Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 22:34

ABC-Vélo a ouvert son atelier

Une initiative présentée par  l'association AU5V

 

Apprendre à Bien Connaître son Vélo


Les ateliers sont des lieux d’apprentissage pour permettre à chacun de devenir vélonome dans sa pratique du vélo. Cet épanouissement dans la mécanique se veut coopératif et solidaire : chacun est invité à apprendre à d’autres comment entretenir ou réparer sa bicyclette.

L’activité des Ateliers Vélo se basent sur la revalorisation des vélos abandonnés et des pièces détachées. Les caves de nos villes regorgent de vélos depuis que l’automobile a pris une place dominante dans les rues.

Ainsi les cyclistes peuvent venir soit réparer leur vélo soit se monter leur propre vélo à partir de notre stock de pièces. Ils bénéficient pour cela, si nécessaire, de l’aide ou des conseils d’un mécanicien bénévole de l’association.


Agglomération du Bassin Creillois à Vélo


L’Association des Usagers du Vélo, des Véloroutes et Voies Vertes des Vallée de l’Oise comprend 250 adhérents dont une quarantaine pour son antenne locale de l’Agglomération Creilloise : ABC-Vélo. L’AU5V, oeuvre pour le développement de l'usage du vélo au quotidien et de loisir.

L’AU5V est Délégation Régionale pour la Picardie de l’AF3V / Association Française de développement des Véloroutes et Voies Vertes (http://af3v.org/). L’AU5V est également membre de la FUB / Fédération des Usagers de la Bicyclette (http://fubicy.org/). L’AU5V a engagé les démarches pour adhérer à l’Heureux Cyclage, réseau national des ateliers vélo (http://www.heureux-cyclage.org/).


Modalités Pratiques


L’atelier est situé 10 ter rue Ribot à Creil dans un garage situé en vis à vis de la friperie Emmaüs, elle même située en face de la CPAM.

Voir les informations sur le site del'AU5V (ci-dessous) 

Nos bénévoles, compétents en mécanique vélo, vous attendent pour vous aider à procéder aux réparations sur votre vélo. L’accès à l’atelier, à l’outillage et aux conseils est ouvert aux adhérents d’ABC-Vélo (adhésion à partir de 5€).


Renseignements

philippe.renard@au5v.fr - Représentant local AU5V
Antenne Agglomération Bassin Creillois Vélo (ABC Vélo) - http://www.au5v.fr/

 

Prochaines balades d'ABC-Vélo le 4 septembre. D'autres sont prévues en octobre et novemebre voir le calendrier sur le site.

 

(Source : site de la ville de Creil)


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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 22:29

Creil respire

 

creilrespire2011

 

Apprécions Creil autrement le temps d’une journée ! Sans voiture ni bruit de moteur, tous à pied ou à vélo dans les rues du centre-ville au gré des animations proposées par la mairie et les associations.

Rendez-vous dimanche 18 septembre de 11h à 18h pour une journée naturellement festive !


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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 00:58

Oui, ils ont fait la guerre pour le pétrole

 

Je publie ci dessous un article du Figaro qui est tout à fait éclairant. Sans autre commentaire que d'observer que le colonialisme perdure pour le plus grand profit de puissantes multinationales. La guerre est le massacre des gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. Ce sont toujours les peuples qui en sont les victimes. Le capitalisme porte la guerre en lui...La Paix pour devenir universelle doit se débarrasser de ce système inhumain.

 

 

 

24/08/11 21:25

Redistribution du pétrole libyen en vue

 

La chute du régime Kadhafi devrait contribuer à la reprise des exportations d’or noir du pays. Total et Eni pourraient en profiter. L’arrivée des nouvelles compagnies pétrolières est également attendue.

Avant la chute du «Guide de la Jamahiriya», la Libye produisait 1,6 million de barils de pétrole par jour (2% de la production mondiale). Le pays était le 17e producteur de pétrole dans le monde et troisième en Afrique. Le pétrole représentait plus de 95% des exportations du pays, dont 85% à destination de l’Europe. Le principal acheteur du pétrole libyen en 2010 était l’Italie (28%), suivi de la France, (15%), la Chine (11%), l’Allemagne (10%) et l’Espagne (10%). Les Etats-Unis ont acheté à peine 3% de l’or noir du pays.

La production de pétrole était partagée entre une dizaine de grandes compagnies pétrolières libyennes et 35 compagnies étrangères. Les compagnies libyennes, toutes contrôlées par le gouvernement de Kadhafi, étaient des filiales de la National Oil Corporation (NOC) (qui regroupe notamment Arabian Gulf Oil Company, Sirte Oil Company et Zawia Oil refining Company). La production de la NOC était estimée à 500.000 barils par jour. Selon les calculs du cabinet Evaluate Energy, près d’un quart des sites de production appartiendrait entièrement à la National Oil Corporation, et environ 35% seraient constitués de joint-ventures avec des entreprises étrangères (principalement avec Eni et Repsol).

Parmi les 35 compagnies internationales, c’est l’italien Eni, qui reste le plus important producteur pétrolier étranger avec 116.000 barils de pétrole par jour en 2010. La production journalière des autres compagnies pétrolières étrangères, notamment du français Total, l’américain ConocoPhilipps et l’espagnol Repsol-YPF variait l’année dernière entre 55.000 et 41.000 barils. Quant à la production de la société autrichienne OMV, qui est entrée au capital d’une vingtaine de sites pétroliers en Libye, elle atteignait en tout 33.000 barils de pétrole par jour en 2010.

 

Toutefois, la part de la production du pétrole en Libye variait en fonction des compagnies. Si pour Wintershall, elle représenterait plus de 70%, cette part tombait à 14% pour l’Eni et alors que pour Total, cette part ne représentait que 2,6%.

D’autres acteurs, principalement des compagnies pétrolières nationales, avec une production de brut moins importante, étaient également présents sur le sol libyen. Il s’agit notamment de la compagnie chinoise CNPC, des deux entreprises russes Gazprom Neft et Tatneft, et du norvégien Statoil. Selon les analystes, la raison de leur implantation en Libye était plutôt liée avec des projets de développement à long terme.


Total et Eni pressentis gagnants

Ces six mois de guerre civile ont porté sérieusement atteinte à l’industrie pétrolière libyenne, qui est tombée à moins de 100.000 barils par jour au mois de juillet. Mais avec la reprise du contrôle sur les régions orientales de la Lybie par les rebelles, l’Arabian Gulf Oil Company (AGOCO), basée à Benghazi, qui produisait près de 440.000 barils de pétrole par jour avant la chute de Kadhafi, a annoncé une reprise très prochaine des opérations. «Nous reprendrons les livraisons losrque la situation politique sera plus stable», précise le directeur-général de la compagnie Abdeldjalil Mayouf. «La production reprendrait peut-être d’ici à deux ou trois semaines après l’accalmie».

Les militants du Conseil national de transition (CNT) ont affirmé mener des pourparlers avec Eni, Total, Shell, BP et Occidental pour la reprise de la production dans le pays. Les analystes estiment que Total et Eni pourraient sortir gagnants de la redistribution des principaux sites de production du pétrole sous le nouveau régime. L’italien, dont les contrats de production pétrolière ont été conclus jusqu’en 2042, a annoncé lundi la reprise de ses activités en Libye et le retour de ses employés. D’autres compagnies «seraient en train d’attendre et d’essayer de déterminer qui dirige ce pays», a indiqué un consultant, interrogé par Reuters. D’autres producteurs, comme Shell, chercheraient à augmenter leur production en Libye lorsque la situation économique sera plus stable.

Les estimations de spécialistes du secteur quant à la reprise de la production du pétrole en Libye varient de quelques mois à un an. «Il n’est pas clair pour l’instant quelle sera la nouvelle politique de la compagnie nationale NOC, et il faudra attendre le retour de la main d’œuvre des pays voisins pour reconstruire l’infrastructure pétrolière détruite pendant la guerre», a indiqué dans un entretien au journal russe l’économiste de l’Institut des recherches sur l’énergie d’Oxford Willy Olsen. «Mais ce qui est sûr, c’est que les dépenses pour la resconstruction de l’infrastructure seront à la charge des pouvoirs libyens, mais aussi des compagnies pétrolières étrangères qui reviendront dans le pays».

