Jean-Paul LEGRAND

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  • : 12/05/2006
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  • : Politique
  • : 51 ans. Marié. 4 enfants. Maire-adjoint de Creil. Creillois depuis 1962. Diplômé en économie sociale/communication. Enseignant à Creil Plateau (1981-1991). Elu PCF de Creil et président du groupe communiste et républicain(1983-1995).Collaborateur de député(1991-1995). Actuellement Directeur de cabinet de Jean-Pierre Bosino, maire de Montataire. Passions : Voyages et rencontres internationales, Ecriture poétique, Histoire, Politique et Philosophie. creil-avenir@orange.fr
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Creil a besoin de son commerce de proximité !


commer--ants-001.JPG commer--ants-002.JPG



















Je suis déjà intervenu sur ce blog pour dire combien il était important de défendre le petit commerce et l'artisanat. Tout simplement parce que le commerce de proximité établit une relation humaine qui n'existe plus ou presque pas dans les grandes surfaces. La grande distribution capitaliste  est directement liée aux intérêts de la finance internationale, en cassant les prix sur certains produits, elle rattrape ses marges sur le reste et réalise d'énormes profits sans pour autant améliorer les conditions de travail de ses salariés, ni créer tous les emplois qui seraient nécessaires. Son seul souci est l'argent, comment essayer d'en gagner toujours plus en vendant des choses dont on pourrait se passer  pour beaucoup d'entre elles et qui sont hélas très souvent produites dans des conditions d'exploitation des travailleurs du monde qui sont inacceptables.En utilisant les méthodes marketing qui fichent les gens et les contrôlent sur leurs habitudes de consommation (carte électroniques de fidélité, cartes de crédits, etc...) Des choses produites sans respect des hommes, ni de la nature. En France, la grande distribution existe et fait partie de la vie quotidienne des gens, il ne s'agit pas d'être passéiste et de la condamner  mais nous devons exiger des capitalistes qui en profitent de payer les salariés du commerce au prix de leur travail, qu'ils  puissent avoir leur mot à dire, qu'ils soient correctement rémunérés et ne subissent pas le chantage des heures supplémentaires comme obligation pour essayer d'améliorer  chichement le revenu de chacun.

Les petits commerçants et artisans quant à eux ne doivent pas se décourager face au phénomène de la grande distribution,  ils ont tout intérêt à s'organiser. Se plaindre  tout seul dans son coin ne fera jamais avancer d'un iota les revendications. Le problème c'est que souvent l'individualisme l'emporte sur l'action collective. Il  n'est pas juste non plus de reporter toutes les causes des difficultés sur la municipalité. 

Alors que faire ? Pour Creil on ne peut que souhaiter que l'association des commerçants  soit plus forte, plus dynamique et plus unie. Le passé a laissé de mauvais souvenirs, des polémiques stériles, qui n'ont pas permis à l'ensemble des commerçants de faire progresser leur cause. Les prochains mois avec le débat  des municipales, la question du commerce local ne doit pas être reléguée aux oubliettes. Oui, il faut des commerçants et artisans qui se regroupent et se défendent. Pourquoi ? Parce qu'ils doivent se faire entendre  auprès des autorités, auprès de la municipalité, du Conseil régional, des chambres consulaires, mais aussi auprès des banques afin que ces dernières aident à l'insatallation de jeunes entrepreneurs et débloquent des crédits favorisant l'activité économique, et ce  à des taux intéressants ! Hélas la financiarisation capitaliste démontre de plus en plus l'adage "on ne prête qu'aux riches". Raison de plus pour ne pas laisser faire. Il faut que la municipalité réagisse et intervienne avec les commerçants auprès des banques et organismes financiers ainsi qu'auprès des divers fonds prévus pour le commerce et l'artisanat. Il faut se bousculer et être beaucoup plus dynamique sur ce terrain là !

La municipalité qui sera élue en mars 2008, devra parler franchement aux artisans et commerçants : "c'est tous ensemble qu'on s'en sortira, organisez vous, unissez vos talents et vos expériences, car les habitants vous apprécient et cela c'est une chance qu'il faut savoir saisir. En retour la municipalité devra aider l'association,  notamment en lançant des initiatives de promotion de notre commerce local en y associant la population, les associaitions,  nos commerçants et artisans. Mais aussi en consacrant du temps à des rencontres sur une véritable réflexion avec nos concitoyens sur l'équilibre entre les zones commerciales périphériques et le commerce de proximité. La zone Cora est devenue un géant où le côté humain et la relation sociale sont totalement exclus ! C'est le rôle d'une municipalité de limiter ce genre d'abus. La ville ne doit pas être obnubilée seulement par l'appât du gain que procure la taxe professionnelle, elle doit avoir une politique réfléchie du développement urbain !

