CREIL AVENIR
Le socialisme ne tombera pas du ciel
Le développement extrêmement important, rapide et étendu de la production, des échanges, de la circulation des informations, l'avancée des sciences et des techniques
notamment grâce à des progrès dans les outillages de notre époque, ouvrent d'immenses possibilités de répondre enfin aux maux dont souffre l'immense majorité des terriens.
Paradoxe : alors que jamais les hommes n'ont tant eu la possibilité de maîtriser leur destin, les fléaux les plus terribles de la barbarie, de la violence et de la
pauvreté s'abattent sur les peuples. C'est que d'un côté les forces productives sont développées comme jamais dans l'histoire de l'Humanité et que de l'autre les capitalistes qui
possèdent les moyens de production et le pouvoir d'Etat s'opposent à ce développement dès lors qu'il n'entre pas dans le processus d'accumulation du capital, processus qui a pris une
ampleur considérable notamment avec le développement sans précédent du capital financier.
C'est la contradiction fondamentale entre le capital et le travail. D'un côté un capital de plus en plus destructeur en vies humaines, en outils et connaissances, en environnement et de
l'autre les forces du travail qui tentent de se désaliéner, de se libérer et qui n'y parviendront pas si elles n'agissent pas non seulement sur l'économie mais aussi sur leur
évolution autonome par une pratique politique et une théorisation de celle-ci, un effort considérable pour que l'esprit critique et scientifique devienne l'affaire des masses.
La lutte de classes loin d'être terminée est en fait une réalité qui se complexifie du fait des traits originaux qu'elle recouvre dans les différents pays et qui
s'universalise du fait de la mondialisation. En cela la tentative vénézuélienne de construire un socialisme du XXI eme siècle suscite un intérêt grandissant chez ceux qui veulent changer le
monde dans le sens du progrès. Cependant beaucoup de militants ignorent encore ce qui se passe réellement au Vénézuela et des millions de citoyens à travers le monde ne
reçoivent que les informations mensongères des grands médias détenus par les dirigeants des multinationales.
Il est clair que la tentative bolivarienne de construire un socialisme de type nouveau représente un grand danger pour le capitalisme notamment celui d'inspirer d'autres peuples du
continent, voire d'Europe et du monde. Les idéologues du capital, les dirigeants politiques acquis à la cause du capitalisme et de la grande finance prédatrice ne peuvent supporter
l'expérience bolivarienne qui menace de s'étendre en Amérique Latine et dont les traits universels pourraient dans les années à venir à l'instar de la révolution française provoquer une
levée en masse des peuples pour une révolution dépassant les seules frontières du pays.
On lira avec grand intérêt le livre de Michael Lebowitz "Le socialisme ne tombe pas du ciel : un nouveau commencement" ( édité en espagnol j'ignore si l'édition française existe)qui développe la
thèse du socialisme du XXI ème siècle soutenue par Hugo Chavez et son gouvernement. Un socialisme non étatique, anti totalitaire et favorisant la démocratie participative et protagonique, basé
sur la responsabilité individuelle du citoyen et sur la responsabilité collective, reposant sur un pouvoir qui se construit à partir d'en bas dans la perspective que chaque citoyen soit membre de
la direction du pays. C'est un espoir qui se lève au Vénézuela et tous ceux qui ont l'ambition de changer la société et le monde ne peuvent faire l'économie d'étudier l'expérience en cours qui
est prometteuse malgré les énormes pressions de tous types exercées par l'impérialisme nord-américain sur ce processus inédit.
Mais au delà même de l'étude et de la réflexion, ce dont a besoin le Vénézuela c'est de la solidarité des travailleurs, des syndicalistes, des militants ouvriers, de la jeunesse et des peuples du
monde. Pas une solidarité béate et admirative mais une solidarité critique d'échanges d'expériences, de contribution à l'immense effort que tente d'entreprendre ce peuple vénézuélien dans
sa diversité sociale, politique et idéologique pour se débarasser de la domination impérialiste et construire une société nouvelle.