Le CNT, qui pourrait, selon certaines sources donner le contrôle du secteur pétrolier à l’AGOCO, risque de se montrer méfiant à l’égard des compagnies de Russie, Chine ou Brésil, car les gouvernements de ces pays étaient opposés à la guerre contre le régime de Kadhafi. C’est alors que d’autres acteurs du secteur pétrolier auront la possibilité de s’implanter sur le sol libyen. Le pays africain pourrait ainsi ouvrir ses réserves à la société de négoce Vitol et Qatar Oil (la compagnie nationale du Qatar), qui a fourni une aide logistique pour l’exportation du pétrole libyen durant la guerre civile.


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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 11:57

Propagande officielle de l'Etat français

 

Beaucoup de citoyens pourraient penser que lorsqu'on est ministre de surcroît de la défense, on ne se permet pas d'annoncer des informations sans les avoir vérifiées.

 

Nous venons d'avoir un exemple fort intéressant de propagande tirée des propos même de M. Longuet, ministre de la défense.

 

Pour Gérard Longuet,  la victoire n'était pas "aboutie" ce mardi matin en Libye. Sauf que le ministre déclarait hier soir que "le régime Kadhafi était tombé"

 

Est-ce que ce monde est sérieux ?

 

Quand on est partisan de la guerre, voilà à quoi cela mène. Lamentable !

 


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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 16:14

La démocratie, ils s'en fichent, ce qui compte c'est le fric !

 

Nos dirigeants vont sans doute se réjouir du renversement du régime  Libyen pour lequel ils ont engagé nos forces armées aux côtés des forces de l'OTAN. Encore que pour le moment on ne sait pas exactement si ce régime est vraiment tombé ou si il s'agit d'effet d'annonces de la guerre psychologique qu'ils mènent puisqu'à l'heure où nous écrivons ces lignes   il ne semble pas que Khadafi ait été arrêté. Une certitude, ces gens des pouvoirs occidentaux n'ont que faire de la démocratie réelle, ce qui les motive c'est d'écraser tout régime qui s'oppose d'une manière ou d'une autre à leur conception néo-libérale, à leur impératif d'assurer une rentabilité du capital à la hauteur des exigences des puissants. Ils ne respectent la démocratie dans leurs propres pays, on se demande comment ils pourraient donc avoir la prétention de l'exporter.

 

Ils sont disqualifiés pour donner des leçons et leur piètre "philosophe" nommé BHL est vraiment une triste figure de la lugubre idéologie de leur fin de règne, une illustration de la dégénérescence de leur système . Non que les dirigeants des pays émergents soient  des saints, mais certains d'entre eux tentent ou on tenté de sortir du néo-libéralisme tout simplement parcequ'ils en savent les conséquences catastrophiques à plus ou moins long terme sur leurs propres pouvoirs, leurs peuples, leurs nations, leurs traditions, leurs cultures.


Les gens en ont assez de ces bouffons du capitalisme qui envoient nos soldats se faire tuer pour des causes qui n'ont rien à voir avec la démocratie et les valeurs républicaines. Le néo-colonialisme est une donnée fondamentale du capitalisme contemporain et il sera par son développement l'un des facteurs principaux de l'écroulement du système.

Ainsi quelque 76% des Français se déclarent opposés à l'intervention militaire française en Afghanistan, et une large majorité d'entre eux souhaite un retrait anticipé de ce pays, selon un sondage Ifop à paru dans  le quotidien L'Humanité.

 

Mais les dirigeants de tous les pouvoirs autoritaires ont toujours raison contre tout le monde, ils savent ce qui est bon pour les gens, à la place des gens et décident toujours seuls ou en comité restreint. L'histoire de ces trente dernières années a accumulé les exemples de cet autoritarisme généralisé sur la planète. Le hic, c'est que les peuples sont beaucoup plus cultivés qu'il y a encore 50 ans. Le hic c'est que les peuples communiquent entre eux et partagent leurs expériences. Le hic c'est qu'une nouvelle internationale est en train de naître dans laquelle le pouvoir des puissants commence à être sérieusement contesté. Le hic c'est qu'à fonder une économie sur la rentabilité financière du capital on détruit le dysnamisme du travail et on casse le facteur fondamental de toute richesse : l'intelligence et la force de travail humaines sont désormais inséparables de celles des machines. Le hic c'est que la synergie homme-machine à l'échelle de millions d'individus est en train de créer une contradiction insoutenable pour le système capitaliste et qu'il va droit vers son effondrement puisqu'incapable de répondre à ce formidable défi.

 

Alors comme dans toutes ses périodes de crise, la fuite en avant consiste à utiliser la guerre comme réponse alors que jamais l'Humanité n'avait autant eu les moyens d'inventer la Paix universelle.

 

La coopération des peuples et la liberté totale des individus seront les deux moyens principaux pour éradiquer le capitalisme de la planète et ouvrir une nouvelle ère.

 



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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 11:46

Evidemment

 

Evidemment qu'ils font la guerre pour leur pouvoir, pour l'argent, et qu'ils n'hésitent pas à tuer des milliers de gens. Il est temps de renverser tous les régimes qui fondent leur pouvoir sur celui de l'accumulation du capital qui nous mène dans le gouffre. La sale guerre menée en Libye ne résoudra aucun des problèmes des peuples de la région.

 

Le capitalisme porte la guerre en lui comme la nuée porte l'orage disait Jean-Jaurès. Cette vérité éclate au grand jour. Comment ceux qui méprisent nos libertés en France peuvent -ils prétendre les sauver ailleurs dans le monde ? Allez oust, il faut se préparer à les virer du pouvoir et des tous les leviers de décisions dans la société, tous ces politiciens de droite comme de "gauche" qui ne veulent pas voir pas que des forces immenses se préparent pour des transformations jamais connues dans l'histoire de l'Humanité ou qui les craignent à tel point qu'ils nous matraquent de leurs idéologies malsaines faites de haine, de racisme, de division, de concurrence et de violence.

 

Images de guerre, de désolation, de famine, de répression, images de ces pantins apeurés derrière leurs écrans leur annonçant la baisse de leurs actions, images de ces puissants condescendants et ne jurant que par le capitalisme qui s'entredéchirent pour que  leurs groupes d'intérêts puissent tirer leur épingle du jeu.

 

Les imbéciles n'ont toujours pas compris que leur monde est fichu, ils imaginent que leurs idées sont celles de la réalité alors qu'elles ne sont qu'un infime reflet de celle-ci. Le monde commence à leur échapper, leur argent par l'accumulation financière révèle sa valeur de fétiche totalement déprécié et ne représente qu'une domination criminelle de plus en plus contestée et pourrissante. Ce qu'ils n'ont toujours pas compris, les marxistes véritables l'ont mis en évidence depuis des lustres : la baisse tendancielle de leurs taux de profit est inéluctablement fatale.

 

Mais il ne suffit pas que leur monde pourrisse pour qu'un monde humain surgisse. L'intelligence humaine et la démocratie sont mises au défi de réussir et de construire une alternative. Cela passe par la lutte de chaque individu pour se libérer des aliénations actuelles et séculaires. Cela dépend de chacun de nous.


Soyons critiques, soyons indépendants, soyons autonomes, soyons libres de tous les pouvoirs ! Ne suivons aucun parti, aucun pouvoir sauf si celui si émane d'une construction démocratique réelle contrôlée par le peuple de A à Z et se donne comme principe la révocabilité des élus pour lutter contre leur bureaucratisation et leur corruption.

 

Vive l'esprit libertaire de nos ancêtres, vive l'esprit communiste des communards, préparons la prochaine insurrection démocratique dans tous les pays, ce que l'on peut nommer la révolution mondiale qui a commencé dans plusieurs nations, certes à l'état embryonnaire, mais qui donne des signes d'encouragement à tous ceux qui ont décidé d'en finir avec le capitalisme pour construire la démocratie.


