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Citoyens en mouvement

Politique, culture, éducation, formation pour la vie démocratique - blog créé le 10 mai 2006

Communisme

La digue cèdera !

J'ai eu l'occasion de dire ici ce que je pensais de "la recomposition de la gauche". C'est une opération politique de plus, sans grande portée pour les intérêts  populaires. Pourquoi ? Tout simplement parce que les forces qui entendent y participer renoncent à reconnaître la réalité de la lutte des classes et ont décidé qu'il n'y avait pas d'autre horizon que celui du "marché".
 
 Il y aura toujours en politique des gens qui se penseront investis du pouvoir de penser pour les autres, qui vendront leur esprit critique pour un poste, qui se prostitueront pour quelques places auprès de mieux placés qu'eux dans la hiérarchie du pouvoir. Beaucoup de gens ont compris comment tout cela fonctionne et ils sont conscients que ces politiciens de droite comme de gauche sont à mille lieues des préoccupations réelles des citoyens. 
 
Rien n'est plus ridicule pour un parti de faire de grandiloquentes déclarations sur le socialisme et en définitive de soutenir le capitalisme dans des actes très concrets, comme de s'abstenir face à des mesures criminelles contre le droit du travail, lesquelles vont conduire à un recul social sans précédent.
 
Alors, me dit-on, tu les mets tous dans le même sac ? Non pas du tout, autant il est compréhensible que les politiciens de droite ont tout naturellement la tâche de promouvoir le capitalisme, autant il est nécesssaire de démasquer la duplicité de tant de politiciens de gauche qui  récupèrent les aspirations socialistes  pour renoncer en définitive à combattre résolument le capitalisme. Toute l'histoire de la gauche de ces dernières décennies a été traversée par cette problématique.
 
"Alors en fait tu es un vieux stalinien, tu refuses l'évidence et la modernité, tu refuses d'accepter l'évidence : le capitalisme est indépassable, il faut le réguler, limiter sa nocivité" me disent certains. Non pas du tout, je ne suis pas stalinien, je suis communiste !. Je suggère simplement d'analyser la réalité de l'évolution des forces productives car c'est là que réside l'avenir du communisme, ce n'est pas une invention de mon cerveau : c'est la réalité en mouvement à laquelle se confronte la conscience des hommes, une réalité qui a ses exigences : concentration gigantesque de la production dans des unités qui sont des villes à elles seules, augmentation colossale de la productivité, accélération des échanges, prédominance de la finance, migrations humaines sans précédent, employabilité immédiate de centaines de millions  d'hommes, harmonisation mondiale du droit du commerce, utilisation des nouvelles technologies dernier cri pour les transactions, phénomènes où tout est conçu pour augmenter l'accumulation du capital afin de rémunérer au mieux celui-ci.  Toute cette révolution se fait au prix de sacrifices humains et écologiques jamais atteints dans l'histoire de l'humanité, des centaines de millions de victimes de la pauvreté, du chômage, de la précarité dont le nombre croît chaque jour beaucoup plus vite que celui des riches qui profitent du système justement sur la base de l'inégalité, intrinsèque au capitalisme. Cette paupérisation grandissante relativement aux richesses créées est la preuve que le capitalisme n'est pas le système qui peut donner une perspective de développement juste et durable à l'humanité.
 
"Alors tu veux nous rejouer le communisme avec prise du pouvoir par  le parti pour imposer aux capitalistes l'étatisation de la société ? Mais ça on a dejà vu ce que ça a donné en Union soviétique, alors non merci !" Non pas du tout, je ne propose pas de rejouer ce très mauvais scénario qui a démoralisé tout le mouvement ouvrier et révolutionnaire et de surcroît a fait tant de victimes, en premier lieu les révolutionnaires eux-mêmes ! Je propose d'essayer la démocratie poussée au plus loin, c'est à dire de permettre à chacun  et de façon définie par la loi, le droit d'apporter son expérience, son opinion, ses propositions sur tous les choix qui se font dans la société tant dans les entreprises que dans les institutions. Plus de domaine réservé à quiconque, obligation pour l'Etat de créer toutes les conditions pratiques de la participation des citoyens à la réflexion, l'élaboration, la mise en oeuvre et l'évaluation des projets. Droit à la formation et à l'éducation permanente en vue de cette citoyenneté moderne. Ne serait-ce prendre que quelques mesures en ce sens et le moteur de la révolution politique se mettra en marche parce que tout pousse à cela : l'affirmation de la créativité individuelle dans la stimulation coopérative pour résoudre les problèmes, répondre aux défis de notre temps. Il faut donc libérer la politique de son cadre surrané et faire confiance à l'initiative populaire en lui donnant les moyens de s'éclore et de se développer comme un objectif politique fondamental. Evidemment ce programme est insupportable pour tous ceux qui dirigent aujourd'hui la société et les entreprises, dont beaucoup sont convaincus que leur position dominante leur donne la légitimité d'être porteur de la science infuse. On a connu et il en existe encore, des souverains qui se pensent Dieu sur terre. Le dernier en date, cela ne lui a pas réussi, vient d'être détrôné au Népal. La tentation permanente du pouvoir fait perdre l'humilité, la modestie et l'empathie que l'on devrait  à tout être humain. Elle conduit à la reproduction de rapports  dominants-dominés structurés par la nature même de la lutte de classes.
 
"Alors tu penses vraiment que les gens sont capables de s'engager dans ton projet ? C'est peut être un peu trop utopique non ?" Je ne pense pas qu'il s'agisse de mon projet. Je n'ai rien inventé. Je crois pour écouter ce qui se dit autour de moi que cela correspond à une aspiration profonde des gens. Mais la plupart de nos concitoyens sont en souffrance non seulement à cause du chômage, de la vie chère, de la crise du logement, de la précarité, je crois qu'ils le sont aussi et surtout parce qu'on ne les considère pas à la hauteur de ce qu'ils méritent, parce qu'on ne les écoute pas, ou parce qu'on fait semblant de les écouter pour mieux leur confisquer le pouvoir.
Mais le moment se rapproche où la digue cédera, et le flot des exigences retenues se déversera sur toute la société. C'est là que réside l'avenir du communisme, bien loin de toute recomposition de la gauche. Telle est mon opinion, bien loin, elle aussi des tractations politiciennes, de positionnement derrière tel ou tel dirigeant ou tendance. Je suis un communiste indépendant de tout pouvoir parce que je suis d'abord un homme libre !
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