Je m'adresse aux militants de la gauche française, au moment où la défaite et le triste spectacle donné par ses dirigeants, qui parlent de recomposition et dont certains
rejoignent la droite, ne peuvent que renforcer un sentiment de gâchis et aggraver la perte de repères des milieux populaires. Je m'adresse à mes camarades du PCF et plus largement à
ceux qui ont le communisme au coeur, à ceux qui n'abandonneront jamais le glorieux héritage de la Commune de Paris : il nous faut ensemble travailler à retisser des liens avec les
milieux populaires et la classe ouvrière de notre pays sur des bases pratiques et théoriques regénérées à la source du marxisme, de l'analyse de la société française et du monde
contemporain et à la lumière d'une solidarité active avec nos frères de classe du monde entier dont notamment ceux du Vénézuela. Sans cela la porte est ouverte à toutes les manoeuvres et
toutes les recompositions dont les auteurs pourront annoncer, fiers de leur oeuvre destructrice, la mort du parti communiste.
Je reste convaincu que notre pays a besoin d'un parti communiste qui devienne l'outil révolutionnaire du peuple : un parti qui lorsqu'on y milite devienne une source
d'épanouissement et de connaissances sans précédent dans la vie de chaque adhérent, un parti qui permette aux jeunes, aux femmes, aux ouvriers et à l'ensemble du monde du travail et de la
création, de vivre leur dignité dans une pratique fraternelle où ils seront tous considérés comme les co-décideurs et où tous ensemble ils propageront dans la société,
par leur corportement et pas seulement par leurs idées, cette démocratie révolutionnaire qui renouvellera profondément la politique. C'est un parti qui ne doit faire aucune concession à tout ce
qui fait et fera reculer cette dignité. C'est un parti qui aide à surmonter les divisions et les contradictions entre les gens pour ne retenir que la contradiction essentielle et
antagonique entre la classe des capitalistes et la classe travailleuse afin de rassembler les victimes de ce système dans la lutte pour s'en émanciper. C'est un parti qui doit permettre à
chacune et chacun et inséparablement de devenir chaque jour plus citoyen, plus solidaire de ses voisins, de ses collègues comme des autres peuples du monde.
Ce qui se passe en Amérique latine peut avoir des répercussions extrêment positives dans les quartiers populaires de nos cités si nous savons aussi montrer avec des exemples
concrets que dans les quartiers populaires du Vénézuéla, des femmes, des hommes, des jeunes, ont relevé la tête, luttent pour s'arracher de la misère et de la pauvreté et qu'ils ont emporté
de premiers succès économiques, sociaux, politiques dont celui non négligeable d'avoir l'une des Constitutions les plus progressistes du monde donnant des droits de participation des citoyens
inconnus jusque-là au Vénézuéla et dans le monde, comme celui de révoquer les élus à mi-mandat par référendum populaire et bien d'autres droits qui renforcent la souveraineté du
peuple au moment même ou en Europe la majorité des citoyens n'ont pas été consultés sur la Constitution et où ce sont les gouvernements ultra-libéraux qui en définitive ont eu
le dernier mot.
Rappelons la célèbre phrase de Jean Jaurès :"Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme y ramène" . Quelle vérité ! La gauche, les communistes l'auraient-ils oublié ? Au moment de la préparation du congrès du PCF non seulement il serait suicidaire de s'enfermer en vase clos mais il faut tout au contraire redoubler de présence et d'activité dans les entreprises et les quartiers populaires avec l'appel à risposter à l'agression Sarkozyste qui ne pourra se faire de façon efficace qu'en mettant en cause le capitalisme et l'impérialisme.
Jean-Paul Legrand
On pourra lire l'ensemble des articles de mon carnet de voyage au Vénézuéla sur le présent site ou sur celui de www.bellaciao.org/fr
Je publie ci dessous un article de Maxime Vivas et sa traduction en espagnol à propos des campagnes mensongères contre le Vénézuela révolutionnaire.
Vénézuela : plus je relis les menteurs,
plus j'aime Bolivar
Auteur: Maxime VIVAS TLAXCALA
Un sujet d'étonnement, quand on lit la presse opposée à la montée des
résistances en Amérique latine, est l'évacuation de toute pensée
élaborée qui pourrait convaincre de leur nocivité. Seul le mensonge
est attelé à ce labeur.
Après tout, des discussions philosophiques, éthiques pourraient
opposer les partisans de Chavez et ses adversaires. La place existe
pour confronter des approches différentes, des conceptions politiques
antagonistes, sur la gestion des affaires publiques, sur les choix
économiques, sociaux, culturels, sur la vision du rôle des Etats-Unis
dans la région, sur ce que doit être la démocratie, sur ce que devrait
être, ou ne pas être, le socialisme, sur les vertus ou les tares du
néolibéralisme dans ce pays.
