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Citoyens en mouvement

Politique, culture, éducation, formation pour la vie démocratique - blog créé le 10 mai 2006

Hôpital de Creil : la lutte se poursuit aussi au sein du Conseil d'administration

Conseil d'administration du 22 mars
hôpital Laennec de Creil

 

Le contrat d'objectif et de moyens n'est pas passé comme une lettre à la Poste !

Sur 12 administrateurs, 3 ont voté contre et 2 ont voté blanc

Suite à la présentation du contrat d'objectif et de moyens  faite par le Directeur de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation  et la Direction de l'hôpital nous publions ce qu'a déclaré notre camarade Viviane Claux, administratrice de l'établissement.

 

 

 

L'intervention de Viviane Claux, conseillère régionale, présidente du groupe communiste et progressiste,  à laquelle s'associe Marie-Paule Buzin, adjointe au maire de Montataire

 

 

"Vous nous parlez de votre volonté de coopération entre établissements pour renforcer l'offre de soins et élever le niveau de santé des picards. On peut souscrire à cette idée générale.

 

 

 

 

Mais le contrat d'objectif qui est sous nos yeux me laisse  dubitative quant à la possibilité effective de réaliser ces intentions. Je comprends que l'agence accepte des objectifs de développement partagés sous conditions de  nouvelles organisations, de nouvelle gestion de ressources humaines  pour  réduire le coût,  de volume d'activités ; de retour à l'équilibre des comptes.

Le contrat d'objectif (COM),  et son OQOS définissent  l'activité de l'établissement en nombre de journées à accomplir, il définit le nombre d'appareils à délivrer ; le nombre de patients  à prendre  en charge.

L'instauration de pénalités pour non réalisation  de  ces objectifs (voir article 18 de la page 13) pénalisera  les activités supplémentaires comme celles en deçà du mini,  c'est inadmissible et cela  va à l?encontre des missions du service public.

Ces contrats vont en effet aggraver les dysfonctionnements et créer des préjudices pour l'exercice professionnel et la qualité des soins.

La mission de service public pour cet hôpital  c'est une population de  150.000 personnes, un faible pouvoir d'achat, une forte population immigrée ; des indicateurs de santé dont il faut tenir compte

Sa mission est d'accompagner toutes les souffrances quelque soit le coût, c'est l'accueil et le soins de tous les patients,  de toutes les pathologies à tout moment

Le paiement à l'acte comme le COM vont à l'encontre de cette mission

Ils contraignent à la rentabilisation ; en effet il faut rester dans l'enveloppe pour le médecin comme pour la spécialité. La dégradation des soins est prévisible ainsi que  la sélection des patients fondée sur les revenus.

Pour nous c'est l'humain qui compte et pas les résultats comptables complètement fabriqués.

En ce qui concerne le déficit on ne peut accepter le retour à l'équilibre

On ne fait pas des économies sur la santé des gens.

Il a été cités les économies qui doivent être  réalisées :

Sur les dépenses hôtelières c'est-à-dire sur le bien-être du malade, sur les matelas anti escarres  il serait question de ratio  de ces dépenses au regard des autres établissements ;  mais ce qui m'intéresse ce sont les besoins des malades en ont-ils ou non besoin ?

Il faut  réduire   la promotion professionnelle ce n'est pas admissible  le personnel a besoin de reconnaissance d'évolution de carrière pour s'investir, se former.

Il faut faire des économies sur les gardes et astreintes, sur le salaire des jeunes médecins ;  en (ils seront moins payés que les anciens qui partent !) mais  pourquoi ? Il faut payer la qualification  de ces médecins,  rechercher les compétences.

La durée du séjour devrait être réduite oui mais  à condition de ne pas faire ce que je viens d'entendre  (malades psychiatriques)  laisser sortir des personnes sui ont besoin de soins et qui sont renvoyées chez elles.

De l'argent  il y a en a !

On arrive à doter l'hôpital privé de 9 Millions d'euros et pas l'hôpital public ?

Mettons l'argent public sur l'hôpital public et non pas sur le privé.

