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Citoyens en mouvement

Pour la démocratie et la République sociale, blog du Manifeste "Citoyens en mouvement" blog créé le 10 mai 2006

Somme : une ouvrière meurt au travail

L'ouvrière décédée sera inhumée mardi
(Le Courrier Picard)

 

À l'usine du Ronssoy hier midi, des bouquets témoignaient de l'émotion suscitée par la mort de Stéphanie Lalisse.

Les obsèques de l'employée de Trocmé Vallart International, tuée sur son poste de travail lundi, seront célébrées mardi 6 janvier à 14 h 30 à Epehy.

Stéphanie Lalisse était originaire de cette commune du canton de Roisel. Elle, son concubin et ses deux enfants, dont un en très bas âge, vivaient dans un village du Nord, Bantouzelle, mais avaient pour projet de faire bâtir leur maison à Epehy. Elle avait 29 ans. A priori, elle est morte parce que son écharpe a été happée par la machine sur laquelle elle travaillait.

Le changement d'année n'a pas sonné la trêve de la polémique, bien au contraire. Sur plusieurs sites internet, dont celui du Courrier picard, des voix se sont élevées pour regretter que le travail ait repris dans l'atelier de ce fabricant d'emballages dès le lendemain du drame
.

Maxime Gremetz intervient

Par ailleurs, plusieurs salariés ou ex-salariés ont affirmé que la température dans les locaux de l'usine à la reprise du travail le lundi matin était un problème récurrent, dénoncé en vain de longue date.

Jeudi, le député Maxime Gremetz (Communistes en Somme), accompagné de ses deux relais locaux Denis Charpentier et Angelo Ondicana, a rendu visite aux parents et au compagnon de Stéphanie Lalisse.

« Son père a longtemps été salarié dans cette usine, son ami y travaillait en poste de nuit. Tous deux disent que le lundi matin, on ne peut pas faire autrement que de garder manteau et écharpe », affirme Maxime Gremetz. Il indique également que dans le règlement intérieur, qu'il s'est procuré avant-hier, aucun article ne concerne la tenue de travail.
« À 5 heures du matin, il fait 5º, confirme un salarié sur Internet. La direction parle de 13º, mais c'est à 11 heures. À 5 heures, la direction est-elle déjà venue contrôler la température ? »

Une collègue de Stéphanie Lalisse résume ainsi sa colère, également sur le net : « S'il y avait eu du chauffage, elle n'aurait pas mis son écharpe comme on le fait tous pour travailler depuis des années ».

Le débat porte également sur la machine, une retordeuse. Une machine qui, d'après le père de la victime, fonctionnait sans problème depuis des années. « Mais on me dit aussi que des sécurités auraient été ôtées pour favoriser la production. Je demande que toute la lumière soit faite », ajoute Maxime Gremetz qui a rencontré le préfet jeudi matin pour lui demander une enquête exemplaire et regretter « que le directeur départemental du travail ne se soit pas rendu personnellement sur place ».


Un afflux soudain de commandes

Autre sujet de polémique : la présence de salariés dans l'usine entre Noël et l'An alors que la société a dû prendre des mesures de chômage partiel. Il fallait, semble-t-il, faire face à un afflux soudain de commandes. « La direction a insisté pour que cette jeune femme vienne travailler parce qu'il n'y avait pas assez de volontaires », souligne le député.

Ce dernier a proposé jeudi à la famille de la victime l'assistance d'un avocat spécialisé dans le droit du travail. Il s'agit de Fiodor Rilov, déjà connu en Picardie pour son intervention au soutien des intérêts des salariés d'Abelia (Abbeville), Flodor (Péronne) ou plus récemment de la Filature Française de Mohair à Péronne.

T.P.

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