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Citoyens en mouvement

Politique, culture, éducation, formation pour la vie démocratique - blog créé le 10 mai 2006

Quand le capitalisme se dit écolo, des catastrophes se préparent pour la planète !

Confrontés à la lutte des peuples du tiers-monde pour que leurs produits soient vendus à un juste prix, les Etats-Unis et les grandes puissances capitalistes envisagent de développer la filière des bio-carburants sous prétexte de lutte contre le réchauffement à effet de serre de la planète. Ainsi Sarkozy a annoncé dans son programme une défiscalisation pour les entreprises qui travaillent dans ce secteur afin de conforter leurs profits et d'encourager les capitalistes à investir dans cette filière qui pourrait s'avérer fort juteuse financièrement. En fait il s'agit d'une fausse bonne idée, car en incitant les paysans du monde à transformer leur terre en fournisseur de plantes à carburant, on risque d'appronfondir considérablement la crise alimentaire mondiale avec une raréfaction des cultures utiles à l'alimentation des hommes et des animaux. Ce problème ne semble pas émouvoir davantage ceux qui se réclament de l'écologie politique, mais il est intéressant de le soumettre au débat des citoyens. En effet il est de grande importance de lutter contre les effets d'une utilisation productiviste et capitaliste de l'énergie en mesurant que certaines voies qu'on présente comme la panacée pourraient se retourner contre les peuples. Ce qui est en cause  c'est bien un mode de développement basé sur le pillage des peuples de 80% des pays de la planète par une minorité de capitalistes, fondé sur des institutions comme l'OMC*, approfondissant la crise alimentaire, le sous-développement et donc les flux migratoires des plus pauvres vers les zones les plus riches. Continuer avec la logique du capitalisme mondialisé c'est approffondir cette crise : les choix de Sarkozy qui épousent totalement cette logique ne feront qu'empirer la situation. Il faut au contraire assurer pour chaque peuple le droit à la souveraineté alimentaire fondé sur un type de développement favorisant les coopérations, la recherche publique, la garantie de prix justes aux paysans et pays producteurs. Je publie ci dessous un extrait d'un article de Fidel Castro paru ces derniers jours.

Les anciennes colonies ou les néocolonies, auxquelles on avait promis un avenir merveilleux après la Seconde Guerre mondiale, se berçaient toujours des illusions de Bretton Woods.  Le système était taillé sur mesure pour l’exploitation et le pillage.  

 Quand cette prise de conscience a démarré, différents phénomènes extrêmement défavorables n’étaient pas encore apparus, tel le gaspillage d’énergie insensé auquel se livreraient les pays industriels, qui payaient le pétrole moins deux dollars le baril. Le carburant, exception faite des Etats-Unis où il était très abondant, provenait essentiellement de pays du tiers-monde, surtout du Moyen-Orient, en plus du Mexique, du Venezuela, puis de l’Afrique. Or, les pays qualifiés – au prix d’un autre pieux mensonge – de « pays en développement » n’étaient pas tous pétroliers. En fait, quatre-vingt-deux d’entre eux sont les plus pauvres et doivent normalement importer du pétrole. Une situation terrible les attend donc si les aliments sont convertis en biocarburants, ou en agrocarburants, selon la terminologie que préfèrent les mouvements paysans et d´indigènes de notre région.  

L’immense majorité des habitants de la planète ignorait même, voilà trente ans, le concept de réchauffement global qui pèse sur la vie de notre espèce telle une terrible épée de Damoclès. L’ignorance et la confusion actuelles sur ces questions sont tout aussi répandues. A écouter les porte-parole des transnationales et leurs appareils de divulgation, nous vivons dans le meilleur des mondes : économie régie par le marché + capital transnational + technologie de pointe = croissance constante de la productivité, du PIB, du niveau de vie, et accomplissement de tous les rêves de l’humanité. Bien entendu, l’Etat ne saurait intervenir en quoi que ce soit, il ne devrait même plus exister, sauf comme instrument du grand capital financier.

Mais les faits sont têtus. Un des pays les plus industrialisés au monde, l’Allemagne, s’inquiète de constater que 10 p. 100 de sa population est au chômage. Les travaux les plus rudes et les moins attrayants sont réalisés par les immigrants qui, en proie au désespoir devant leur pauvreté croissante, pénètrent dans l’Europe industrialisée par tous les orifices possibles. Personne ne calcule, semble-t-il, la quantité d’habitants de notre planète, qui augmentent justement dans les pays non développés. (...)

Fidel Castro, La Havane le 7 mai 2007.

*OMC : Organisation mondiale du commerce

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