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Citoyens en mouvement

Pour la démocratie et la République sociale, blog du Manifeste "Citoyens en mouvement" blog créé le 10 mai 2006

Mon expérience de la campagne : qui craint la confrontation ?

Le militantisme a cet avantage qu'il vous conduit à rencontrer beaucoup de gens. C'est un véritable plaisir que de dialoguer, d'échanger, d'écouter et de partager des idées. Un plaisir de reconnaître en l'autre  la richesse dont il est porteur par son expérience de vie, la singularité de son  son parcours, de lui accorder ce droit à la différence d'opinions, parfois même opposées, contradictoires. La reconnaissance de son altérité comme préalable fondamental à toute démocratie. C'est aussi très important d'établir le dialogue, de confronter les opinions, et au mieux d'agir ensemble, cela participe à l'établissement de liens sociaux, à dépasser la violence, à construire  la citoyenneté.

Je constate que les habitants sont en général très ouverts au dialogue lorsque les élus viennent à leur rencontre et sollicitent leurs avis, comme ils apprécient que les militants leur apportent des informations en relation avec leur vie ou plus généralement avec la marche du monde. Ils sont demandeurs de la diversité et rejettent les poncifs.  C'est pourquoi il est désolant de voir M. Sarkozy ou Mme Royal refuser jusqu'à maintenant toute confrontation, tout véritable dialogue entre eux et avec les autres candidats.

Cette expression juxtaposée et médiatisée n'a que très peu d' intérêt : ces gens là sont à mille lieues de la vraie vie. Ce n'est pas parce qu'on choisit un panel d'une centaine de citoyens ou que l'on se place au centre de la salle que l'on peut se réclamer de la démocratie participative. Mon expérience de militant, d'initiateur et d'acteur d'expériences démocratiques (théâtre-forum, groupes de travail avec les citoyens, vie associative, travail sur la parole citoyenne, pratique du compte-rendu et de l'évaluation...), m'amène à penser que pour un véritable échange il faut favoriser la parole des gens, il faut la respecter, l'aider à se  reformuler oralement et par écrit, pour qu'elle prenne tout son sens. Tout son sens cela signifie qu'elle devienne à la fois témoignage du réel mais aussi acte par lequel peuvent se prendre des décisions collectives.

Bien souvent la parole des élus et des responsables politiques écrase celle du citoyen même si cela n'est pas forcément intentionnel. Il ya des professionnels de la parole et il y a des millions de gens qui n'ont pas le pouvoir de se faire entendre, ni d'être écoutés. Notre pays souffre de la société du spectacle forme moderne d'un capitalisme qui a besoin de cacher son essence mortifère profonde sous des effets d'annonce loins de la vie réelle au mépris de la parole de ceux qui n'ont pas le pouvoir.

Combien de personnes se sont-elles déjà  senties frustrées ou humiliées par le simple fait qu'elle n'ont pas osé prendre la parole, découragées à l'avance par le discours de ceux qui détenant le pouvoir s'imposent comme propriétaire de la vérité, l'unique vérité qui n'est bien souvent qu'un dogme de l'idéologie dominante. 

Lorsque des citoyens avec courage osent parler de leur vie, de leurs préoccupations, il est significatif que la plupart des dirigeants politiques ou candidats  aux élections   évitent de poser la question de l'engagement propre du citoyen en se présentant comme détenteurs des solutions qui vont résoudre les grands problèmes du pays, au pire comme les sauveurs providentiels usant d'une réthorique ou d'une image mythique ou religieuse. Très peu  invitent les citoyens à construire la solution  par un travail collectif, un effort critique, une démarche citoyenne par laquelle va s'institutionnaliser le travail collectif engagé .

En effet élaborer des solutions aux préoccupations populaires, faire en sorte qu'elles soient portées dans les luttes et le vote, cela nécessite de créer les conditions d'un développement de la vie démocratique sans précédent à mille lieues de la politique spectacle qu'on nous inflige. Les gens que j'ai rencontrés ces dernières semaines devant les usines, à la gare, sur les marchés, devant les écoles, sont dans leur majorité demandeurs de réflexion et de connaissances non seulement sur les propositions des candidats mais aussi sur les mesures politiques à engager pour les financer. J'ai beaucoup apprécié la volonté de Marie George Buffet qui annonce que pour  financer les mesures qu'elle préconise il va falloir s'en prendre au mur de l'argent et à la concentration des pouvoirs dans les mains des puissants. Pas de démagogie : rien ne changera dans ce pays sans un rassemblement majoritaire  de gauche qui se dote d' un pouvoir politique démocratique  répondant à l'exigence d'antilibéralisme du peuple français.

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