Enfin un des aspects et non des moindres est celui du pouvoir d'achat des gens ! Une revalorisation générale des salaires et des pensions est urgente. Or le gouvernement ne parle que d'heures supplémentaires, alors que les gens sont au bout du rouleau, exploités, sous pression, crevés par des heures de travail et de transports ! Le capitalisme à fond c'est cela la politique de Sarkozy !

Je veux rendre hommage à nos commerçants de proximité. Je vous présente ci-dessus sur les photos, ma coiffeuse, Mme Boukhalfa et son assistante, au salon de la place St Médard et son voisin, Alex Massas qui vend des scooters et qui est vice-président de l'associaition des commerçants de Creil. 
Des commerçants sympas qui prennent le temps de vous parler, qui ont le souci du client et qui sont attachés à la vie de notre cité.
 

Commentaire

Je publie ci-dessous un commentaire de cet article que j'ai reçu le 18 octobre. J'en remercie son auteur qui apporte des éléments très intéressants à la réflexion.


J’estime que la municipalité a sa part de responsabilité sur les difficultés que rencontrent les commerçants du centre de ville de CREIL. Elle manqué de volontarisme et d’ambition pour pérenniser l’activité commerciale du centre ville.
 
D’autres communes, comme la ville de MONTATAIRE ont su faire preuve, d’intelligence de pragmatisme et de réalisme pour sauver le petit commerce du centre ville. L’exemple du restaurant place de la mairie qui avait été acheté à l’amiable pour ensuite installer un couple de gérant, moyennant un loyer, témoigne de la volonté et de l’engagement politique d’une municipalité  d’essayer de  maitriser l’environnement économique de sa ville. Comme quoi quand on a la compétence et le courage politique on peut essayer d’aider les ‘’petits commerces’’ du centre ville. 

Il existe d’ailleurs une loi permettant de mieux contrôler les implantations et les cessions de fonds artisanaux et commerciaux : C’est la loi du 2 août 2005 en faveur des PME qui ouvre la possibilité aux communes, dans certaines conditions, d’exercer un droit de préemption lors de la cession de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux. Un chapitre spécifique (art. L 214-1 et suivants) est créé dans le Code de l’urbanisme. Celui-ci permet à la collectivité de se substituer aux acquéreurs afin de rétrocéder le fonds ou le bail. L’objectif déclaré de ce dispositif est de permettre la sauvegarde du commerce de proximité en évitant la concentration d’enseignes franchisées et/ou la multiplicité de commerces de même nature dans les centres-villes., il est question « d’offrir au maire les moyens d’intervenir pour préserver le commerce de proximité » et « il ne s’agit pas de lui donner des moyens exceptionnels qui lui permettraient d’exercer un quelconque contrôle sur le développement de la commune, mais, au contraire, de le maîtriser et d’empêcher les commerces de proximité de péricliter.  Alors que seules les communes dotées d’un plan local d’urbanisme ou d’une carte communale peuvent légalement instaurer sur leur territoire un droit de préemption urbain, le nouveau droit de préemption de l’article L. 214-1 du Code de l’urbanisme concerne toutes les communes. Le nouvel article L. 214-1 du Code de l’urbanisme prévoit en effet que le conseil municipal peut « délimiter un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité » à l’intérieur duquel s’exercera ce droit de préemption sur « les cessions de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux ».   Ce périmètre de sauvegarde devant être instauré par une « délibération motivée », au regard des motifs légaux, sous contrôle du juge administratif, la motivation devra être précise et correspondre à une opération déterminée, bien localisée dans un périmètre où le commerce, l’artisanat et certaines de leurs offres sont confrontées à un danger patent de disparition.   Slts. ALL PACINO