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Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 09:46

Croissance du nombre de passsagers aériens

 

Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, il est nécessaire de considérer que le transport aérien en Fance et en Europe va connaître une croissance importante. De ce fait la proposition que je défendais durant les élections régionales de créer le 3ème aéroport international en Picardie conserve toute sa pertinence. Situé entre les deux métropoles Lille et Paris, le long de l'autouroute A1, non loin du futur canal Seine Nord, à la hauteur de Chaulnes, cet aéroport répondrait à la croissance de la demande et créerait des dizaines de milliers d'emplois. Je publie ci dessous quelques chiffres extraits du site du Cercle de la finance.

 

Aéroport de Paris a battu des records de trafic en juillet.

 

(CercleFinance.com) - Avec 8,9 millions de passagers accueillis, le mois de juillet 2011 constitue un record pour Aéroports de Paris dont le trafic est en augmentation de 4,6% par rapport au mois de juillet 2010, dont 6,1 millions à Paris-Charles de Gaulle (+4%) et 2,8 millions à Paris-Orly (+6%).

Le trafic international (hors Europe) croit de 2%, avec les faisceaux Afrique et Moyen-Orient qui diminuent tous deux de 5,1%, conséquence du contexte géopolitique encore défavorable dans ces régions.

Le trafic Europe (hors France) est en hausse de 7,5%, tiré par l'Espace Schengen qui progresse de 8,5%, et le trafic France progresse de 4,2%.

Le nombre de passagers en correspondance augmente de 5,3% et le taux de
correspondance s'élève à 20,5% contre 20,2% au mois de juillet 2010.

Depuis le début de l'année 2011, le trafic de passagers croît de 6,9% comparé à la même période de l'année précédente, et le nombre de passagers en correspondance augmente de 6,3%.
(...).

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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 09:54

Vers l'insurrection  ?

 

 

 

 

Je publie ci-dessous un article de Frédéric Lordon paru dans le monde diplomatique, économiste du Manifeste des économistes atterrés, sur la situation. Sa conclusion est la suivante : "Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré."

Je partage  ce point de vue, nous n'avons de salut que par une transformation politique et sociale radicale remettant en cause tous les pouvoirs  institutionnels actuels. Pour cela seule une intervention consciente et massive des citoyens en dehors de toutes les manipulations des organisations politiques et socio-economiques actuelles  comme  de leurs médias,  permettra de surmonter la crise du système capitaliste et de redonner du sens à l'activité humaine en l'orientant vers la satisfaction des besoins de l'immense majorité des individus.

 

Le commencement de la fin


Pareilles aux images aériennes du front de tsunami avançant inexorablement vers une côté japonaise dont le sort est scellé, le déploiement de la crise financière depuis trois ans donne une impression d’irrésistible fatalité, avec en prime cette sorte d’incrédulité un peu stupide de dirigeants qui croient encore pouvoir tout sauver quand tout est déjà compromis. Un choc de la magnitude de la crise dite « des subprime », crise dont on ne redira jamais assez qu’elle a été celle de la finance privée, était voué à produire, via le canal du crédit, une récession dont les conséquences sur les finances publiques s’annonçaient désastreuses.

Plus encore impliquées dans la détention de titres souverains qu’elles ne l’ont été dans les titres privés hypothécaires, un choc massif dans l’un puis l’autre compartiment menace de mettre à bas tout le système des institutions financières. A ceci près que la puissance publique qui était encore disponible pour ramasser les morceaux du premier accident sera par construction aux abonnés absents si le second vient à survenir – ce qu’il est en train de faire. Et l’on admirera au passage cet élégant jeu de chassés-croisés privé/public (le sinistre des banques sinistre les Etats qui menacent de (re)sinistrer les banques) et Etats-Unis/Europe (les subprime, par récession interposée, ruinent les Etats européens qui, par la crise des dettes publiques, ruineront en retour le système bancaire étasunien (juste après l’européen), soit métaphoriquement : Lehman-Grèce-Goldman – ou le charme absolu de la mondialisation et de ses interdépendances qui rapprochent les peuples (dans le même bac à mouscaille).

Quand les agences font de la politique Retour à la table des matières

Il n’est même pas certain que la dégradation de la note étasunienne ait suffi à produire le dessillement complet, mais quitte à ce que cette « fin » prenne encore quelque temps, on dira peut-être plus tard qu’elle aura trouvé ici son commencement symbolique. Standard & Poor’s pourrait donc bien avoir eu raison, mais pas du tout pour les raisons qu’elle imagine – probablement même exactement opposées à celles qu’elle allègue, non d’ailleurs sans difficulté pour les rendre présentables. A l’image de sa mise sous surveillance négative d’avril 2011, alors suivie en bon ordre par ses consœurs Moody’s et Fitch, il y a beau temps que les agences, en matière de notation souveraine, ne font plus d’analyse financière, mais bien de la politique. Tout au long du printemps, il s’agissait de mettre les pouvoirs publics étasuniens sous pression pour forcer la passation d’un compromis budgétaire (coextensif au relèvement du plafond de la dette). Pour avoir été finalement obtenu, mais in extremis et dans les pires conditions possibles, le résultat du Budget Control Act signé le 2 août n’a pas l’heur de plaire à Standard. Certes, l’agence s’emmêle un peu les crayons et, dans une première version de sa note, majore la dette à dix ans de 2 trillions de dollars puis, constatant son erreur, la déclare en fait négligeable et procède dans une deuxième version à un renversement souverainement ad hoc de son argumentaire pour expliquer que le problème n’est pas tant dans les chiffres que dans la situation politique étasunienne… C’était en fait déjà la raison avancée dans la note de mise sous surveillance négative d’avril dont le fond tient génériquement que le dissensus démocratique est un problème – et en effet : on ne sait pas à l’avance ce qui va en sortir ! A la vérité, ça n’est pas tant qu’on ne sache pas qui inquiète la finance que la possibilité qu’il sorte autre chose que ce qu’elle désire – un programme fermement anti-finance de marchés s’annoncerait-il comme issue certaine du débat démocratique, il y a tout lieu de croire que la finance n’aimerait pas cette certitude-.

Les Etats-Unis à leur tour dans la lessiveuse Retour à la table des matières

Et pourtant, aux boulettes à deux trillions près, Standard pourrait bien avoir raison – mais pas du tout comme elle croit. Signalons rapidement que sa place dans la structure générale de la finance libéralisée, au point focal de la production de l’opinion collective, la dote des moyens d’avoir plus probablement raison que le commun des agents, en fait même de se donner raison, puisque les effets qui suivent d’une telle dégradation à grand fracas sont tout à fait susceptibles, indépendamment du bien-fondé de la dégradation en question, d’entraîner une série de réactions parmi lesquelles les séquences : 1) dégradation → tension brutale sur les taux → renchérissement du coût de la dette → détérioration de la situation budgétaire et emballement de la dette → tension supplémentaire sur les taux, etc. ; et 2) dégradation → austérité forcée → récession → détérioration de la situation budgétaire et emballement de la dette → austérité renforcée, etc. – I told you so ! triomphe alors l’agence.

La Grèce, l’Irlande, le Portugal ont connu tour à tour ces enchaînements fatals par lesquels l’opinion financière transforme des situations parfaitement gérables en inextricables crises. Voilà maintenant que les Etats-Unis sont invités à prendre leur place dans la lessiveuse. Bien sûr, toutes choses égales par ailleurs, les taux étasuniens résisteront mieux et plus longtemps que les autres, car, par sa profondeur, ses volumes de transactions et sa liquidité, le marché des Treasuries reste le biotope de la finance mondiale – qui est sans doute très capable de détruire son propre habitat, mais seulement après avoir rompu avec d’anciennes habitudes et que se soient dissipés les effets d’hystérésis de la croyance dollar. Par une incohérence typique de la finance, la chute présente des marchés d’actions étasuniens, entraînée par le remous sur la dette publique, a encore pour effet… un mouvement de report vers les bons du Trésor US, l’actif toujours réputé « sans risque » alors même que la dégradation signifie explicitement qu’il ne l’est pas !

