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Citoyens en mouvement

Politique, culture, éducation, formation pour la vie démocratique - blog créé le 10 mai 2006

Macro-économie

L'Empire est en grande difficulté

 

On connaît la solution que mettent en oeuvre les dirigeants des Etats-Unis et leurs alliés pour résoudre le problème de la rentabilité du capital et notamment le problème de la dette des Etats : c'est celle de faire payer les peuples par encore plus de domination, d'exploitation et de soumission.


Nos hommes politiques devront de plus en plus dévoiler la nature de leurs engagements et pour la plupart montrer qu'ils n'ont aucun courage pour combattre ce système, au contraire qu'ils sont nombreux à y adhérer parce qu'ils en profitent, quitte à s'assoir sur toutes les valeurs de la République. Mais le monde est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Tous les schémas manichéens qu'on nous présente comme la vérité du monde sont des attrapes-nigauds pour les naïfs ou pour ceux qui passent des heures à avaler les inepties télévisuelles au lieu de s'en dégager et d'exercer leur esprit critique.

 

Les dirigeants des Etats-Unis comme de l'Europe mentent à leurs peuples et la mondialisation n'a pas seulement pour effet de changer les règles du jeu capitaliste, elle provoque d'immenses contradictions au sein même de ce système. Ainsi les pays dits "émergeants" cherchent de leur côté à obtenir leur part de la richesse mondiale dont ils ont été spoliés depuis des décennies et leurs actions et initiatives pourraient avoir des conséquences inattendues qui aiguisent les contradictions internes aux Etats-Unis et en Europe.

 

Le monde s'apprête à connaître des bouleversements inédits qui ont commencé il y a quelques années et qui ont connu de premières secousses avec la crise dite financière de 2008.

 

Il y a encore malgré tout beaucoup de gens qui pensent que le capitalisme possède des ressources pour se sortir de "cette mauvaise passe". Il en possède mais de moins en moins car en se développant toujours plus sur des bases d'accumulation improductive au détriment des hommes, il crée les conditions d'une crise politique générale mondiale fondée sur la somme des crises internes à chaque nation et ensemble géo-stratégique.

 

Je publie ci-dessous pour illustrer mon propos un article sur le site oliprice.com qui montre comment l'Iran prend des initiatives économiques alternatives qui peuvent changer la donne en matière énergétique. Il ne s'agit pas pour moi d'apporter un soutien politique à la République Islamique d'Iran mais de regarder objectivement ce qui se passe dans la monde pour mieux le comprendre.

 

 

L’Iran ouvre une Bourse du Pétrole – présage de problèmes pour New-York et Londres ? (Oil Price.com)

John C.K. Daly



Les trois dernières années de récession mondiale ont été un coup dur pour les discours capitalistes américains sur l’efficacité des « marchés libres » claironnés à travers le monde. Wall Street s’est révélé n’être qu’une forme d’économie de casino, avec des banksters initiés en train de parier avec l’argent des autres, et parfois avec celui du gouvernement. Tandis que les Républicains au Congrès, sentant leur victoire proche pour les élections présidentielles de 2012, tiennent Obama en joue et que les agences de notation envisagent de baisser la note du trésor US, dans l’expectative d’un défaut de remboursement de ce dernier, de nombreuses idées qui paraissaient improbables à cause de la domination de l’économie US connaissent un regain.

Sans surprise, bon nombre de ces concepts viennent de pays qui ne sont pas sous l’influence de Washington, et peut-être même la majorité d’Iran, membre officiel de « l’Axe du Mal » qui a vu son économie secouée par plus de trois décennies de sanctions initiées par les Etats-Unis. A présent, l’Iran se consacre à un projet qui, s’il réussit, pourrait aider à miner la prééminence du dollar comme monnaie de réserve mondiale, mieux que ne le ferait le premier Républicain venu.

Quelle est la botte secrète iranienne contre la devise du Grand Satan ? Une bourse du pétrole sur l’île Kish dans le Golfe Persique, qui a commencé à vendre du pétrole brut iranien de haute qualité.

Mohsen Qamsari, directeur adjoint aux affaires internationales de la société nationale iranienne du pétrole était modeste sur les capacités initiales de la bourse, en déclarant « la bourse a depuis longtemps cherché à mettre en place des mécanismes pour commercialiser le pétrole brut et elle a pris les premières mesures, dans la mesure du possible. Eu égard aux problèmes bancaires actuels, on n’attend pas la participation de clients étrangers dans la première phase des offres de brut, et elles seront effectuées à titre d’essai. Aujourd’hui, pour la première fois, c’est du pétrole brut Bahregan de haut-qualité, à faible teneur en souffre, qui sera mis en vente. Pour commencer, un lot de 600.000 barils sera mis en vente. »

La consommation mondiale de pétrole brut est d’environ 83 millions de barils par jour. L’offre iranienne à la bourse n’aura pas un grand impact sur les marchés mais elle représente une tentative de la part d’un producteur important de détourner le flux de revenus de la bourse de New York, la plus grande bourse de biens de consommation au monde, qui gère West Texas Intermediate et Intercontinental Exchange de Londres, qui gère le (pétrole) Brent de la mer du Nord. Tous les échanges sur le pétrole s’effectuent en dollars et instaurent un monopole pour la devise US.