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Commentaires

Je suis tout à fait d'accord avec vous pour cette défense et illustration du commerce et artisanat de centre ville. J'ai un peu peur quand je vois les propositions de la commission Attali pour la croissance : encore plus de pouvoirs pour les grandes surfaces : plus de libertés d'installation et plus de facilités pour écraser les producteurs. Quand vous dites je cite "C'est le rôle d'une municipalité de limiter ce genre d'abus. La ville ne doit pas être obnubilée seulement par l'appât du gain que procure la taxe professionnelle, elle doit avoir une politique réfléchie du développement urbain !", pourriez vous svp me rafraichir la mémoire et me rappeler la couleur politique de l'édile de Saint Maximin où est installé la zone Cora que vous dénigrez ;-) Cordialement.
Commentaire n° 1 posté par Philippe R le 13/10/2007 à 16h32
La zone Cora n'est pas une réussite même si il y a pire et son développement a bien entendu apporté beaucoup de taxe professionnelle à la commune de Saint Maximin que le maire et l'équipe municipale ont su bien utiliser. J'ai beaucoup d'amitié pour Serge Macudzinski qui est un maire proche des gens, qui défend les milieux populaires dans un sud de l'Oise que la bourgeoisie voudrait s'accaparer pour en faire sa chasse gardée. Par conséquent je ne lui jetterai pas la pierre, bien au contraire !. Ce qui ne veut pas dire que je partage toutes ses conceptions. Je pense que sur le développement de la zone Cora, la ville de St Maximin mais aussi la ville de Creil doivent sans doute rectifier le tir : il faut  limiter la croissance d'une zone qui est loin de correspondre  à développement urbain  et commercial équilibré sur l'ensemble de notre agglomération. Mais vous savez les affinités politiques ne sont pas des obstacles aux différences de vue, au pluralisme des pensées. Je peux avoir des divergences avec des élus communistes, pour l'essentiel on se retrouve sur le combat contre le capitalisme. Contrairement à certaines idées reçues, chez nous, il n'y a pas de petits soldats et chacun est libre d'exercer son esprit critique, je dirais même que c'est plutôt conseillé, car à chaque fois qu'on a oublié de l'exercer, on en a pâti ! C'est d'ailleurs pour cela que des hommes comme Macudzinski ou comme Bosino sont très appréciés car ils pensent par eux-mêmes, ils n'ont pas de modèles, ils sont pragmatiques sans négliger la théorie qui éclaire l'action dès qu'elle ne devient pas un dogme. Bref ce sont des citoyens parmi les citoyens auprès desquels chacun se sent à l'aise pour apporter sa réflexion, échanger, et s'enrichir de cette relation y compris quand il y a des désaccords. C'est cette forme de démocratie qui me plaît : le dialogue dans la différence et le respect qui ne soit pas réservé à une élite mais partagé par tous.
Réponse de Jean-Paul Legrand le 13/10/2007 à 19h16

J’estime que la municipalité a sa part de responsabilité sur les difficultés que rencontrent les commerçants du centre de ville de CREIL. Elle manqué de volontarisme et d’ambition pour pérenniser l’activité commerciale du centre ville. D’autres communes, comme la ville de MONTATAIRE ont su faire preuve, d’intelligence de pragmatisme et de réalisme pour sauver le petit commerce du centre ville. L’exemple du restaurant place de la mairie qui avait été acheté à l’amiable pour ensuite installer un couple de gérant, moyennant un loyer, témoigne de la volonté et de l’engagement politique d’une municipalité  d’essayer de  maitriser l’environnement économique de sa ville.

Comme quoi quand on a la compétence et le courage politique on peut essayer d’aider les ‘’petits commerces’’ du centre ville.

Il existe d’ailleurs une loi permettant de mieux contrôler les implantations et les cessions de fonds artisanaux et commerciaux :

C’est la loi du 2 août 2005 en faveur des PME qui ouvre la possibilité aux communes, dans certaines conditions, d’exercer un droit de préemption lors de la cession de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux. Un chapitre spécifique (art. L 214-1 et suivants) est créé dans le Code de l’urbanisme. Celui-ci permet à la collectivité de se substituer aux acquéreurs afin de rétrocéder le fonds ou le bail. L’objectif déclaré de ce dispositif est de permettre la sauvegarde du commerce de proximité en évitant la concentration d’enseignes franchisées et/ou la multiplicité de commerces de même nature dans les centres-villes., il est question « d’offrir au maire les moyens d’intervenir pour préserver le commerce de proximité » et « il ne s’agit pas de lui donner des moyens exceptionnels qui lui permettraient d’exercer un quelconque contrôle sur le développement de la commune, mais, au contraire, de le maîtriser et d’empêcher les commerces de proximité de péricliter.

 Alors que seules les communes dotées d’un plan local d’urbanisme ou d’une carte communale peuvent légalement instaurer sur leur territoire un droit de préemption urbain, le nouveau droit de préemption de l’article L. 214-1 du Code de l’urbanisme concerne toutes les communes. Le nouvel article L. 214-1 du Code de l’urbanisme prévoit en effet que le conseil municipal peut « délimiter un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité » à l’intérieur duquel s’exercera ce droit de préemption sur « les cessions de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux ».

  Ce périmètre de sauvegarde devant être instauré par une « délibération motivée », au regard des motifs légaux, sous contrôle du juge administratif, la motivation devra être précise et correspondre à une opération déterminée, bien localisée dans un périmètre où le commerce, l’artisanat et certaines de leurs offres sont confrontées à un danger patent de disparition.

 

Slts.

ALL PACINO

Commentaire n° 2 posté par ALL PACINO le 17/10/2007 à 23h10
Je vous remercie pour la qualité et la pertinence de votre commentaire qui aidera chacun qui se sent concerné à la réflexion et à l'action.

Jean-Paul Legrand
Réponse de Jean-Paul Legrand le 18/10/2007 à 00h04

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