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Citoyens en mouvement

Pour la démocratie et la République sociale, blog du Manifeste "Citoyens en mouvement" blog créé le 10 mai 2006

Pas de culture sans efforts !

Je n'ai jamais supporté le populisme culturel, voire l'ouvriérisme. Pour moi il n' y a de bonne politique culturelle que lorsque le peuple dans sa diversité peut avoir accès à l'excellence et  s'exercer à la création.

Cela nécessite des efforts, beaucoup d'efforts. Davantage pour les enfants des prolétaires que pour la progéniture de la bourgeoisie tout simplement parce que les conditions sociales sont des handicaps pour les uns et des atouts pour les autres. Cependant je ne supporte pas non plus les discours qui excuseraient la médiocrité parce qu'elle viendrait des fils du peuple. La médiocrité est blâmable d'où qu'elle vienne et il appartient à notre République d'être exigeante envers tous ses enfants. De même les parents, les maîtres, les éducateurs se doivent d'être exigeants à la fois pour eux-mêmes que  pour la jeune génération. Comme disait Paul Valéry "Les esprits valent selon ce qu'ils exigent. Je vaux ce que je veux".

Il est pourtant bien affligeant de voir des personnes affublées de titres ronflants, à qui ont été confiées des responsabilités dans des domaines éducatifs ou culturels ou tout simplement dans la conduite de la chose publique, qui commettent un massacre de la langue à longueur d'écrits ou de discours ! Certes la perfection n'existe pas, et nos erreurs sont  d'excellentes pédagogues à condition de savoir en tirer des enseignements. Mais que dire de ces  auteurs satisfaits, non contents de véhiculer des fadaises insipides sur leur blog, qui osent vous parler de culture,  pour certains qui ont en charge "la Culture" et qui ne font pas l'effort d'une relecture de leurs textes.

Il est désolant de lire de ces mêmes personnes des inepties sur le marxisme dont elles n'ont qu'une connaissance de comptoir et qui seraient bien incapables, en raison de leurs préjugés, d'en saisir la quintessence dialectique qui en fait l'une des théories les plus subtiles de notre époque contrairement à ce qu'en dit l'idéologie dominante !

Il est navrant d'entendre certains, qu'on aurait cru plus finauds, sortir à votre endroit  des galéjades d'un autre temps : "Ah tu es communiste, tu as des accointances avec Gazprom ?" pensant qu'ils vont déclencher dans l'assitance l'hilarité générale !

Picasso, Eluard, Aragon, Althusser, Lefebvre, de grands intellectuels et des gens moins connus mais dont la pensée fut brillante furent aussi communistes. J'en ai connus qui avaient cette élégance de ne jamais froisser les autres par des blagues de mauvais goût et qui de surcroît possédaient cette  finesse délicieuse de pratiquer une quotidienne  courtoisie. On est loin des vils affrontements politiciens dont notre assemblée communale fut dernièrement le triste théâtre !

Oui, je connais  des gens bien plus modestes et plus passionnants que certains membres de notre nomenklatura locale. Ils n'ont jamais eu la chance de suivre des études universitaires mais ils connaissent  outre les règles de nos participes passés, celles de la bienséance.  Parmi ces gens-là il y a des ouvriers, dont l'expérience sociale a été leur école et leur volonté leur guide.
Je connais des gens comme cela qui ne vous rappellent pas à longueur de journée qu'ils sont élus-machins ou qu'ils viennent de Sciences-Po. Ils ont l'humilité de la grandeur, leur modestie force le respect.

Ils ont eu le courage malgré les embûches et les obstacles de la vie, d'engager les efforts sans lesquels il n'y aura jamais de conquête de la liberté.

 Enfin, je n'aimerai jamais cette suffisance de certains membres  de la bourgeoisie, qu'ils soient de droite ou qu'ils se disent de gauche, lesquels regardent avec condescendance les gens modestes, montrant par quelques gestes ou attitudes leur dédain de ceux qui n'ont  rien.
A ces gougnafiers du fric, la vie  infligera la plus magistrale des corrections, car notre peuple saura reconnaître les siens quand l'heure révolutionnaire sera venue. Il y a des blesssures qui sont pires que celles des coups donnés, ce sont celles déchirant la dignité.

Jean-Paul LEGRAND



Illustration  : portrait de Henri Lefebvre, philosophe marxiste et intellectuel communiste."Ce que beaucoup de gens prennent pour une période bien définie, fin de ceci ou de cela (du capitalisme, de la pauvreté, de l’histoire, de l’art, etc.), ou bien pour l’installation de quelque chose de définitif (équilibre, système, etc.) ne se conçoit que comme transition" .

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