| Juillet 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
Pas de parti guide, mais un rapport autogestionnaire de la relation parti-peuple
Suite à mon article paru le 20 avril dernier sur Bellaciao, des commentaires m’amènent à préciser ma conception du Parti révolutionnaire.
Je rejette la notion de parti-guide qui fait davantage référence à un modèle classique de la politique dans lequel le parti serait "la tête pensante" et le peuple "l’éxécutant". On sait à quelles dérives gravissimes cela a conduit. Cette conception relève davantage des vieilleries idéologiques de la société de classe qu’il nous faut combattre. Doit-on en conclure par conséquent qu’il ne faut plus de parti ? Non.
Alors pourquoi ?
Les défis auxquels l’Humanité est confrontée sont tels qu’il y a un besoin urgentissime de passer à un degré de civilisation supérieure sous peine d’une régression extrêmement brutale, d’une cyber-barbarie, d’un retour en arrière sur tous les plans : politiques, économiques, démographiques, environnementaux, etc...Pour que ce "bond en avant" vers une civilisation du développement humain puisse s’opérer, des milliards d’individus doivent prendre conscience que leurs actes et leurs actions peuvent modifier le "cours de l’histoire. Mais pour en prendre conscience, leurs rapports sociaux doivent se dégager de conceptions anciennes pour rechercher par la lutte des conceptions nouvelles qui relèvent elles-mêmes d’une pratique nouvelle de la politique.
La conscience du mouvement réel de la société ne nait pas spontanément dans le cerveau des hommes, pour que cette conscience se construise il est nécessaire que la pratique sociale soit critiquée (au sens d’exercice de l’esprit critique) et théorisée par le plus grand nombre.
Pour moi, il n’y a pas de parti guide, mais une relation dialectique entre parti et peuple qui doit se construire. En quelque sorte une autogestion populaire de la lutte dans laquelle le parti est l’émanation théorico-pratique du mouvement pour anticiper, imaginer et créer des hypothèses et des perspectives de transformation. Le parti en retour met à disposition du peuple ses idées anticipatrices non comme des dogmes ou des vérités révélées mais comme des moyens pour inventer des pratiques se dégageant des modèles dominants et suscitant la créativité.
Le parti doit devenir l’organisation "réfléchissant" le meilleur des idées progressistes et des expériences de lutte du mouvement populaire, la référence politique du mouvement et pour cela il doit effectivement être comme un poisson dans l’eau au sein du peuple.
J’écrivais dans mon précédent article : "Le parti révolutionnaire doit devenir tellement attractif qu’il doit réussir à supplanter l’isolement opéré par l’utilisation capitaliste des médias et en particulier de la télévision. A notre époque, le parti révolutionnaire doit devenir un lieu où le développement et l’enrichissement culturel de ses membres devienne sur une base internationaliste l’une des priorités fondamentales de son action afin en retour d’irriguer la société de ces rapports riches en coopération, inventivité, créativité sociale et politique".
Par conséquent pour être au sein du peuple comme un poisson dans l’eau, le parti révolutionnaire doit en permanence être un laboratoire à la disposition du peuple c’est à dire un lieu où les gens peuvent en totale liberté anticiper et exercer leurs expériences de luttes micro-sociales à l’échelle de leur quartiers, de leurs communes dans le but de les partager avec d’autres et de les faire devenir opérantes en France, en Europe et dans le Monde pour généraliser la lutte révolutionnaire à l’échelle planétaire. Le parti a donc vocation à dépasser ses dimensions locale et nationale pour devenir international non de façon administrative mais dans une pratique intégrant le rapport local-global des luttes révolutionnaires.
Jean-Paul LEGRAND
Commentaires