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Citoyens en mouvement

Pour la démocratie et la République sociale, blog du Manifeste "Citoyens en mouvement" blog créé le 10 mai 2006

Défense des libertés

Bravo aux maires qui défendent l'honneur de la France !

jpb_march__creil_5.jpgInterview - Jean-Pierre Bosino, maire PCF de Montataire s'indigne sur LCI.fr, de la pression exercée par les préfets pour atteindre les quotas d'expulsions.
Il continuera d'aider les sans-papiers, "c'est une question d'honneur".

LCI.fr : Que pensez-vous de la nouvelle réunion organisée mercredi par Brice Hortefeux avec les 20 préfets qui n'ont pas atteint leur quota d'expulsion de sans-papiers ?
Jean-Pierre Bosino, maire communiste de Montataire, dans l'Oise : C'est dans la continuité de ce qui se passe depuis déjà quelques années, à savoir que l'on essaie de nous faire croire qu'en expulsant à tour de bras on va régler les problèmes de notre pays. C'est parfaitement scandaleux. Tout comme est scandaleuse la méthode employée par le gouvernement en convoquant des préfets pour leur dire "il faut expulser plus encore" ! Je ne veux pas faire de comparaison trop caricaturale ni outrancière mais quand même, je ne peux pas m'empêcher de penser à ce que faisaient les gouvernements et les préfets de l'époque 1940-44, même si la destination finale n'était pas la même.
 
LCI.fr : Le préfet de l'Oise n'était pas convoqué à cette réunion...
J-P.B. : Evidemment ! Ça doit être un bon élève, puisqu'il nous a même écrit pour nous menacer. C'est certainement le premier de la classe même.
 
LCI.fr : Quand avez-vous reçu ce courrier et que disait-il ?
J-P.B. : A mon retour de congés en juillet, j'ai effectivement découvert un courrier du préfet de l'Oise, qui me disait qu'en parrainant des sans-papiers je pouvais tomber sous le coup de sanctions pénales pour l'aide au séjour irrégulier d'étranger. Heureusement que j'étais bien assis. De toute façon, peu importe, s'il veut me poursuivre et me mettre en prison, qu'il le fasse ! Avec trois autres maires (ndlr : Creil, Montiers, Villers-St-Paul), présents en août, et qui avaient eux- aussi fait des parrainages, nous avons fait une réponse au préfet dans laquelle nous avons redit qu'il n'est pas acceptable que l'on soit menacés alors que d'après la Déclaration des Droits l'Homme, nous devons protection aux personnes menacées dans leur vie. C'est toute l'histoire de notre pays.
 
LCI.fr : Les préfets se plaignent du manque de collaborations de certains maires, dont vous faites partie, pour trouver les sans-papiers ?
J-P.B. : Mais c'est tout à l'honneur des élus et des citoyens mobilisés que d'empêcher ces expulsions. C'est l'honneur de la France qui est en jeu. C'est très bien qu'ils aient des difficultés et n'arrivent pas à expulser comme ils le souhaitent.
 
LCI.fr : Vous-même, avez-vous parrainé des sans-papiers ?
J-P.B. : Nous avons parrainé trois femmes originaires d'Angola, ainsi que tous leurs enfants. Elles étaient arrivées dans un foyer Aftam (ndlr : Association d'aide et d'accompagnement pour l'hébergement, l'insertion sociale et l'accueil médico-social des travailleurs migrants, demandeurs d'asiles...). Quand elles ont été déboutées de leur demande d'asile, l'Aftam a voulu les jeter à la rue, le préfet les attendant bien évidemment à la sortie pour les expulser. C'est à partir de là que la municipalité a décidé de les parrainer. On a fait une cérémonie officielle dans la salle du conseil municipal. Nous avons pris ces trois familles sous notre protection. Et aujourd'hui, pour la petite histoire, elles sont toutes régularisées.
 
LCI.fr : Ne vous sentez-vous pas un peu seul ?
J-P. B. : C'est sûr qu'il y a des élus qui sont un peu frileux et qui sont malheureusement touchés par cette guerre idéologique qui vise à jouer sur des sentiments malsains de division des gens. Quand cela vient de Le Pen, on n'est pas surpris. Mais quand cela vient du président de la République et du gouvernement de la France, je trouve cela terrible. Les étrangers ne sont pas responsables de la souffrance des Français.
Je ne me sens pas seul car pour moi, ce combat est une question d'honneur. Jamais je ne me résignerais face à une menace comme celle-là. C'est d'ailleurs une tradition dans notre ville, puisque le maire de Montataire à l'époque de l'Algérie, avait été suspendu parce qu'il avait pris position contre cette guerre.
contre cette guerre.

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