L'hôpital  privé parlons-en ! : c'est la Générale de santé, 172 établissements un chiffre d'affaires de 1435 millions d'euros, un bénéfice net 2005 de  41millions d'euros, cette entreprise est cotée en bourse  et verse de dividendes à ses actionnaires, qui ne font qu'augmenter.

 

Le terme de rentabilité de l'hôpital vient d'être employé il  donne tout à fait le sens du choix qui est fait.  C'est bien un choix de société que nous ne partageons pas

en conséquence nous ne pouvons cautionner votre contrat  Mme Buzin et moi-même voteront contre.

 vote final : 3 contre, 2 blancs, 7 pour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Mon opinion sur ce qui se passe
à l'hôpital de Creil
par Jean-Paul Legrand

Depuis plusieurs années le service public hospitalier de Creil qui  concerne entre 150.000 à 200.000 habitants est dans le collimateur d'une politique ultra-libérale qui a pour objectif de transformer toutes les activités de santé qui seraient rentables en marchandises. Le service public dans ce contexte est conduit à des restrictions de financement alors que les populations qui en ont plus besoin sont les plus précaires,ce sont celles qui ont le moins de moyens financiers mais aussi sociaux, psychologiques, pour faire face à la maladie.  En fait il s'agit pour les propriétaires du capital de tirer tout l'argent possible pour leurs dividendes à travers la casse des services publics avec l'appui du pouvoir politique.


 

 

 

C'est le capitalisme financier qui est à l'oeuvre pour tirer profit de la maladie et de la souffrance des gens !
Il suffit de lire le site de la Générale de Santé ou des articles relatifs à la rentabilité des sociétés privées de santé pour comprendre que ce secteur est l'objet de la convoitise des appétits de la finance nationale et internationale (La Générale de santé est la propriété  à 60% d'un groupe italien). On connaît les vieilles stratégies de  des possédants : mettre en difficulté le secteur public en le plaçant sous la pression de critères financiers, utiliser les déficits pour exiger aux personnels et aux patients des sacrifices, justifier idéologiquement les restrictions par des pseudo-arguments de gestion. (Vous savez ceux qui sont avancés par ces technocrates à la solde des capitalistes qui sont capables de vous expliquer qu'il est mieux pour vous d'accepter une réduction d'emplois ou, dans notre cas, une dégradation des conditions de soins parce que sinon ce serait pire puisqu'on risquerait de mettre la clef sous la porte ! Cela fait plus de trente ans qu'on nous sert la même chanson)
  
Sous prétexte de contrôler et de rationnaliser les dépenses de santé des mesures comme la tarification à l'acte conduisent à ne plus considérer les soins à porter au patient comme des dépenses indispensables à son rétablissement mais comme des coûts qu'il faudrait absolument réduire. Comme dans les entreprises ce sont des critères de rentabilité financière qui prévalent et qui conduisent à ce que progressivement les soins les plus rentables soient confiés aux établissements privés et les moins rentables aux établissements  publics. Non seulement les hôpitaux publics n'ont pas les financements suffisants pour remplir correctement leurs missions mais en plus on demande à leur personnel et aux élus d'accepter de gérer l'hôpital dans le cadre d'un système qui devient de plus en plus comptable et marchand. Ainsi lors du dernier Conseil d'administration,parmi les mesures préconisées par le directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation, il y a les réductions concernant  ce qu'on nomme les "dépenses hôtelières" : autrement dit on préconise des réductions de dépenses sur la qualité des repas, voire du matériel de confort des patients !

Dans le même temps, cette politique décide de financer des établissements privés comme la future clinique de Gouvieux sous gestion de  la Générale de santé. Ce sont donc des fonds publics qui en partie iront alimenter la croissance des dividendes des actionnaires de cette société. L'agence régionale de l'hospitalisation justifie ces financements par sa volonté  que l'offre de soins dans les établissements privés de Picardie puisse se maintenir face à la concurrence de l'offre privée de l'Ile de France. Ainsi non seulement des fonds publics financent  des activités du secteur privé alors que les établissements publics se voient réduire leurs dépenses , mais  un organisme à vocation publique comme l'ARH se transforme en agence de promotion des établissements privés  dans la concurrence qu'ils se mènent entre eux au détriment des populations mais pour le bénéfice de leurs  actionnaires. On ne peut que se féliciter qu'au sein même du conseil d'administration de l'hôpital, des voix se sont fait entendre contre cette politique inadmissible  en s'opposant au Contrat d'objectifs et de moyens !




