de fer ou à l’échange avec la nouvelle Amérique des peuples. Voyons que le monde bouge, non pour demander comme certains de nouveaux sacrifices, non ! Voyons comme le monde bouge et lutte afin d’ y puiser les meilleures idées et de s’inspirer des plus fortes actions d’émancipation !

On sait bien que ceux qui proclament l’audace sans vraiment vouloir en prendre le chemin risquent à terme d’être dépassés par le cours des événements. Il ne faut donc pas hésiter : de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace !  s’exclama Danton qui appela le peuple à refuser que le gouvernement batte en retraite face aux armées contre-révolutionnaires et dont la détermination rencontra une mobilisation populaire et militaire  qui mit en déroute à Valmy les ennemis la révolution. Une audace d’ailleurs qui fut partagée durant la bataille de Valmy par Francisco de Miranda, révolutionnaire vénézuélien qui s’engagea sans hésiter en faveur de notre révolution française  et fut élevé au grade de Général de la République Française. Car la coopération entre nos deux nations a été scellée par de tels actes en faveur de la Liberté !

Dans les moments les plus difficiles de l’Histoire, des hommes ont su se lever, ils ont su inventer de nouvelles voies pour affronter l’adversité et guidés par les idéaux les plus justes ils ont su mobiliser ceux qui hier étaient humiliés, affaiblis, ou désespérés et qui dans le combat ont retrouvé le goût de vivre, d’agir et d’espérer.

Les graves menaces que la politique actuelle de ce gouvernement et de ce système  brandissent  ne doivent donc en aucune manière affaiblir notre volonté, ou encore neutraliser nos ambitions communales et intercommunales car comme l’a dit Abraham Lincoln "Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps"  

Face à la crise, de nouvelles perspectives

Jean-Paul Legrand —
Ci dessous l'article paru ce jour dans l'édition du quotidien national France-Soir à propos du projet que j'ai présenté ces derniers mois de développer une coopération entre nos collectivités locales et la République Bolivarienne du Venezuela.

 

Oise – Du troc entre la Picardie et le Venezuela

Franck Brenner, le lundi 23 février 2009 à 04:00

 

 

 

Un élu frappe aux portes du Venezuela pour développer une coopération décentralisée. Objectif : échanger du pétrole contre des marchandises, des services ou des technologies.

Du pétrole vénézuelien à bas prix dans les bus des collectivités locales : l’idée lancée à Creil par l’adjoint communiste, Jean-Paul Legrand, a d’abord fait sourire. Mais depuis la visite, la semaine dernière, de l’ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela en France, au siège de la communauté d’agglomération creilloise, voilà qui rend le projet plus crédible.

 

Car Jesus Arnaldo Perez, ancien ministre, ne s’est pas déplacé dans l’Oise par simple courtoisie. Celui-ci s’est dit favorable à une coopération décentralisée avec les collectivités territoriales pour échanger le pétrole de son pays contre des services, des compétences ou des technologies : « A condition d’une volonté politique et sociale. »

 

Déjà effectif aux Caraïbes Ce modèle basé sur le troc et le libre-échange est d’ailleurs en marche en Amérique latine à travers la zone économique de l’Alba, mais aussi Petrocaribe, une alliance signée entre le Venezuela et 16 autres Etats des Caraïbes leur permettant de ne payer que 60 % de leur facture pétrolière. Le solde est réglé en contrepartie de marchandises ou de compétences dont manque le Venezuela.

 

Ainsi, le Nicaragua échange 40 % de sa dette pétrolière contre des haricots. A l’heure où les collectivités sont contraintes de réduire les dépenses publiques, Jean-Paul Legrand n’exclut pas que cette révolution économique puisse s’exporter localement : « Il y a une réelle volonté du Venezuela de mener ces expériences de coopération internationale avec des villes de taille moyenne. C’est possible, et pas seulement par le biais du pétrole, mais il faut maintenant convaincre les élus. »

 

Un an pour réussir

 

Le gouvernement d’Hugo Chavez, qui entretient de bonnes relations avec la France, s’intéresserait de près aux expériences locales dans les domaines du traitement des déchets, de la recherche et du développement, de l’ingénierie publique, de la logistique, de la biologie agroalimentaire, de la chimie mais aussi de la démocratie communale. Le sport et la culture pourrait dans un premier temps constituer des vecteurs d’échanges « réciproquement favorables ».