Hélas !, les penseurs qui situeraient le débat à ce niveau, qui le
tireraient vers le haut, ont laissé la place à des falsificateurs de
faits, à des truqueurs de vérité, à des faussaires ou, dans le
meilleur des cas, à des paresseux qui ressassent sans vérifier.
A quoi assistons-nous depuis des années ?
A la répétition quasi machinale d'informations provenant d'une source
unique dont il faudrait se méfier comme de la peste. Quelle est cette
source ? La presse vénézuélienne. Qui sont ses patrons ? Pour
l'essentiel, des oligarques immensément riches qui vivent une partie
de l'année aux USA et dont la vocation pour l'information est aussi
forte que celle de Serge Dassault, Arnaud Lagardère ou de Patrick
Lelay. Parfois, le décervelage s'appuie sur des instituts de sondage
vénézuéliens. Nombre de ces derniers appartiennent aux patrons de
presse.
La quasi totalité des chaînes de télévision vénézuéliennes sont
privées. Elles sont hostiles à un gouvernement choisi par le peuple
avec une grande constance (onze élections consécutives remportées par
les tenants de la révolution bolivarienne). Neuf grands quotidiens
nationaux sur dix sont dans l'opposition. Ces télés et ces journaux se
sont substitués pour la plupart aux partis politiques de droite en
complète déconfiture. Ce sont pourtant leurs «informations» et
uniquement celles-là, que nos médias reprennent à l'envi.
Ce panurgisme est suicidaire pour notre presse déjà (et pour cela?)
assez discréditée et, par suite, en mauvaise santé.
Dans leur grande masse, les médias vénézuéliens ont participé au coup
d'Etat d'avril 2002. Quelques-uns, au premier rang desquels la chaîne
RCTV, ont joué un rôle moteur dans son déclenchement. Ces faits (et
non cette «opinion») n'ont plus à être démontrés. Jusqu'aux USA, on
trouve des journaux qui ont honnêtement écrit là-dessus. Voir le «Los
Angeles Times» du 30 mai 2007. «HUGO CHAVEZ CONTRE RCTV par Bart
Jones.
Les médias putschistes ont menti, menti, menti tout au long du putsch.
Ils n'ont pas cessé ensuite. Au contraire.
Avant, pendant, après le putsch, et sans désemparer jusqu'à
aujourd'hui, une chaîne comme RCTV s'est mise dans une situation où
elle n'aurait pas tenu une heure en France. La liste de ses
manquements à la loi est telle que son patron serait en prison,
accompagné par une partie de son équipe. Manquements? Oui, par
centaines ! Des manquements qu'aucun média ne se permettrait en
France, et couvrant des domaines divers : loi sur la publicité pour le
tabac et l'alcool dans les stades, protection de l'enfance, images
subliminales, appels à la désobéissance civile... Ajoutons-y le refus
arrogant, réitéré, de tout dialogue de RCTV avec la Conatel,
l'équivalent de notre CSA. Plus de 20 fois convoquée en 2006, RCTV n'a
jamais répondu.
Or, que lisons-nous en France? Des articles de journalistes informés
auprès des différents protagonistes? Pas du tout. Seules les versions
des ex-putschiste nous parviennent, c'est-à-dire celles des
adversaires de la légalité démocratique, celles des ennemis du
suffrage universel, celles des félons. Même sur des sites Internet
attachés à la vérité, le bourrage de crâne se taille une place.
L'avalanche des mensonges déversés partout est telle que la fatigue
nous vient à l'idée de démonter toutes ces fumisteries. Il faudrait
n'avoir que ça à faire.
D'autant plus que, pour chacune, on doit développer, tant le lecteur
est a priori incrédule devant une autre information qui dément celle
qu'il a reçue cent fois déjà et qui lui a appris le contraire.
Si un explorateur revient d'Amazonie et réussit à publier dans nos
journaux que, là-bas, dans la forêt profonde, l'eau boue à 80°, que
les mygales s'accouplent avec les serpents et que les indiens mangent
un de leur bébé sur deux, si ces bobards sont ensuite repris mille
fois dans les médias, ils convaincront une partie des lecteurs, non
parce qu'ils sont crédibles, mais parce qu'ils sont répétés.
Mais ils resteront des mensonges.
S'agissant du Venezuela, nous en sommes là.
Chavez a instauré un parti unique? Mensonge !
Il modifie la Constitution pour être président à vie? Mensonge !