Si, toutes choses égales par ailleurs, la première séquence vicieuse (par les taux) s’activera plus tardivement que pour n’importe quel autre pays, la seconde (par l’austérité) est d’ores et déjà enclenchée. Car l’avis de Standard a pour effet de constituer la situation de la dette publique étasunienne comme problème, c’est-à-dire comme objet de préoccupation, désormais inscrit dans les têtes de la finance – dont on ne sort pas facilement –, matière à commentaire kilométrique et à surveillance permanente, par conséquent : entrée dans un régime tout autre que celui de benign neglect où la politique économique étasunienne a jusqu’ici trouvé ses marges de manœuvre. C’est précisément ce régime de focalisation de l’attention financière qui, dans la situation présente de récession, jette les politiques économiques dans de parfaites impasses en exigeant d’elles d’impossibles réductions de ratio de dette, et ceci par le simple fonctionnement mécanique de la logique démente voulant qu’une fois qu’un « problème » a été déclaré, fût-il imaginaire, alors il lui faut impérativement une solution – mais, elle, réelle. Ces réductions sont impossibles à obtenir en effet car l’environnement de récession et (surtout) de politiques d’austérité généralisées rend toute tentative d’ajustement budgétaire autodestructrice, comme l’ont déjà expérimenté les Grecs et comme le feront à leur tour tous les pays européens… Il y avait matière à s’étonner l’an dernier que les Anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni) fussent passés si facilement sous les écrans radars. Voici les Etats-Unis rattrapés, et le Royaume-Uni ne perd rien pour attendre, son tour viendra très vite.

Le chaos cognitif de la finance Retour à la table des matières

Avec le concours des décideurs publics, incapables de penser autrement, la finance se trouve alors plongée dans une situation de parfait chaos cognitif en exigeant des politiques d’ajustement draconiennes, dont elle observe rapidement les effets désastreux (il n’aura pas fallu un an pour que le contresens soit avéré à propos du cas grec), à quoi elle réagit en exigeant d’approfondir cela-même qu’elle voit échouer ! Aussi les différents locuteurs autorisés de la finance demandent-ils tout et son contraire : ils veulent la rigueur sans faille mais exigent le redémarrage de la croissance. Le dernier rapport du FMI consacré à l’économie britannique [1] est de ce point de vue éloquent qui s’alarme de ce que la croissance en plein effondrement rend très improbable d’atteindre les objectifs affichés, qui va même jusqu’à établir un lien possible entre cette improbabilité et la restriction forcenée que le pays s’impose (comme les autres)… pour finir par lui recommander de surtout bien se tenir à sa présente ligne de conduite et de n’en pas dévier ! Ce genre d’aberration cognitive va devenir monnaie courante et l’on verra de plus en plus l’opinion financière – agences, FMI, presse économique – osciller entre ces demandes contradictoires sans être capable d’en tirer la moindre synthèse.

Car si la contradiction patente entre politiques d’austérité et relance de la croissance (qui en fait peut seule stabiliser les ratios Dette/PIB) est en effet intordable instantanément, elle pourrait cependant être résolue intertemporellement, mais à la condition bien sûr d’être capable de projection dans un horizon de moyen terme – c’est-à-dire de patience. La stimulation coordonnée relancerait les économies, moyennant d’abord une dégradation consentie des déficits et des dettes, mais temporaire seulement dès lors que les recettes fiscales reviendraient et stabiliseraient (par le dénominateur) le ratio Dette/PIB. Cette dynamique réenclenchée, il y aurait alors matière à réduire progressivement le dispositif de relance. C’est bien cette trajectoire que l’administration Obama avait l’intention d’emprunter… jusqu’à ce que les Républicains s’emploient à faire tout ce qu’il fallait de bruit pour faire prendre consistance à un « problème de la dette » s’imposant dès lors à l’agenda du débat public et à la préoccupation des marchés.

Gageons que même sans les Républicains, la finance toute seule aurait fini par se saisir du « dossier » car voilà bien sa caractéristique principale : quoiqu’elle soit souvent complaisamment présentée comme l’art de la projection temporelle par excellence, la finance de marché est la plupart du temps incapable de moyen terme. Aussi imaginer pouvoir conduire un ajustement macroéconomique sous sa surveillance, sans tout lui accorder ou sans le secours de circonstances externes favorables, est-il un rêve de singe.

L’entrée des Etats-Unis, et bientôt du Royaume-Uni, dans le club en expansion rapide des pays « à problème » a alors pour effet, en détruisant l’incarnation de « l’actif sans risque », de signifier symboliquement qu’il n’y aura bientôt plus nulle part de refuge offert au flight to quality, c’est-à-dire plus d’extériorité – nowhere to hide, comme disent les Américains –, et ceci même s’il faut sans doute attendre encore quelque temps pour que l’impasse de politique économique dans laquelle la dégradation vient de jeter les Etats-Unis commence à produire ses effets, c’est-à-dire à détériorer le ratio de dette publique et à « prouver » que, oui, il y avait bien, il y a bien, un problème !

Le néolibéralisme,
régime du surendettement généralisé Retour à la table des matières

Maintenant que sont bruyamment signifiées, à propos du cas a priori le plus favorable, l’impossibilité de le régler dans un horizon de moyen terme et l’injonction sans appel d’aller se jeter dans l’impasse de l’austérité, la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler. C’est sous cette perspective qu’il est plus judicieux de reformuler le problème général de la dette – mais évidemment en de tout autres termes : la mondialisation néolibérale va périr par la dette parce que, à l’encontre de l’idée reçue qui le présente comme la raison économique même, le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé. Dette des ménages, dette des institutions financières, dettes des Etats : la dette globale a monstrueusement explosé en vingt ans de mondialisation dans la plupart des pays : de 220 à 500 points de PIB pour le Royaume-Uni entre 1990 et 2010, de 130 à 370 points de PIB pour l’Espagne, de 200 à 350 points de PIB pour la France, de 200 à 280 points de PIB pour les Etats-Unis [2]…

La dette des ménages explose parce que seul le crédit leur permet de rester à flot pour leur consommation courante quand leur revenu est sous compression constante, du fait de la concurrence par les coûts du libre-échange et de la pression actionnariale à la rentabilité financière. La dette des institutions financière explose pour mobiliser l’effet levier et propulser les ROE (Return on Equity, rendement des capitaux propres). La dette des Etats explose sous l’effet du choc récessionniste occasionné par la crise financière, expression parfaite des désordres mêmes du néolibéralisme [3], mais surtout, en moyenne période, sous l’effet de la contre-révolution fiscale, un autre de ses produits typiques [4], qui réduit la contribution du capital et des plus fortunés. Vient forcément un moment où cette divergence proportionnelle n’est plus soutenable et où il n’y a plus d’autre solution que des annulations massives – nous en sommes là.

Il y aura alors une période plus ou moins longue de décomposition chaotique avant que la finance, et les gouvernements, ne se rendent à cette solution. La dégradation des Etats-Unis en est l’un des éléments, qui signifie à terme la perte de l’ancrage-référence de tous les portefeuilles d’actifs. Incidemment, le simple fait que des titres de dette (quels qu’ils soient) aient pu être tenus pour « l’actif sans risque » en dit long sur la voracité de la finance et le déplacement de normes qui s’en est suivi. Car normalement, l’actif sans risque ne peut offrir autre chose qu’un rendement… nul. Fut un temps – antérieur à la déréglementation financière – où seul le cash pouvait être authentiquement considéré comme « actif sans risque » – et encore, compte non tenu des pertes de valeur réelle éventuellement impliquées par une détérioration inflationniste de la monnaie. Mais être protégé du risque sans rien gagner, c’était bien trop peu pour la finance et ses nouveaux appétits. Du rendement, mais à coup absolument sûr, voilà le désir qu’elle a formé et dont elle a investi certains titres particuliers. C’était méconnaître la possibilité toujours ouverte de conjonctures financières dans lesquelles la clé de voûte du système général de la liquidité peut être emportée à son tour, sans qu’un remplaçant indiscutable et capable de tenir le même rôle, à la même échelle, ait émergé pour prendre la suite. Tous les modèles de mesure du risque et de contrôle de la solvabilité bancaire supposent cette référence de l’actif sans risque, mais que se passe-t-il quand celui-ci fait défaut ? Vers quoi d’autre se tourner ?