 

 

 

Les élus qui accompagnent cette politique néfaste devront rendre des comptes un jour ou l'autre
Ceux qui ne s'opposent pas à cette politique prennent le très grave risque d'accompagner la mise en place d'une médecine à deux vitesses, où les populations les plus précarisées, mais aussi  toutes celles qui ne peuvent engager des frais de santé élevés voire très élevés n'ont le droit qu'à des prestations sanitaires minimum, forfaitisées, avec le risque d'une dégradation générale de la santé des populations de notre grand bassin creillois.  

Il faut le redire avec force : l'hôpital doit être un espace de solidarité  et d'humanité où l'on offre ce qu'il y a de mieux à ceux qui souffrent, aux malades, et non un plateau technique où l'on viendrait pour se faire réparer comme une machine et cela au moindre coût. C'est une illusion que de croire que la médecine puisse se faire au moindre coût. J'aurai même plutôt tendance à dire que la santé n'a pas de prix et qu'une société moderne se doit de mobiliser tous ses moyens pour soigner les gens. Si les technologies évoluent et apportent des solutions nouvelles pour lutter contre la maladie, la meilleure des technologies est sociale, elle passe par une société plus juste, plus fraternelle, où chacun puisse avoir un emploi et une formation, vivre dignement, et où la prévention soit l'avant garde de la bataille contre la maladie, ce que le capitalisme est incapable d'apporter à la grande masse des êtres humains de cette planète puisqu'il fonde son développement sur l'exploitation des hommes, des femmes et des enfants. Autrement dit la société doit "payer le prix de son développement en investissant dans la santé" par une répartition et une valorisation des richesses créées qui deviennent de plus en plus collectives sous les formes les plus démocratiques qu'il soit. En payant ce prix à sa juste valeur, c'est toute la société qui en tirera bénéfice et non comme c'est le cas actuellement les propriétaires du capital dont l'intérêt est de libéraliser le secteur de la santé pour  réaliser des profits maximum à un taux de rentabilité  le plus élevé possible.
 
 
Il faut résister, continuer la lutte !
Il n'est pas acceptable que cette politique se traduise par une restriction  des dépenses qui seraient nécessaires à  l'ouverture de lits et à la création de postes de personnels de toute catégorie, à leurs formations.
Faute de lits et de création d'emplois dans les services, il  n'est pas acceptable que cela se traduise par des conditions d'accueil des patients qui sont dégradées et parfois indignes malgré le grand dévouement du personnel qui doit faire face à des situations de plus en plus difficiles.
Il n'est pas acceptable que les missions de l'hôpital public qui doit apporter des soins de qualité à tous sans discrimination  subissent la pression d'une  politique qui conduit à une gestion de plus en plus comptable de l'hôpital au détriment de la dimension humaine des réponses à donner.
C'est  ce que refusent plus de 2000 habitants  de notre agglomération qui ont signé un texte de pétition à l'initiative d'élus, de syndicalistes, de responsables politiques qui se retrouvent dans le comité de défense de l'hôpital.


L'argent doit servir à la création d'emplois, à la formation des personnels, aux investissements
C'est une évidence : l'argent doit être orienté vers l'hôpital public pour financer des emplois, ouvrir des lits, offrir à tous les services de bonnes conditions de travail, investir dans les technologies et matériels nécessaires, offrir un accueil confortable et solidaire aux patients.
Il faut donc  réorienter l'argent,  du capital vers les besoins des populations. Je ne développerai pas ici les mesures proposées par Marie-George Buffet qui correspondent à cette exigence, chacun peut en prendre connaissance par ailleurs. L'essentiel est de ne pas perdre de vue que la résistance ne pourra être efficace que si elle se donne un débouché politique qui mette en cause le capitalisme et construise avec les intéressés un type de développement fondé sur l'être humain, sa santé, son éducation, son bonheur.
 
 
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