Il a fermé la dernière chaîne de télévision d'opposition? Mensonge !
Il empêche RCTV d'émettre par d'autres voies? Mensonge !
Son incurie provoque des pénuries alimentaires ? Mensonge !
Il n'a pas été invité à la Douma lors de sa visite à Moscou?
Mensonge !
Poutine lui a fait un affront? Mensonge !
On en citerait mille encore, on s'égosillerait à répéter : Mensonge !
Mensonge ! Mensonge !
En voici un nouveau, pourtant, sur lequel je m'arrête un peu : «RCTV
n'a pas repris ses émissions parce que son matériel lui a été volé par
l'Etat». Sous entendu : «Nous n'avons pas affaire à un Etat de Droit,
mais à une mafia dictatoriale».
La vérité est la suivante : La concession pour émettre par voie
hertzienne a été accordée à RCTV par un précédent gouvernement, il y a
20 ans. Le contrat stipule que les installations nécessaires seront
construites par Radio Caracas C.A. à ses seuls frais. Tant le terrain,
comme les tours et constructions qui s'y installent resteront
propriété exclusive de la République.
Pourquoi cette disposition ? Pour que, en cas d'attribution de la
fréquence à une autre chaîne, il n'y ait pas rupture dans les
émissions. Chavez n'a rien volé, il a rendu à la nation deux biens qui
lui appartenaient : la fréquence hertzienne et les moyens d'en user.
En conformité avec la loi et les termes d'un contrat signé par ses
prédécesseurs.
RCTV n'a pu émettre entre le 28 mai et juillet ? Mais elle a
délibérément refusé de se tourner vers les canaux par satellites et
par câble, d'abord pour bien marquer qu'elle ne respecterait pas la
décision souveraine de l'Etat, qu'elle le ferait plier, et ensuite
parce que sa victimisation nécessitait une fermeture volontaire. Dès
qu'il est apparu qu'elle avait perdu la partie, RCTV a pris ses
dispositions pour émettre (par câble, à ce jour). Elle aurait pu le
faire avant, ayant été avertie dès décembre 2006.
RCTV n'est pas une chaîne de télé comme les nôtres, c'est un fer de
lance de la droite la plus radicale du Venezuela. Son patron, Marcel
Garnier, peut supporter des mois d'interruption sans que ses finances
en soient plus affectées que les vôtres quand vous achetez une
baguette de pain. Il possède, en totalité ou en partie, 40 radios et
chaînes télévisées, en plus de RCTV.
Sur Agoravox, Daniel Duquenal, qui s'est spécialisé dans la critique
du gouvernement vénézuélien, parle de «vengeance politique», de «haine
politique de Chavez», de «projet totalitaire» tendant vers la
«répression pure et simple». Nous sommes là dans le domaine de
l'opinion. Acceptons-là comme élément d'un débat.
Hélas, il étaie cette opinion par des faits mensongers, souvent basés
sur l'émotionnel. En vrac : Chavez a fermé RCTV (faux). RCTV n'a pas
été capable depuis plus d'un mois de retrouver un espace de diffusion
(un mois ? Mais elle a bénéficié de près de six mois) ni de recevoir
les revenus nécessaires pour pouvoir maintenir son personnel (Des
subventions, peut-être ? Malgré l'immense fortune du patron de RCTV).
Chavez veut faire payer des impôts supplémentaires à RCTV (il s'agit
d'arriérés, RCTV ayant coutume de se soustraire impunément à l'impôt.
RCTV doit au fisc 1,5 milliard de bolivares, soit 700 000 dollars).
Et puis ceci que j'ai déjà évoqué : «Tous les équipements de
transmissions de RCTV ont été séquestrés par le gouvernement... simple
confiscation de la part du gouvernement de Chavez qui établit le
dangereux précèdent juridique de donner à l'état le «droit » de saisir
tout bien privé dont l'Etat a simplement besoin, quelle que soit la
raison de ce besoin. Bref, le vol légalisé en faveur de l'état.» Nous
avons là un beau mensonge pour amener un jugement abrupt.
Et encore : «Il y a les déficiences maintenant chroniques de certaines
denrées alimentaires» (Les services officiels chargés de
l'approvisionnement n'en finissent pas de découvrir des stocks cachés,
la pénurie étant organisée : une grève patronale d'un type nouveau et
cruel).