Quoiqu’il grimpe à des sommets, l’or n’est en aucun cas un actif de portefeuille au sens plein du terme : il n’est pas dématérialisé (ça n’est pas le tout d’acheter de l’or, il faut bien le stocker quelque part !), son marché n’est pas liquide car les transactions s’accommodent moins facilement des lingots que des écritures électroniques, et en fin de compte l’or n’est qu’une rémanence de fétichisme métallique, la ruée dont il est l’objet devant être surtout tenue pour un indicateur de l’extrême désarroi des investisseurs.

Les autres titres souverains ayant conservé leur triple-A ? Mais aucun n’offre un marché d’une surface comparable à celui des Treasuries. Et surtout : caparaçonnée d’une impeccable logique, la finance est en train de raisonner que si les Etats-Unis, qui étaient la meilleure signature du monde, ont été dégradés, alors les autres, qui étaient moins bons, doivent nécessairement être révisés à leur tour… La grande revue de détail de tous les triple-A (enfin, ceux qui restent) s’annonce donc et il ne devra pas manquer un bouton de guêtre. Mais, à ce compte-là, le défilé promet d’être maigrelet. Le candidat le plus sérieux à la dégradation est évidemment la France. Depuis le lendemain (boursier) de la dégradation, la scie du commentaire financier s’acharne sur le spread des bons du Trésor contre le Bund allemand, et chaque point de base supplémentaire écartant le premier du second est salué avec des frissons d’horreur et de jubilation mêlées – oui, la France n’est pas très populaire auprès de la finance anglo-saxonne. Or le drame dans cette affaire c’est que lorsqu’on est dans le collimateur de la « préoccupation » de la finance, on n’en sort plus : avoir été constitué par elle en « problème », c’est être voué par elle à avoir des problèmes…

Fin de partie en Europe Retour à la table des matières

Dans le cas de la France, il faut bien reconnaître que cette construction n’est pas complètement dénuée de fondement. Car pour tous les remous survenus à la suite de la dégradation de la note étasunienne, il s’agirait de ne pas perdre de vue que, dans le paysage de la finance en implosion, la cause majeure demeure l’imbroglio européen. Dès l’origine, on pouvait identifier la malfaçon constitutive de l’EFSF (European Financial Stability Facility, le fonds de secours européen), qui consiste à fabriquer des surendettés futurs pour sauver les surendettés présents, quitte à croire aux propriétés magiques du bootstrapping à l’image du baron de Münchausen imaginant se sortir de la vase en tirant sur ses propres cheveux. Le vice congénital pouvait passer inaperçu tant qu’il s’agissait de secourir un petit nombre de « petits » pays et que la dilution de la contribution sur l’ensemble des participants à l’ESFS demeurait tolérable.

Mais d’abord, le nombre des petits pays a crû, certains comme la Grèce réclamant même un deuxième service, de sorte que le cumul des sommes à mobiliser a commencé à grossir. Et voilà surtout que s’annoncent deux sérieux candidats au bureau des pleurs : l’Espagne et l’Italie. Il est à craindre que le coup soit fatal pour l’EFSF qui enregistrera le choc des deux côtés de son bilan.

D’abord du côté de ses emplois, car le volume des opérations change d’un coup singulièrement de format. L’Espagne affiche un encours de dette souveraine de 638 milliards d’euros, et l’Italie de 1 840 milliards d’euros (données Eurostat, fin 2010), à comparer aux 328 milliards de la Grèce, 148 milliards de l’Irlande et 160 milliards du Portugal… et venant s’y ajouter ! Sachant que les plans « Grèce (1 et 2) », « Portugal » et « Irlande », représentent un engagement total de l’EFSF de 236 milliards d’euros [5], l’extrapolation à l’Espagne et à l’Italie du coefficient Concours EFSF / Dette publique calculé pour les trois précédents [6] aboutit à l’estimation (tout à fait grossière) d’un total d’engagement de l’EFSF de 1 150 milliards d’euros… The Economist, qui propose un autre calcul sur la base d’une hypothèse où l’EFSF aurait à couvrir les deux tiers des dettes maturant à l’échéance de 2015, arrive à une estimation d’environ 800 milliards d’euros [7] – toutes estimations à comparer à la capacité actuelle de l’EFSF de 250 milliards d’euros et à sa capacité rehaussée de 440 milliards d’euros (laquelle ne sera active que lorsqu’aura été satisfaite la condition de validation par tous les Etats-membres des décisions du sommet européen du 21 juillet 2011…).

La situation de l’EFSF n’est pas moins grave du côté de ses ressources. Car, par un délicieux effet de vases communicants, les entrants dans la colonne « à sauver » sont ipso facto des sortants de la colonne « sauveteurs » (garants). Le poids des garanties est alors à répartir entre ceux qui restent, et la clause initialement prévue par l’accord-cadre instituant l’EFSF selon laquelle toute sortie d’un contributeur se solderait par une réduction à due concurrence de l’enveloppe globale du fonds ne tient pas une seule seconde : il n’est question que de son insuffisance et de l’augmenter comme on peut. L’Espagne et l’Italie supposées passées du mauvais côté du guichet, ce sont évidemment l’Allemagne et la France qui apparaîtront pour les garants-en-chef [8], mais alors au prix de quelques inquiétudes quant aux dangereux cumuls d’engagements variés (liabilities) auxquels elles sont en train de se soumettre. Alors oui, la France doit déjà lutter pour conserver son triple-A envers et contre la progression de sa propre dette publique interne, mais que sera-ce quand, les défauts européens se succédant, les garanties seront appelées ?...

Or l’effet « collimateur-et-problème » n’est pas près de s’arrêter. Il l’est même d’autant moins que la gestion européenne de la crise depuis mars 2010 fait un parcours à peu près sans faute… de toutes les erreurs possibles à commettre. Juridisme (qui rend difficiles les décisions rapides – à l’image de la montée en puissance de l’EFSF qui devra attendre la rentrée), fractionnement décisionnel du fait du contexte institutionnel et intergouvernemental, et surtout divergences stratégiques profondes, d’où résultent conflits intestins, atermoiements et mauvais gré dans l’exécution. Ainsi l’ajustement des capacités de l’EFSF est-il l’objet d’une épuisante guerre de tranchées pour fléchir l’Allemagne. Mais le pire vient sans doute de la position de la BCE. On lui devait déjà l’invraisemblable psychodrame qui a précédé le sommet de juillet, lorsqu’il s’est agi de décider d’un second paquet grec et qu’elle s’est opposée autant qu’elle l’a pu à toute formule d’implication des créanciers. On lui doit maintenant ses hésitations à endiguer l’extension de la crise souveraine à des débiteurs, l’Espagne et l’Italie, dont on est au moins bien certain qu’ils feront sauter tout le dispositif européen si jamais ils viennent à tomber.

La Banque centrale en effet est la seule à pouvoir se mettre en travers d’une dynamique spéculative naissante, comme celle qui est déjà en train de prendre à parti les taux italiens et espagnols (belges également). Or on ne saurait davantage traîner les pieds que la BCE dans cette affaire-là, en faisant savoir qu’elle n’entendait offrir qu’une solution aussi transitoire que possible avant que l’EFSF « augmenté » soit en charge des opérations de rachats sur les marchés secondaires. Confier des opérations d’intervention et de soutien de cours à un fonds est pourtant le plus sûr moyen d’échouer, car, par définition, un fonds a des ressources limitées, incapables de faire face aux masses de capitaux mobilisables par la communauté des investisseurs, et qu’il s’en trouve bon nombre parmi ceux-ci qui n’ont pas d’autre idée que d’aller « tester » la capacité de l’« intervenant » et de l’amener aux limites. Seule une banque centrale, en tant qu’elle est capable de mobiliser des moyens par définition illimités, est capable d’intimider la spéculation qui sait dès le départ qu’elle n’en verra pas le bout. Le retard à intervenir, le contrecœur manifeste avec lequel elle le fait, et pour finir l’annonce de son retrait programmé : tout concourt à miner le rempart indécis élevé par la BCE pour protéger l’Espagne et l’Italie, comme si personne ne semblait avoir conscience parmi les décideurs européens que nous sommes pour ainsi dire à la dernière station avant l’autoroute – soit en parcourant de l’aval à l’amont les enchaînements prévisibles du désastre : que l’Italie et l’Espagne sautent et tout saute ; que la spéculation contre leurs dettes souveraines ait pris tant soit peu d’ampleur et elle sera inarrêtable ; que les « autorités européennes » ne fassent pas tout pour tuer la spéculation naissante et elle passera le seuil critique…

L’illusion du « miracle fédéraliste » Retour à la table des matières

Légèrement transpirants, les euro-réjouis, ceux-là mêmes qui ont répété pendant deux décennies que l’Europe n’avait rien de libéral, qu’elle était même le bouclier contre la mondialisation, que jamais main de l’homme n’avait produit construction institutionnelle si merveilleusement agencée, fondent leurs derniers espoirs d’éviter la ruine finale sur un miraculeux sursaut politique qui au tout dernier moment accoucherait enfin du « fédéralisme ». Mais cet espoir-là ne vaut pas mieux que tous ceux qui avaient précédé. Car le fédéralisme raisonnablement à portée de main politique sera encore très incomplet – le plus probablement consistera-t-il en la fusion des dettes publiques européennes, ou d’une part d’entre elles, en eurobonds communs et indifférenciés.

