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Citoyens en mouvement

Politique, culture, éducation, formation pour la vie démocratique - blog créé le 10 mai 2006

L'exemple de la Commune de Paris

Les partis communistes ont beaucoup fait référence à cette fameuse notion de dictature du prolétariat. En fait Marx a très  rarement  repris  cette expression dans ses écrits. Elle n'est pas de sa création et si  il l'évoque  c'est en référence à la dictature de la bourgoisie,  en reprenant textuellement  les termes "dictature du prolétariat" du socialiste français Auguste Blanqui.

Pour Marx il n' a jamais été question d'une dictature au sens qu'on entend ce mot aujourd'hui. En aucune manière Marx estimait qu'il fallait abolir les droits démocratiques, tout au contraire il en a été un infatigable défenseur et en a payé le prix par la répression et par l'exil, par la privation qui en a découlé d'une vie confortable de bourgeois qu'il aurait pu avoir pour une vie où sa famille et lui ont connu des jours de misère et de grand dénument. Marx  n'ayant même pas l'argent pour s'acheter les ouvrages dont il avait besoin devait se rendre dans les bibliothèques pour étudier ! Cet homme était un farouche démocrate, pour lui la démocratie devait être étendue à tous, aux femmes et aux ouvriers qui en étaient privés. Pour lui il était incontestable que la bourgeoisie avait entrepris une révolution démocratique qui avait permis une avancée sans précédent dans l'histoire  en citant l'oeuvre de la révolution française. Mais la révolution  de 1789 n'avait pas donné les droits égaux à tous les citoyens malgré la déclaration des droits de l'Homme. Tout cela était resté formel. Seule la lutte du prolétariat pouvait accomplir le plein exercice de la démocratie. 

C'est pourquoi Marx qui l'a soutenu totalement s'est félicité du remarquable exemple de la Commune de Paris   qui  a instauré en 1871 pendant quelques semaines une démocratie réelle avec des élus mandatés par le peuple et révocables par le peuple, avec la nomination aux postes du gouvernement révolutionnaire de citoyens de toutes les couches sociales et de toutes origines, magnifique et héroïque révolution  écrasée dans le sang par la grande bourgeoisie française avec la complicité de l'armée prussienne occupant le pays. Fidèle à son principe que le communisme n'est pas une vue de l'esprit mais le mouvement réel qui abolit l'état de chose existant, pronfondément admiratif devant ce qu'avait entrepris le peuple de Paris, l'exemple de la Commune de Paris a fait l'objet d'une étude que Marx destinait aux partis ouvriers afin qu'ils tirent les leçons de cette expérience inédite dans l'histoire. 


Marx a alors rédigé un texte qui est adopté par l’Association Internationale des travailleurs (L'internationale) intitulé La Guerre civile en France. Il tire la conclusion que le prolétariat ne peut pas se contenter de s'emparer de l'appareil d'État pour le faire fonctionner pour son propre compte : il doit le transformer de fond en comble pour en faire un instrument démocratique pour l'ensemble de la société où ses dirigeants sont élus au suffrage universel  et révocables par le peuple, où armée et police  ne sont plus au service de la répression anti-ouvrière mais  au service du peuple et contrôlés par lui, où l'éducation est rendue totalement gratuite pour tous et libérée de l'ingérence des religions et de l'Etat, où l'unité nationale repose sur le pouvoir des citoyens dans chaque commune, où les magistrats sont élus et révocables, ou encore des étrangers peuvent être élus pour exercer des responsabilités.  Il montre concrètement l'exemple de la Commune de Paris qui a effectivement pris de telles décisions et créa de ce fait le premier état prolétarien de l'histoire. Il montre fort justement que la grande bourgeoisie ne pouvait laisser faire cette expérience qui remettait en cause totalement son pouvoir et que c'est pour cela qu'elle n'hésita pas à massacrer le peuple de Paris en éxécutant 30.000 personnes en une semaine, en en arrêtant plusieurs dizaines de milliers et en en déportant des milliers dans les colonies.

Mais Marx n'en tire pas la conclusion qu'il est impossible de vaincre. Il prend la Commune de Paris comme une première tentative du prolétariat de construire la nouvelle société et comme un exemple pour tous les prolétaires du monde pour que la révolution qui se prépare avec le développement du capitalisme devienne l'affaire des peuples et soit conduite démocratiquement par eux d'où la nécessité impérieuse que les prolétaires connaissent leur histoire et élèvent leur conscience de classe par la pratique de la lutte politique.

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