Enfin, pour le même polémiste, ceux qui n'adhèrent pas au «parti
unique du chavismo » (faux, ce parti se veut «UNI», pas «UNIQUE») «
seront désormais des citoyens de seconde classe, voire, des ennemis de
la nation, des suppôts de l'impérialism » (belle invention qui ne se
base sur rien de rien !).
Chavez honni du monde entier ? «Même le parlement russe, la Douma n'a
pas voulu le recevoir la semaine dernière, alors que Poutine ne le
recevait que d'une façon «privée» pour ne pas avoir à lui donner les
honneurs d'une visite officielle».
La vérité est que Chavez a été invité à la Douma. Il y a fait un
discours (pas à la tribune mais dans une salle annexe). Pourquoi ?
Parce que le règlement de la Douma, sauf rarissimes exceptions,
interdit que des chefs d'Etat s'y expriment en tribune. Y déroger pour
Chavez, c'était irriter inutilement Washington à la veille d'un sommet
avec le Président George W. Bush.
Voici ce que dit RFI (Stefanie Schüler 29/6/207 ) : «Il a été
accueilli par Vladimir Poutine dans sa résidence de campagne à Novo-
Ogarevo, près de Moscou. Lequel Poutine «sera reçu, le 1er et 2
juillet, par George W. Bush dans sa résidence familiale à
Kennebunkport, dans le Maine. Un honneur qu'aucun autre dirigeant ne
s'est encore jamais vu accorder». Affront ici, honneur là-bas ?
On pourrait faire ainsi cent pages qui démontreraient que les
adversaires de la révolution bolivarienne ont besoin de l'à-peu-près,
de l'insinuation, du mensonge pour la combattre.
Et ça, c'est finalement réjouissant (Cette remarque finale est une
«opinion». Optimiste).
www.altercom.org/article150068.html
TRADUCCIÓN DEL FRANCES: JUAN VIVANCO, MIEMBRO DE TLAXCALA, LA RED DE
TRADUCTORES POR LA DIVERSIDAD LINGUISTICA.
17 de julio de 2007
Cuando se lee la prensa contraria al ascenso de las resistencias en
América Latina, llama la atención cómo prescinde de cualquier
razonamiento que podría convencer de su nocividad. Sólo recurre a la
mentira.
A fin de cuentas, los partidarios de Chávez y sus detractores podrían
dirimir sus diferencias en el plano filosófico y ético. Hay espacio
para confrontar puntos de vista distintos, concepciones políticas
antagónicas sobre la administración de los negocios públicos, las
opciones económicas, sociales y culturales, el papel de Estados Unidos
en la región, lo que debe ser la democracia, lo que debería ser, o no
ser, el socialismo, las virtudes y los males del neoliberalismo en
este país.
Es una lástima que los pensadores que podrían situar el debate en este
nivel, que podrían darle altura, hayan cedido el puesto a
falsificadores de hechos, adulteradores de la verdad, falsarios o, en
el mejor de los casos, holgazanes que repiten sin molestarse en
verificar.
¿A qué estamos asistiendo en los últimos años?
A la repetición casi maquinal de informaciones tomadas de una fuente
única, que más valdría evitar como la peste. ¿Qué fuente es esa? La
prensa venezolana. ¿Quiénes son sus dueños? Por lo general, oligarcas
inmensamente ricos que viven parte del año en USA y cuya vocación por
la información es casi tan fuerte como la de Serge Dassault, Arnaud
Lagardère o Patrick Lelay [1]. A veces el lavado de cerebro se apoya
en institutos de sondeo venezolanos. Muchos de ellos pertenecen a los
patronos de la prensa.
Casi todas las cadenas de televisión venezolanas son privadas. Son
hostiles a un gobierno elegido por el pueblo con gran constancia (once
elecciones consecutivas ganadas por los partidarios de la revolución
bolivariana). Nueve de los diez grandes diarios nacionales son de
oposición. Estas televisoras y estos periódicos han reemplazado en
gran medida a los partidos políticos de derechas, completamente
derrotados. Sin embargo, son sus «informaciones» y solo ellas las que
nuestros medios reproducen a porfía.
Este papanatismo es suicida para nuestra prensa, ya de por sí (¿y por
eso mismo?) bastante desacreditada y, por consiguiente, con salud
precaria.