La bourse de Kish date de février 2008 lorsque l’île fut choisie, au lieu de Téhéran, parce qu’elle avait été déclarée zone franche. La bourse a été créée pour effectuer des opérations en euros, rials iraniens et un panier de devises excluant le dollar. L’année précédente, l’Iran avait demandé à ses clients de payer le pétrole dans une devise autre que le dollar. Mais la bourse à l’origine ne concernait que des produits dérivés du pétrole tels que ceux employés comme matière première pour l’industrie chimique ou pharmaceutique. A présent, l’institution a fait un pas de plus.

Même si le Congrès US reste sourd aux effets de la récession sur les emplois et l’économie aux Etats-Unis, d’autres y prêtent une oreille attentive. Le 17 juin 2008, s’exprimant devant la 29ème rencontre du Conseil des Ministres du Fonds de l’OPEC pour le Développement International dans la ville iranienne d’Isfaham, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré à son auditoire, « la chute de la valeur du dollar est un des problèmes majeurs dans le monde aujourd’hui. Les dégâts provoqués se ressentent déjà dans l’économie globale, particulièrement pour les pays exportateurs d’énergie... Par conséquent, je réitère ma suggestion, qu’une combinaison des devises les plus fortes du monde devienne la base des transactions pour le pétrole, ou alors les pays membres de l’OPEC choisissent une nouvelle devise pour les transactions de pétrole. »

Pour que la nouvelle Bourse iranienne puisse survivre et se développer, il lui fallait trouver un client de poids contre qui Washington hésiterait à chercher la bagarre, et c’est désormais chose faite : la Chine.

La Chine est le premier acheteur de pétrole brut iranien et vient de renouveler ses accords commerciaux pour 2011. En 2010, l’Iran a fournit environ 12 pour cent de toutes les importations de pétrole de la Chine. Selon le dernier rapport de l’Organisation des Douanes de la Chine, les exportations de pétrole iranien à la Chine se sont élevées à 8,459 millions de tonnes entre janvier et avril 2011, soit une augmentation de 32 pour cent par rapport à l’année dernière. L’Iran est actuellement le troisième fournisseur de pétrole à la Chine et livre près d’un million de barils par jour.

En ce qui concerne les sanctions économiques contre l’Iran, la Chine se contente d’ignorer les protestations de Washington. Cela dit, la Chine est avant tout intéressée par ses marges et si l’Iran ne parvient pas à offrir un prix plus compétitif par rapport à ses concurrents du Moyen orient ou de l’Amérique du sud, il lui sera peut-être difficile d’augmenter sa part d’un marché Chinois en rapide expansion.

Voici qu’apparait la Bourse de Kish

L’ambassadeur chinois à Téhéran, Yu Hung Yang, devant une conférence sur le commerce à Téhéran qui s’est tenue lundi dernier, a déclaré que le montant des échanges commerciaux entre les deux pays avait augmenté de 55 pour cent au cours des quatre premiers mois de 2011 par rapport à la même période de l’année dernière et s’est élevé à 13,28 milliards de dollars. Il a aussi prédit que le chiffre dépasserait 40 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.

Au temps pour les sanctions, n’est-ce pas ?

Ainsi, tandis que Washington se prépare à un Hara-Kiri politique, l’Iran se prépare à ternir un peu l’aura capitaliste de New York et Londres. Si les Chinois se décident à payer leurs achats iraniens uniquement en Yuans, les petits abandons du dollar dans les transactions pétrolières que l’on constate ici ou là se transformeront rapidement en un sauve-qui-peut général. De quoi donner aux politiciens à Washington d’autres sujets de préoccupation que le mariage gay.

John C.K. Daly

http://oilprice.com/Energy/Crude-Oil/Iran-Opens-Oil-Bourse-H...

traduction "le dollar se meurt et l’euro ne se sent pas très bien ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement les coquilles et erreurs habituelles.

URL de cet article 14238
http://www.legrandsoir.info/l-iran-ouvre-une-bourse-du-petrole-presage-de-problemes-pour-new-york-et-londres-oil-price-com.html
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