 

Des possibilités qui laissent cependant encore sceptique la communauté d’agglomération creilloise. Mais Jean-Paul Legrand croit en la révolution : « J’ai bon espoir que le projet avance d’ici un an. Si on ne saisit pas l’occasion, d’autres la saisiront. »

 

Edition France Soir du lundi 23 février 2009 page 10

Conseil municipal

Jean-Paul Legrand —

Ce lundi 23 février à 19 heures

Conseil municipal de Creil

en l'Hôtel de ville

Débat d'orientation budgétaire

La réunion du conseil est ouverte à tous

Réception amicale de l'Ambassadeur du Venezuela à Creil

Jean-Paul Legrand —

Jesus Arnaldo Perez, Ambassadeur du Venezuela en France était à Creil le 17 février dernier répondant à l'invitation de Christian Grimbert, président de la Communauté de l'Agglomération Creilloise sur  proposition de Jean-Paul Legrand, maire-adjoint de Creil. (Photo/ Le Parisien)

Article du Courrier Picard

Jean-Paul Legrand —
Mercredi 18 Février 2009

CREIL
L'agglomération creilloise se met à l'heure vénézuelienne

 

Jesus Arnaldo Perez (écharpe noire), s'est montré trés attentif lors de la visite de l'entreprise de chimie, Diverchim, qui produit des molécules.

La visite de Jesus Arnaldo Perez, ambassadeur de la République bolivarienne du Vénézuela en France, hier, au siège de la communauté d'agglomération creilloise (CAC), n'était que de courtoisie, mais elle pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour les collectivités locales et d'autres partenaires de la région. Invité à l'initiative de l'adjoint creillois, Jean-Paul Legrand (PCF), à rencontrer le président de la CAC, Christian Grimbert (PS), celui-ci a clairement indiqué qu'une coopération décentralisée avec des partenaires régionaux s'avérerait « réalisable » s'il existait « une volonté politique et sociale » : « Nous sommes en train de mettre en pratique des modes d'échanges alternatifs réciproquement favorables » a-t-il déclaré. Ces échanges existent déjà à travers Petrocaribe, une alliance entre 16 pays des Caraïbes et le Vénézuela, leur permettant de ne payer que 60 % de leur facture pétrolière. Le solde est réglé en échange de services ou de marchandises, comme le haricot, dont manque la République bolivarienne. Londres et récemment le Portugal ont également signé des accords de coopération.

Christian Grimbert s'est dit ouvert à ce nouveau modèle économique : « Mais une importation massive de pétrole n'est pas envisageable à notre niveau, a-t-il précisé. Les besoins de la CAC sont infimes, mais on pourrait étudier la question à un niveau plus large, comme la Région ».

Le Nicaragua paye aujourd'hui 40 % de sa dette pétrolière contre des haricots. Que pourraient bien échanger nos collectivités ? Le Vénézuela serait intéressé par des financements innovants, des trains à grande vitesse, le tourisme, le recyclage des ordures ménagères ou encore la chimie. Justement, Jesus Arnaldo Perez s'est montré très attentif, hier, lors de la visite de l'entreprise Diverchim, sur le site des Marches de l'Oise, dont l'activité repose sur la production de molécules. « Tout est possible, mais il faut d'abord prendre son temps » conclut Jean-Paul Legrand. L'idée d'une coopération entre le conservatoire de musique de Creil et le Vénézuela dont la compagnie nationale pétrolière finance des missions d'apprentissage de la musique en faveur d'un million d'enfants défavorisés, a néanmoins déjà été évoquée, hier, lors d'un repas prolongé à la Ferme de Vaux.

FRANCK BRENNER

Amérique, Antilles, la voie de la lutte

Jean-Paul Legrand —

Vive l'Amérique !


Elle est là la vie, elle est là dans cette Amérique qui vient de voter au Venezuela dans cette démocratie en marche, magnifique victoire de tout un peuple digne et libre qui avec plus de 54% des voix vient d'adopter une modification constitutionnelle qui permettra aux élus de se représenter  aux suffrages du peuple, dont le Président Chavez. Elle est là la vie de nos frères de Guadeloupe dans le superbe combat qu'ils mènent !