Los medios venezolanos participaron masivamente en el golpe de estado
de abril de 2002. Algunos, con RCTV en primera fila, fueron sus
impulsores. Estos hechos (que no esta «opinión») no necesitan
demostración. Hasta en USA lo han admitido con franqueza algunos
periódicos. Véase, por ejemplo, Los Angeles Times del 30 de mayo de
2007: «Hugo Chávez contra RCTV» por Bart Jones.
Los medios golpistas se hartaron de mentir mientras duró el golpe. No
han dejado de hacerlo desde entonces. Al contrario.
Antes, durante y después del golpe, y sin parar hasta hoy, una cadena
como RCTV ha llegado a tales extremos que en Francia no habría durado
ni una hora. La lista de sus infracciones es tan larga que su dueño
estaría en la cárcel, junto con buena parte de su equipo.
¿Infracciones? ¡Sí, cientos de ellas! Infracciones que ningún medio
podría cometer en Francia, en distintos ámbitos: ley sobre publicidad
de tabaco y alcohol en los estadios, protección de la infancia,
imágenes subliminales, incitación a la desobediencia civil... A lo que
hay que añadir la negativa reiterada, arrogante, de dialogar con la
CONATEL (Comisión Nacional de Telecomunicaciones) [2]. Convocada más
de 20 veces en 2006, RCTV no se dignó a acudir.
Pues bien, ¿qué leemos en Francia? ¿Artículos de periodistas que han
bebido en distintas fuentes? Nada de eso. Sólo nos llegan las
versiones de los antiguos golpistas, es decir, los adversarios de la
legalidad democrática, los enemigos del sufragio universal, los
felones. Incluso en los sitios de la internet comprometidos con la
verdad hay lugar para los bulos.
Es tal la avalancha de embustes que se difunden por doquier, que sólo
la idea de desmentirlos todos produce cansancio. No quedaría tiempo
para otra cosa.
Porque habría que explicarlos uno por uno, pues el lector, de entrada,
se muestra incrédulo ante una información que contradice las que ha
recibido machaconamente un sinfín de veces.
Si un explorador regresa de la Amazonia contando que allá, en la selva
profunda, el agua hierve a 80º, las migalas se acoplan con las
culebras y los indios se comen a uno de cada dos recién nacidos, y
estos disparates se repiten mil veces en los medios, acabarán
convenciendo a una parte de los lectores, no porque sean creíbles,
sino porque están repetidos.
Pero seguirán siendo mentiras.
Es lo que sucede con Venezuela.
¿Chávez ha instaurado un partido único? Mentira.
¿Va a cambiar la constitución para ser presidente vitalicio? Mentira.
¿Ha cerrado la última cadena de televisión de la oposición? Mentira.
¿Impide que RCTV emita por otras vías? Mentira.
¿Su incuria provoca escasez de alimentos? Mentira.
¿Durante su visita a Moscú no le invitaron a la Duma? Mentira.
¿Putin le ha inferido una afrenta? Mentira.
Podría seguir en este plan hasta desgañitarme exclamando: ¡Mentira,
mentira, mentira!
Pero voy a detenerme un momento sobre una nueva: «RCTV no ha reanudado
sus emisiones porque el estado le ha robado su material».
Sobreentendido: «No estamos ante un estado de derecho, sino ante una
mafia dictatorial».
La verdad es la siguiente: hace 20 años, otro gobierno otorgó a RCTV
la concesión para emitir por canal abierto. El contrato estipulaba que
las instalaciones necesarias serían construidas por Radio Caracas
Televisión a sus expensas. Tanto el terreno como las torres y
construcciones erigidas en él serían propiedad exclusiva de la
república.
¿A qué se debía esta condición? A que, en caso de que se concediera el
permiso a otra cadena, no hubiera interrupción de las emisiones.
Chávez no ha robado nada, al contrario, ha devuelto a la nación dos
bienes que le pertenecían: la frecuencia hertziana y los medios para
usarla. De conformidad con la ley y los términos firmados por sus
predecesores.
¿Por qué no pudo emitir RCTV entre el 28 de mayo y julio? Porque
renunció deliberadamente a hacerlo por satélite y por cable, de
entrada para recalcar que no acataba la decisión soberana del estado y
pretendía doblegarle, y además porque necesitaba este cierre
voluntario para hacerse la víctima. Cuando ha quedado claro que ha
perdido la partida, RCTV ha tomado las medidas necesarias para volver
a emitir (de momento, por cable). Habría podido hacerlo antes, pues se
lo advirtieron en diciembre de 2006.