Mais c’est faire l’hypothèse héroïque que les marchés oublieraient instantanément que sous la surface commune des eurobonds se tient toujours une pluralité d’émetteurs d’inégales signatures. Les investisseurs savent encore faire la différence du tout et de ses parties, à plus forte raison quand le tout ne peut offrir qu’un degré d’intégration limité et demeure hautement composite. Aussi des eurobonds n’empêcheraient-ils nullement que les analystes continuent de guetter les déficits de la Grèce, du Portugal, de l’Italie, etc. Dira-t-on que les parties seront soumises à de rigoureuses règles encadrant leurs politiques économiques ? Mais c’est redécouvrir exactement l’actuel problème de la zone euro, qui s’est déjà dotée de telles règles… avec le succès que l’on sait. Voudra-t-on imposer d’irréfragables « règles d’or » à tous les Etats-membres ? Mais c’est oublier que, dans des circonstances telles qu’une crise financière géante, la « règle d’or » n’est que la forme constitutionnalisée de l’austérité autodestructrice. Quant à l’idée que l’inscription dans les textes sacrés vaudrait certitude granitique d’application, il suffit d’en parler aux Argentins, qui ont envoyé paître leur currency-board en 2002, tout constitutionnel qu’il fût, pour ne pas même évoquer les multiples offenses dont les traités européens sont déjà silencieusement l’objet.

Mais surtout : pour que le « saut fédéral » soit à la hauteur du problème, il faudrait bien davantage, et notamment une intégration si poussée qu’elle ne laisserait aux nations membres qu’une importance financière résiduelle, le poids relatif de l’Etat fédéral et des Etats fédérés basculant jusqu’à atteindre des proportions équivalentes à celle des Etats-Unis, ou de l’Espagne dans ses rapport avec ses régions – et encore : une possible déconfiture des munibonds, ces titres émis par les Etats et les collectivités locales des Etats-Unis, ne manquerait pas d’attirer l’attention sur l’alourdissement supplémentaire de la dette fédérale, de même que les déficits des régions sont en train de devenir un motif de préoccupation pour les investisseurs exposés aux titres souverains espagnols. Mais qui peut imaginer le surgissement d’un Etat fédéral européen pesant budgétairement autant que les Etats-membres réunis (comme aux Etats-Unis) avec tout ce qu’il appelle de progrès politiques : de vraies institutions politiques fédérales, la constitution d’une citoyenneté politique européenne unique, primant sur les citoyennetés « locales », etc., seules avancées capables de soutenir une politique financière commune ? Ou, plus exactement, qui peut imaginer que ce qu’il faut bien nommer par son nom : un authentique processus constituant, puisse survenir avant que nous ne finissions au milieu des ruines fumantes ?

Par où la sortie ?
Création monétaire et révolution institutionnelle ! Retour à la table des matières

Il faut s’y faire : les ruines fumantes, l’insuffisance générale des dynamiques politiques européennes, nous y conduit tout droit. Si l’Espagne et l’Italie basculent, adieu Berthe ! L’EFSF saute comme un bouchon de champagne, la spéculation se déchaîne contre toutes les dettes souveraines, plus aucun dispositif ne peut l’enrayer, une série de défauts importants devient quasi-certaine, les systèmes bancaires européens, puis étasunien, s’écroulent dans un fracas qui fera passer la chute de Lehman pour une animation d’ambiance. Rendu à cette extrémité, il n’y a plus qu’une voie de recours : on ne sortira de pareil effondrement que par une opération de création monétaire inouïe et tout ça se finira dans un océan de liquidités.

Incapables de faire face à leurs engagements de paiement interne, les Etats qui sont en déficit primaire se tourneront vers la banque centrale pour financer leur solde. Mais, sans même s’attarder à la lettre des traités, la BCE est-elle capable de répondre favorablement à une demande de ce genre ? Poser la question c’est y répondre. Tout l’habitus du banquier central européen s’y oppose. Dans ces conditions, les pays concernés reprendront barre sur leur banque centrale nationale, de fait extraite du SEBC (le Système Européen de Banques Centrales), pour lui faire émettre des euros en quantité ad hoc. A ce moment précis, constatant l’apparition dans la zone euro d’une source de création monétaire anarchique, affranchie des règles du SEBC, donc susceptible de mélanger ses euros impurs aux euros purs (et par là de les corrompre), l’Allemagne considérera que le point de l’intolérable a été atteint et, faute d’avoir les moyens d’exclure le(s) contrevenant(s) [9], jugera que sa propre conservation monétaire lui fait devoir de quitter les lieux. Fin du voyage pour l’euro, en tout cas dans sa forme originelle.

Mais la création monétaire massive sera également nécessaire pour ramasser les banques effondrées, puisque cette fois-ci, par construction, il ne faudra pas compter sur les bonnes grâces des finances publiques… Recapitalisation et garantie des diverses catégories de dépôts (sous un certain plafond, par là doté de bonnes propriétés de justice sociale : il y a des très riches qui vont beaucoup perdre…) se feront par émission monétaire.

La garantie des dépôts n’entraîne d’ailleurs pas nécessairement une création monétaire nette : s’agissant des dépôts à vue, elle viendrait simplement compenser la destruction monétaire qui suivrait de l’effondrement des banques et de la perte des encaisses en comptes courants. S’agissant des produits d’épargne, la garantie, si elle est crédible, n’a pas à être tirée : la banque n’était qu’un intermédiaire, si les comportements des déposants restent stables (comprendre : ne versent pas dans le run bancaire), il suffit d’attendre normalement l’arrivée à maturité des créances sur les débiteurs finaux (les agents à qui les fonds épargnés avaient été passés) pour que se débouclent toutes ces opérations sans qu’il soit besoin d’intervenir [10]. Quant aux recapitalisations bancaires, elles peuvent se faire par le truchement même des concours que la Banque centrale devrait de toute manière accorder aux banques privées pour les maintenir dans la liquidité : au lieu que ces concours prennent la forme usuelle de crédits, il consisteraient en avances non remboursables dont la contrepartie serait des titres de propriété, inscrits comme participation au bilan de la Banque centrale et comme fonds propres à celui des banques privées. Sous ces deux précisions, il en restera sans doute encore pour hurler au désastre de la création monétaire. On leur demande simplement d’essayer de se figurer la situation dans laquelle toutes les banques sont écroulées et les finances publiques définitivement incapables d’y remédier – puis de déclarer ce qu’ils auraient d’autre à proposer.

Par une ironie dont l’histoire a le secret, le néolibéralisme pourrait donc bien mourir par sa dénégation préférée : la dette – dont il n’a cessé de crier les dangers… quand tous ses mécanismes conduisaient à son emballement généralisé. La création monétaire massive n’est pas une perspective réjouissante en soi. Mais lorsqu’il ne reste plus qu’elle pour extraire un corps social du dernier degré de la ruine – et il ne faut pas douter que l’effondrement bancaire total nous ramènerait en quelques jours à l’âge de pierre –, lorsque, donc, il ne reste qu’elle, il ne faut ni en diminuer les possibilités ni en exagérer les périls.

Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré. A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité du tsunami évoqué en ouverture, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités… pour en tirer le meilleur parti : reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine [11], avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements [12] ; réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit [13] ; réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation [14]. Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.

Notes

[1] IMF Country Report n° 11/220 (PDF), juillet 2011.

[2] McKinsey Global Institute, « Debt and deleveraging. The global credit bubble and its economic consequences – updated research » (PDF), 2011.

[3] Voir Frédéric Lordon, Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, épilogue, Raisons d’agir, 2008.

[4] Voir sur ce blog « La dette publique, ou la reconquista des possédants », 26 mai 2010.

[5] 45 milliards pour l’Irlande, 52 milliards pour le Portugal, 80 milliards pour Grèce-1, 59 milliards pour Grèce-2 (qu’on estime grossièrement à partir du total du paquet Grèce-2 de 109 milliards dont on retranche les 28 milliards de recettes de privatisation, soit 81 milliards d’euros, auxquels on applique un « coefficient de participation » des institutions européennes égal à celui de Grèce-1 – ce dernier était de 80/110, les 30 résiduels étant pris en charge par le FMI).

[6] Ce coefficient moyenné sur la Grèce, le Portugal et l’Irlande est de (45 + 52 + 80 + 59)/636, soit 0,37.

[7] « Bazooka or peashooter », The Economist, 30 juillet 2011.

[8] Dans la configuration originelle de l’EFSF (mai 2010), elles portaient déjà respectivement 27% et 20% du total des garanties.

[9] Puisque, curieusement, le traité de l’UE ne contient aucune disposition permettant l’exclusion d’un Etat membre.

[10] Evidemment, il y aura création monétaire nette à concurrence de la part des épargnes ayant pour contrepartie le débiteur souverain puisque celui-ci aura fait défait sur sa dette.

[11] Et cela quelle que soit la circonscription territoriale de cette souveraineté. A propos de ce débat, voir sur ce blog « Qui a peur de la démondialisation ? », 13 juin 2011, et dans Le Monde diplomatique d’août, actuellement en kiosques, « La démondialisation et ses ennemis ».

[12] Voir sur ce blog « Au-delà de la Grèce : déficits, dettes et monnaie », 17 février 2010.

[13] Voir sur ce blog « Pour un système socialisé du crédit », 5 janvier 2009 (également in La Crise de trop, Fayard, Paris, 2009).

[14] Voir sur ce blog « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières », 23 avril 2008 (également in Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d’agir, Paris, 2008) ; et aussi « Si le G20 voulait... », 18 septembre 2009.


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Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 13:29

Gilles Seguin nous a quittés

 

J'apprends la mort de Gilles Seguin, conseiller municipal de Creil et ancien secrétaire de la fédération de l'Oise du Parti Socialiste.

Gilles Seguin faisait partie du groupe d'opposition municipale "Avec Creil pour tous". Il avait conduit la liste de son groupe  lors des élections municipales.

Malgré nos différences politiques, nos rapports ont toujours été francs et courtois. Je m'incline devant la mémoire d'un homme de conviction et adresse à sa famille comme à ses amis toutes mes sincères condoléances.


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Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 11:30

La parole à des habitants de la Roseraie

 

Il y a 3 ans, un reportage était réalisé pour donner la parole à des habitants de la Roseraie, co-propriété du plateau de Creil. C'est la quartier où  vivent la plupart de mes élèves. Ce petit film présente quelques images du quartier et permet à quelques habitants de donner leur opinion. Le souci de la municipalité et de la communauté est de veiller à ce que cette co-propriété puisse continuer à vivre sans dégradation, offrant une qualité de logement au niveau de ce qu'il est nécessaire aujourd'hui. La co-propriété et les pouvoirs publics travaillent donc en bonne intelligence pour le bien des habitants. Ainsi la municipalité a favorisé en concertation avec les habitants un travail pour le stationnement des véhicules utilitaires, très nombreux dans le quartier. Un espace a été ainsi dédié spécifiquement pour ces véhicules rue Gérard de Nerval. Cette co-propriété créee dans les  années 60 a toujours fonctionné avec son assemblée générale régulière et grâce à l'action des copropriétaires.

 

 


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Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 00:47

Mais qui donc nous a mis dans la m..... ?

 

Ils pleurent, ils rient comme des enfants qui font joujou avec le monde. Ils pleurent quand les bourses s'effondrent, ils rient quand elles remontent, mais en définitive c'est une vaste opération hold-up sur les peuples. Sous prétexte de payer la dette, les puissants de ce monde vont piller les richesses du monde, celles du travail, de l'intelligence et de la connaissance. Ils vont détruire les politiques d'investissement et de formation dans les êtres humains pour renflouer leurs caisses, pour faire face à la baisse tendencielle de leur taux de profit.

 

Il n'y a qu'une solution qui nous empêchera d'aller vers le pire, c'est le refus en masse de leur politique et la construction d'une alternative anti-capitaliste fondée sur la coopération et le travail.

 

Des gouvernements courageux à travers le monde tentent de s'opposer à l'iniquité du système. C'est le cas de celui de Rafel Correa en Equateur. Lisez ce que publie Nicolas Maury à ce propos :

 

Vendredi 12 août 2011

En 2006, le président équatorien Rafael Correa, fraîchement élu, fait savoir que les dettes de son pays auprès du FMI et de la Banque Mondiale ne seront pas entièrement remboursées

Comment l'Equateur a réglé le problème de la dette ?
La situation équatorienne en 2006 est en effet difficilement tenable : le remboursement de la dette représente 50% du budget national. Correa décide donc de la création d'une commission d'audit de la dette auprès du FMI, des dettes bilatérales et de la dette publique intérieure, devant analyser tous les contrats de prêt signés dans les trois dernières décennies. Après un an d'études, la commission conclut que la plus grosse partie de la dette équatorienne est illégitime, illégale et anticonstitutionnelle.

Le président déclare la cessation de paiement pour 40% de la dette extérieure équatorienne, et fait expulser du pays les représentants du FMI et la Banque Mondiale.

L'Equateur rachète ensuite en sous-main la quasi-totalité de sa dette, mais pour le quart de sa valeur. Le pays affiche aujourd'hui une croissance d'environ 4% depuis 2006.

Le cas équatorien est un exemple concluant d'un pays souverain se mettant en défaut de paiement non pas par nécessité mais par choix politique, considérant sa dette comme illégitime.
Nicolas Maury

http://www.wmaker.net/editoweb/nicolas_maury/Comment-l-Equateur-a-regle-le-probleme-de-la-dette_a4716.html


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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 19:24

Ils ont beau intervenir, le capital est boulimique et en veut toujours plus.

 

Mon analyse se confirme, malgré l'intervention de la BCE, les bourses européennes ont continué à chuter. C'est que même avec l'aide des pouvoirs publics les capitalistes n'en ont pas assez. La rentabilité du capital exige impérativement  la destruction des acquis sociaux, des services publics et  la liquidation de tout ce qui dans l'Etat s'apparenterait à une politique sociale et ce afin de financer la dette.

 

Beaucoup de politiciens ont pensé qu'une intervention de la BCE rassurerait "les marchés" comme ils disent. Or tout au contraire, les capitalistes à la faveur de cette crise ouvrent la boite de Pandore : puisque les Etats leur déroulent le tapis rouge et  financent leur spéculation, pourquoi n'en demanderaient -t-ils pas plus, toujours plus ?

 

On va certainement entendre dans les prochains jours, dans les médias, que nos dirigeants vont être "courageux" car ils vont devoir imposer des politiques terriblement anti-sociales et réprimer les besoins des gens avec l'éternel mensonge que c'est pour le bien des peuples.

 

Il y a urgence à  à renverser le système pour que l'argent devienne propriété sociale et utile au développement.

