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Citoyens en mouvement

Pour la démocratie et la République sociale, blog du Manifeste "Citoyens en mouvement" blog créé le 10 mai 2006

Un autre monde est-il possible ? (2)

 En 1989, après plusieurs décennies de crise profonde au sein des pays se réclamant du socialisme, le mur de Berlin fut mis à bas (en effet des divergences de fond sont apparues entre les dirigeants de ces pays : rupture entre la Chine et l'URSS au début des années soixante,  entre l'URSS et la Yougoslavie, intervention militaire de l'URSS en Hongrie en 1956 puis en 1968 en Tchécoslovaquie, critique insuffisante du stalinisme et poursuite de certaines de ses méthodes, confusion entre l'Etat et le Parti, instauration du marxisme comme un dogme obligatoire et non comme une libre pensée critique, etc...). Ce mur avait éte construit par les autorités de la République démocratique allemande pour empêcher la circulation libre des citoyens entre le monde occidental et les pays de l'Est sous prétexte des menaces de l'impérialisme. En fait la chute du mur de Berlin symbolise la fin du camp "socialiste" dominé par l'Union soviétique qui mourra dans les mois suivants par un éclatement de son entité territoriale avec l'indépendance ou l'autonomie de plusieurs républiques qui étaient sous la tutelle de Moscou.

Le mur de Berlin représentait la séparation entre deux types de société même si leur mode de production était assez proche (ils avaient en effet des traits communs : industrialisation développée, productivisme exarcerbé, part du PIB importante consacrée aux armements, non respect de la bio-diversité, répression des pensées critiques au sein des entreprises et dans la société, maintien des classes ouvrières et des couches populaires en dehors des pouvoirs de décision, dogmatisme et propagande de la pensée libérale d'un côté et dogmatisme et propagande d'une caricature du marxisme de l'autre), les relations sociales, leurs rapports à la propriété était quant à eux différents  (propriété privée des grands moyens de production  tels que cela existe aujourd´hui sur l'ensemble de la planète pour le camp occidental contre propriété d'État de ces mêmes moyens pour le camp dit "socialiste") .       

Il ne suffit donc pas de changer la nature de la propriéte pour changer fondamentalement la société et cela Marx le souligne bien, il y a necessité de développer la conscience du prolétariat, de la classe productrice de marchandises matérielles ou immatérielles (connaissances) pour qu'elle puisse elle même construire la nouvelle société, construire un nouveau monde. Pour que cette conscience se développe cela ne se décrète pas, elle nait des luttes, de l'expérience concrète que les gens font dans la défense de leurs intérêts de classe et de leurs connaissances, de leur éducation, de leur propre histoire. Le marxisme n'a rien à voir avec le déterminisme, c'est une théorie de l'action , une théorie de l'action des hommes selon leur situation et leur conscience de classe.

Peu à peu aux Etats se réclamant du socialisme mais qui abusivement nommés "communistes" par certains, se sont substitués des Etats qui ont liquidé la propriété Etatique ou sociale des moyens de productions pour la privatiser, bien souvent au profit de certains anciens  dirigeants des Partis communistes qui ont profité de leur situation pour passer des privilèges de la bureaucratie stalinienne à ceux encore plus intéressants financièrement de la possession capitaliste. La corruption était en effet telle que cette transition s'est faite relativement facilement sans grande opposition des peuples concernés à qui l'on a fait miroiter l'abondance capitaliste comme planche de salut.

Comment l'immense espoir qu'avait soulevé pour des millions de prolétaires du monde  la glorieuse révolution russe  en 1917 a-t-il pu ainsi sécrouler 70 ans après ? Comment l'admirable lutte et sacrifice des peuples pour l'idéal communiste a-t-il pu à ce point être sali et dénaturé ? Comment des Etats qui se réclamaient du socialisme ont-ils pu nier la démocratie à ce point qu'ils ont mené des politiques dirigistes, répressives voire sanglantes et anti-auto-gestionnaires ?
Les réponses à ces qustions sont encore d'une actualité brûlante pour tous ceux qui convaincus de la nocivité du capitalisme cherchent une nouvelle voie, veulent transformer le monde.

De mon point de vue l'une des raisons qui a conduit à cette situation est l'insuffisance du facteur subjectif de la révolution, c'est à dire, l'insuffisante prise en compte par les organisations révolutionnaires du rôle des citoyens, de leur conscience de classe et de la démocratie dans la transformation sociale. Les révolutions qui se sont dites marxistes ont échoué non pas par excès de marxisme mais par excès de dogmatisme et par une conception dirigiste, voire militaire et manipulatrice des masses. On ne fera jamais la révolution sans l'exercice du libre arbitre et de l'esprit critique de chaque individu s'engageant dans la lutte pour tranformer le monde et la société. Le problème est donc  non pas l'excès de marxisme mais tout le contraire, le problème est la non prise en compte du marxisme comme théorie vivante pour l'action des opprimés afin de conquérir leur liberté et libérer la société toute enti`re de la domination économique et idéologique du capital. Les idéologues du capitalisme ne se sont jamais trompés sur ce point,  beaucoup d'entre eux reconnaissent l'excellence de l'analyse de Marx et ils en craignent la portée révolutionnaire si celle-ci était justement connue et interprétée au sens de leurs  intérêts de classe par les milliards d'hommes qui ont intérêt à la révolution, au communisme. C'est pourquoi ils en font souvent une caricature ridicule qui rejoint le dogmatisme dont elle a été l'objet dans les ex pays de l'Est qui n'ont jamais été marxistes ni communistes.


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