Neuf intellectuels Antillais écrivent un texte magnifique pour la révolte et la société post-capitaliste ! A diffuser partout, à lire immédiatement, un texte  révolutionnaire à propager auprès de tous ceux qui luttent, auprès de ceux qui veulent en finir avec le capitalisme !


Neuf intellectuels antillais lancent
 un manifeste de la révolte

Par La rédaction Mediapart

Mediapart.fr

 

Ils sont neuf. Neuf Antillais, Martiniquais ou Guadeloupéens. Le Manifeste qu'ils ont confié à Mediapart et qu'ils souhaitent diffuser le plus largement possible donne sens et ambition, politique et sociale, aux révoltes qui, de la Guyane d'abord à la Réunion demain, en passant par la Guadeloupe et la Martinique, ébranlent la France en son cœur par le détour de ses marges, ces confettis ultra-marins de notre défunt empire colonial.

 

Autour du poète Edouard Glissant, ils sont huit autres signataires: l'artiste-peintre Ernest Breleur, l'écrivain Patrick Chamoiseau, le sociologue Serge Domi, le comédien et auteur dramatique Gérard Delver, le philosophe Guillaume Pigeard de Gurbert, les universitaires Olivier Portecop et Olivier Pulvar et, enfin, le politologue Jean-Claude William.

 

Surtitré « Martinique - Guadeloupe - Guyane - Réunion » et sous-titré « Pour les "produits" de haute nécessité », ce texte aussi littéraire dans la forme qu'il est radicalement politique sur le fond défend, contre l'exploitation du travail et l'inégalité des richesses qui sont au cœur du système économique hérité du colonialisme, ces "produits" non marchands – liberté, égalité, fraternité en somme – qui sont autant de valeurs vitales.

 

Surtout, ce Manifeste des neuf dessine un modèle économique alternatif au modèle dominant aujourd'hui en crise et dont les départements d'outre-mer offrent une caricature aggravée, entre vie chère, pauvreté accrue, dépendance, consommation et subvention. La réflexion écologique y est essentielle, promouvant une réponse à la surexploitation de territoires pollués et appauvris, totalement enchaînés à une économie compradore reposant sur l'import-export, contrôlée pour l'essentiel par la caste béké.

 

Deux citations ont été placées en exergue par les signataires. L'une du philosophe Gilles Deleuze (1925-1995), tirée de L'Image-temps, paru aux Editions de Minuit en 1985. L'autre d'Aimé Césaire (1913-2008), ce symbole de la cause antillaise disparu l'an dernier, extraite de sa Lettre à Maurice Thorez, texte par lequel il signifia en 1956 sa rupture avec le Parti communiste français.

 Gilles Deleuze, d'abord: « Au moment où le maître, le colonisateur proclament "il n'y a jamais eu de peuple ici", le peuple qui manque est un devenir, il s'invente, dans les bidonvilles et les camps, ou bien dans les ghettos, dans de nouvelles conditions de lutte auxquelles un art nécessairement politique doit contribuer. » Aimé Césaire ensuite: « Cela ne peut signifier qu'une chose : non pas qu'il n'y a pas de route pour en sortir, mais que l'heure est venue d'abandonner toutes les vieilles routes. »

 Le texte intégral du «Manifeste des neuf»

 «C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle -- à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

 

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj -- qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé -- est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

 

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

 

Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d'achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

 

La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires -- non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d'épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.

 

Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être « consommateur » ou bien être « producteur ». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.

 

Pour les "produits" de haute nécessité

 

Alors, quand le « prosaïque » n'ouvre pas aux élévations du « poétique », quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d'achat » ou « le panier de la ménagère ». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les « produits de premières nécessités », d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une « haute nécessité ».

 

Par cette idée de « haute nécessité », nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie. Alors que mettre dans ces « produits » de haute nécessité ? C'est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

 

D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le « déterminant » ou bien le « décisif » s‘obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.

 

L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos « présidents locaux » pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.

Contre la logique du système libéral marchand

 

Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement...

 

Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.

 

Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du « Marché » et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par « l'esprit colonial » et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.

 

Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.

 

Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » – chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir: vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant.

 

Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique. On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement. On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile. On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous. On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.

Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.

 

Quant à l'idée du « plein emploi », elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple « emploi », et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation.

Une vision du politique enchantée par l'utopie

 

Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice.