RCTV no es una cadena de televisión como las demás, es un ariete de la
derecha más radical de Venezuela. Su dueño, Marcel Granier, puede
resistir meses de suspensión sin que su economía se vea afectada más
que la de una persona común cuando compra una barra de pan. Posee, en
todo o en parte, 40 emisoras de radio y cadenas de televisión además
de RCTV.
En [el sitio francés] Agoravox, Daniel Duquenal, que se ha
especializado en criticar al gobierno venezolano, habla de «venganza
política», de «saña política de Chávez», de «proyecto totalitario» que
tiende a la «represión pura y simple». Estamos en el terreno de la
opinión: aceptémoslo como elemento para un debate.
Lástima que su opinión se base en datos falsos, a menudo emocionales.
Veamos unos cuantos: Chávez ha cerrado RCTV (falso).
Al cabo de un mes RCTV no ha podido encontrar un espacio de difusión
(¿un mes? En realidad ha dispuesto de unos seis meses) ni ingresar lo
suficiente para pagar a su personal (¿subvenciones, tal vez? ¿A pesar
de la enorme fortuna del dueño de RCTV?).
Chávez quiere obligar a RCTV a pagar impuestos suplementarios (son
impuestos atrasados, pues RCTV acostumbraba a evadir impunemente los
impuestos. RCTV debe a la hacienda pública 1,5 millardos de bolívares,
unos 700 millones de dólares).
Luego, lo que he mencionado antes: «El gobierno ha secuestrado todos
los equipos de transmisión de RCTV... simple confiscación del gobierno
de Chávez, que sienta el peligroso precedente jurídico de otorgar al
estado el 'derecho' a apoderarse de cualquier bien privado que
necesite, cualquiera que sea el motivo de esa necesidad. En una
palabra, el robo legalizado a favor del estado». Una mentira bien
gorda para poder emitir un juicio abrupto.
Más aún: «Hay una escasez de géneros alimentarios que se ha vuelto
crónica» (los servicios oficiales encargados del abastecimiento
descubren continuamente género oculto, porque la escasez está
organizada: un tipo nuevo y cruel de huelga patronal).
Por último, según el mismo polemista, quienes no se adhieran al
«partido único del chavismo» (falso, el partido se define como unido,
no único) «a partir de ahora serán ciudadanos de segunda clase,
incluso los verán como enemigos de la nación y cómplices del
imperialismo» (otra invención que se saca de la manga).
¿Chávez es un apestado? «El parlamento ruso, la Duma, no quiso
recibirle la semana pasada, y Putin le recibió de forma 'privada' para
no tener que rendirle honores oficiales».
La verdad es que la Duma sí invitó a Chávez, que pronunció un
discurso. No lo hizo en la tribuna sino en una sala contigua. ¿Por
qué? Porque el reglamento de la Duma, salvo en ocasiones muy
especiales, no permite que los jefes de Estado hablen desde la
tribuna. Hacer una excepción con Chávez habría supuesto irritar
inútilmente a Washington, en vísperas de la reunión de Putin con el
presidente George W. Bush.
Veamos la crónica de Radio France Internationale (Stefanie Schüler, 29
de junio de 2007): «Fue recibido por Vladímir Putin en su casa de
campo de Novo Ogarevo, a las afueras de Moscú». Putin, a su vez, «será
recibido los días 1 y 2 de julio por George W. Bush en su casa
familiar de Kennebunkport, Maine. Un honor que hasta ahora no ha
dispensado a ningún otro dirigente». ¿Afrenta en un caso, honor en el
otro?
Se podrían escribir cien páginas como esta, con pruebas de que los
adversarios de la revolución bolivariana necesitan recurrir a
imprecisiones, insinuaciones y mentiras para atacarla.
Lo cual, a fin de cuentas, es alentador (y esta sí que es una
«opinión». Optimista).
Altercom
Agencia de Prensa de Ecuador. Comunicación para la Libertad.
Maxime Vivas
Escritor francés. Autor de las novelas 'Paris brune', 'La bousculade',
'Écran total', 'La cathédrale au fond du jardin' (ou Pourquoi j'ai
voulu tuer Louis-Ferdinand Céline), 'Comme le scorpion, mon frère',
'La tour Eiffel et le cocotier'; y del ensayo 'Les Etats-Unis, De mal
empire', en colaboración con Danielle Bleitrach y Viktor Dedaj.
Mantiene una crónica literaria semanal en "Radio Mon Païs" de
Toulouse.