 

Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en « tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue ». Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création – créaconsommation. En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.

 

Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

 

Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau. Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

 

An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.

 

Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.

 

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

 

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....

 

Alors voici notre vision :
Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant....

 

Les signataires:

Ernest BRELEUR
Patrick CHAMOISEAU
Serge DOMI
Gérard DELVER
Edouard GLISSANT
Guillaume PIGEARD DE GURBERT
Olivier PORTECOP
Olivier PULVAR
Jean-Claude WILLIAM

Guadeloupe : la lutte continue !

Jean-Paul Legrand —
Guadeloupe   : Communiqué de presse du LKP suite aux déclarations de JEGO
lundi 16 février 2009 (01h27)

LKP LIYANNAJ KONT PWOFITASYON

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Depuis le début du mouvement de grève générale lancé le 20 janvier 2009 par L.K.P, plusieurs cycles de négociations ont eu lieu :

Le premier - du samedi 24 janvier au mercredi 28 janvier 2009 au World Trade Center- interrompu par le départ du Préfet après lecture du message du Secrétaire d’Etat Yves JEGO

Le second - du mercredi 4 février au dimanche 8 février 2009 - interrompu par le départ précipité et cavalier d’Yves Jego à l’heure même où il avait donné rendez-vous aux différentes parties pour la signature d’un accord régional interprofessionnel sur les salaires en Guadeloupe, négocié avec le patronat et le LKP pendant 18 heures, en présence des Collectivités Régionale et Générale.

Cet accord, rédigé par les Services de l’Etat (M. Vincent LEMAIRE, Directeur du travail) et approuvé par le patronat et le LKP, prévoyait les mesures suivantes :

« Tous les salariés dont le salaire est compris entre 1 SMIC et 1,6 SMIC soit 1321,04 € et 2113,67 € pour 35 h de travail hebdomadaire voient leur rémunération augmenter de 200 euro (deux cents euros) nets. Les salariés à temps partiel bénéficient du Revenu de Solidarité Active (RSA) dans les conditions prévues par la Loi.

Les rémunérations des autres salariés seront définies dans le cadre de négociations de branche ou d’entreprise qui s’ouvriront sur la base d’une augmentation minimale de 3%. »

A son retour en Guadeloupe le 11 février 2009, accompagné de deux médiateurs, Yves JEGO affirme que les négociations salariales sont du ressort du patronat et des syndicats de salariés et déclare tout comme M. Fillon, dans la presse française que l’Etat ne s’est jamais engagé à aider les entreprises à répondre à la revendication concernant les bas salaires.

M. Jego a-t-il été frappé d’une amnésie soudaine et n’aurait il pas supporté le décalage horaire car, dans son message du 28 janvier 2009, Yves JEGO, s’exprimant au nom de l’Etat, affirmait :

Qu’« afin de permettre l’augmentation immédiate des bas salaires, l’assurance donnée à toutes les entreprises de Guadeloupe qu’elles ne paieront aucune charge sociale sur tous les salaires jusqu’à 1,4 SMIC (et même 1,6 SMIC pour certains secteurs comme le tourisme). Cette garantie devant permettre d’engager immédiatement une négociation entre employeurs et salariés pour une augmentation rapide des bas salaires. Dès qu’un accord sera trouvé entre partenaires sociaux sur cette question, je m’engage à ce qu’il soit mis en œuvre par l’Etat. »

Ce message a été lu par le Préfet Nicolas DESFORGES et retransmis en direct à la radio à la télévision en Guadeloupe, Martinique, Guyane, et France, lors de la réunion de négociation du 28 janvier 2009. Ce message a aussi été distribué aux participants. Yves JEGO, s’exprimant sur plusieurs médias, a également confirmé cet engagement.

Le gouvernement français aurait-il plusieurs paroles ou n’en a-t-il aucune ?

Dès lors, que penser d’un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements ?

L.K.P exige la mise en œuvre de l’accord interprofessionnel sur les salaires négocié avec l’Etat et le patronat le dimanche 8 février dernier en Préfecture de Basse Terre.

Nous appelons l’ensemble des commerçants, des entrepreneurs, des supermarchés et des administrations à baisser leur rideau. Nous exhortons les travailleurs à poursuivre le mouvement de grève générale.

Pour le Collectif LKP (LIYANNAJ KONT PWOFITASYON)

Elie DOMOTA
Lapwent, le 15 février 2009

On n'achète pas le peuple Messieurs !

Jean-Paul Legrand —
Les responsables socialistes de la Guadeloupe proposent
des primes de misère pour briser la grève


Victorin Lurel, président (PS) du conseil régional de
Guadeloupe, et Jacques Gillot, président (app-PS) du conseil
général, ont appelé ce samedi à un "assouplissement" de la
grève générale pour que "le pays vive plus normalement",
lors d'une conférence de presse à Pointe-à-Pitre.

"Nous demandons un assouplissement de la grève générale pour
que le pays vive plus normalement", que les enfants
"puissent aller à l'école, que les Guadeloupéens puissent se
déplacer et permettre la libre activité des entreprises qui
le souhaitent", a déclaré Victorin Lurel au nom des deux élus.

Alors que l'île est paralysée depuis le 20 janvier, les deux
élus ont proposé une nouvelle mesure, l'octroi "jusqu'en
mai, peut-être en juin", d'une "prime salariale" de 100
euros mensuels (50 pour chaque collectivité) à tous les
salariés touchant moins de 1,4 fois le smic. Ils ont estimé
que cette mesure pourrait concerner de 37.000 à 40.000
bénéficiaires.

Ces primes ne seraient pas financées par le patronat mais
par la fiscalité ! Ce sont les capitalistes qu'il faut faire payer,
pas les contribuables messieurs !
Le mouvement populaire en Guadeloupe est une lutte contre
l'exploitation. Les manoeuvres des politiciens pour sauver
un système inique semblent ne pas fonctionner.
Apprenez Messieurs que la conscience et la dignité n'ont
pas de prix ! Vive la lutte de nos frères guadeloupéens !!! Organisons la
solidarité politique contre l'exploitation avec le mouvement populaire
guadeloupéen, mettons en échec toute tentative de répression contre
ce mouvement exemplaire.

Des factures explosives de GDF à Montataire

Jean-Paul Legrand —

A Montataire, des factures de gaz salées après une erreur de relevé

MONTATAIRE (Oise), 14 fév 2009 (AFP) - Plus de 300 habitants de Montataire (Oise) ont reçu en janvier des factures de gaz salées, comprises entre 800 et 2.000 euros, à la suite d’une erreur dans le relevé des compteurs, a-t-on appris samedi auprès de la mairie et de GrDF (Gaz réseau Distribution France). "Quand on est retraité avec une pension de 800 euros et une facture de 1.800 euros à honorer, comment on fait ’ Certains m’ont téléphoné en larmes, d’autres ne se chauffent plus", a expliqué à l’AFP le maire PCF de Montataire, Jean-Pierre Bosino, confirmant une information de France Soir. Interrogé par l’AFP, GrDF a reconnu "des erreurs de relevés de consommation sur les compteurs de gaz naturel de clients de plusieurs communes de l’Oise". Une vingtaine d’agents ont été mobilisés depuis le 9 février pour effectuer des relevés correctifs, selon une porte-parole de GrDF. L’entreprise présente ses "excuses" aux consommateurs lésés, a-t-elle ajouté. Les relevés effectués fin 2007-début 2008 avaient sous-estimé la consommation des Montatairiens, qui se sont donc vu réclamer la différence sur leur facture début 2009. "On ne conteste pas que les factures correspondent à du gaz consommé, mais les sommes sont effarantes" pour les habitants de cette ville ouvrière qui accuse un taux de chômage de 18%, a fait valoir M. Bosino. La mairie a conseillé aux abonnés de ne pas payer les factures tant que GDF Suez n’aura pas satisfait à trois revendications : la tenue d’une réunion publique pour expliquer la situation aux Montatairiens, une permanence GDF Suez en mairie pour un traitement au cas par cas et "un geste commercial très fort". "Je ne parle pas de quelques dizaines d’euros. Si un produit dans un supermarché est mal étiqueté et que vous payez la moitié du prix en caisse, on peut pas vous rattraper dans la galerie commerciale en disant : +vous n’avez pas payé le bon prix+", a plaidé M. Bosino. Selon GrDF, la facturation est de la responsabilité du fournisseur (GDF Suez) et c’est donc à lui que revient d’accorder ou non des remises commerciales.

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