 


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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 10:27

Ils tentent de se rassurer

 

 Les puissants de la planète tentent de se rassurer en répétant que leur action va permettre que le système reparte de plus belle et permette une relance de la rentabilité du capital. Ils vont utiliser les réserves accumulées sur les peuples pour financer les pertes des capitalistes ce qui peut avoir un effet à court terme. Mais fondamentalement ce deuxième pic de crise après celui de 2008 n'est que le tout début d'un processus inhérent au mouvement du capital lui-même. Probablement que les dirigeants occidentaux se réjouiront du moindre indice de remontée des bourses et en feront immédiatement un objet de propagande internationale à travers leurs médias. Cependant la contradiction inhérente au capitalisme comme une rage de dent se manifestera de nouveau avec encore plus de force tout simplement parce qu'on ne peut pas bâtir une perspective durable sur les fondements de la spéculation financière. Et celle-ci est le moteur même du système. Tous les peuples du monde, tous les travailleurs de tous les pays, tous ceux qui tentent de survivre dans un monde qui pourrait largement subvenir à tous les besoins humains élémentaires, n'auront de salut qu'en se déconnectant idéologiquement de la domination des puissants et en s'organisant de manière solidaire et coopérative pour renverser leur système, pour en construire un autre basé sur la démocratie sociale, économique et politique. Sans ce mouvement planétaire des peuples, nous risquons de connaître partout du sang et des larmes.


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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 00:18

Nous vivons une crise profonde de tout le système

 


Quand on parle des marchés, il faut entendre le mot "capitalistes", car en fait ce sont des hommes et des femmes qui vendent et qui achètent de l'argent, des biens, des entreprises, de la force de travail et non pas le concept abstrait "des marchés".


Donc les "marchés" s'affolent, en fait les capitalistes s'affolent, pourquoi ?

Parce que leur système fondé sur l'accumulation financière du capital, s'emballe. Que les Etats qui jusqu'ici devaient garantir un taux de rémunération de l'argent des capitalistes ne sont mêmes plus capables eux-mêmes de rembourser leurs dettes à ces mêmes capitalistes. Ainsi les Etats-Unis viennent de voir leur note se dégrader, c'est à dire qu'ils perdent en crédibilité sur leur capacité de remboursement à leurs créanciers, ayant une dette phénoménale, la plus importante du monde.


Les Etats-Unis sont non seulement très endettés mais ne peuvent plus rembourser leur dette


Ainsi la plus grande puissance mondiale n'est seulement capable de rembourser de plus en plus difficilement  que les intérêts de ses dettes et le comble, c'est qu'elle le fait en empruntant.


Incapables de rembourser le capital principal, les Etats Unis sont à l'origine de l'une des plus grandes crises  jamais connues à l'échelle mondiale. Alors qu'il faudrait relancer la production, augmenter les salaires et embaucher des millions de personnes pour relancer l'économie productive, les dirigeants américains ont décidé de faire payer la dette par des sacrifices imposés à leur peuple et aux peuples du monde (46 millions d'Etats-Uniens vivent avec des bons alimentaires qu'ils risquent de perdre dans les prochains mois en raison de cette crise).

Le système passe donc dans une phase qui le met en cause directement et qui va créer de profonds  mécontentements chez la majorité des capitalistes qui vont perdre de l'argent et chez tous  les non-capitalistes  c'est à dire la majorité des peuples à qui la facture va être présentée.

 

Cela risque de générer des mouvements sociaux  très importants, avec des institutions comme les Etats et les syndicats qui pourraient être  être débordés par les masses, voire des émeutes insurectionnelles en certains endroits de la planète et peut-être la maturation de mouvements révolutionnaires se donnant pour objectif d'abattre le système et d'en créer un autre. C'est certainement la continuation d'une lente maturation des consciences qui pourrait cette fois-ci procéder à un bond qualitatif dans la recherche d'alternatives.


En tout état de cause, la perte de confiance dans le système de la part de milliers de capitalistes eux-mêmes se confirme puisque en une semaine, la Bourse de Francfort a chuté de 13%, celle de Londres de près de 10% et celle de Paris de près de 11%. A Wall Street, l'indice Dow Jones a cédé 5,75%, signant sa pire semaine depuis mars 2009.


Si parmi des dizaines de milliers de capitalistes à travers le monde  il y a encore l'illusion que les Etats-Unis vont s'en sortir financièrement, beaucoup néanmoins vont retirer leurs fonds dès lundi prochain à l'ouverture des bourses et n'accorderont qu'avec beaucoup d'exigence leurs crédits en augmentant les taux à des niveaux usuraires. Des milliers de capitalistes vont donc vendre leurs actifs évalués en dollars ce qui risque d' entrainer à travers le monde une cascade de dépréciation de biens avec ses conséquences sur l'emploi et la production qui vont souffrir terriblement de cette situation.


Réactions dans le monde


La Chine


La Chine, principal créancier des États-Unis, a  réagi avec vigueur à l'abaissement de la note de la dette publique américaine, exhortant Washington à limiter ses dépenses. Selon Radio-Canada "Le gouvernement chinois a estimé que cette première baisse de la note de crédit dans l'histoire des États-Unis n'a fait que confirmer « une horrible vérité ». Selon l'agence officielle Chine nouvelle, Pékin « a désormais tous les droits d'exiger des États-Unis qu'ils s'attaquent à leur problème structurel de dette ». Le paradoxe de la crise capitaliste, les dirigeants  du pays le plus peuplé du monde, la Chine, et qui se réclament du communisme se permettent de sermoner le pays qui était encore désigné hier comme le plus puissant du monde, les Etats-Unis.


La bourse de Tel-Aviv a plongé ce dimanche matin


Dimanche 7 août  la Bourse de Tel-Aviv a plongé de 6 % avant la suspension des échanges qui a duré près d'une heure. A l'heure où sont écrites ces lignes, la baisse aurait cessé mais est extrêmement importante. Ce qui s'est passé en Israël ce dimanche matin pourrait se produire demain dans la plupart des bourses mondiales voire être pire par effet cumulatif.


L'Europe


Les dirigeants européens, Sarkozy et Berlusconi en tête, paniquent face au risque d'une déferlante extrêment grave qui va affecter toutes les économies et tous les Etats et qui va les conduire à raisonner comme les fervents serviteurs du système capitaliste qu'ils sont notamment en prenant de nouvelles mesures destructrices des services publics et de l'emploi, ainsi Valérie Pécresse vient de confirmer que la France maintiendrait ses objectifs de réduction des dépenses publiques en déclarant sur Europe 1 «La France, qui s'est engagée très tôt dans cet engagement de redressement des comptes publics, est déterminée à poursuivre cet engagement».. Le pire pour les peuples est à craindre si une réaction anti-capitaliste ne s'organise pas afin d'obtenir des mesures coercitives contre les spéculateurs et  leurs complices politiques, leur jugement pour les crimes commis contre la nation, et la mise en place d'une politique où l'argent devienne un instrument au service du développement et non plus pour la finance.


Italie : Berlusconi promet de très lourds sacrifices au peuple Italien


Berlusconi a annoncé que l'Italie atteindrait  l'équilibre budgétaire en 2013, rien que cela !  Cela signifie que la dette énorme de l'Italie devra être payée par les gens et en particulier le monde du travail par la liquidation du système de protection sociale notamment et l'inscription dans la Constitution de l'obligation d'équilibre budgétaire de l'Etat. La prétention et l'orgueil de ce bouffon de la politique  pourrait nous faire rire si cela n'était qu'un spectacle, mais c'est hélas la triste réalité d'un valet du capital qui ira jusqu'au bout pour soumettre son peuple aux pires sacifices alors qu'il vient d'être désavoué sévèrement par les urnes lors du dernier référendum.


 

L'extrême-droite surfe sur la crise


Evidemment l'extrême-droite surfe sur cette crise. Marine le Pen explique que les abandons de Maastricht de la souveraineté des nations sur leurs monnaies a livré les Etats au système fnancier international, ce qui n'est pas faux mais préconise un service public de l'argent qui serait financé par le peuple et non par le capital. Sous prétexte d'indépendance monétaire, le FN laisserait les capitalistes poursuivre leur accumulation financière et préconise même  que l'Etat se donne comme priorité de financer  des investissements privés. Bref du capitalisme, toujours du capitalisme pour qu'en fin de compte la force de travail soit meilleure marché et permette une rentabilité accrue du capital. Pour le FN l'Etat doit être un instrument au service de ce projet là.


Martine Aubry comme les autres ne sort pas de la pensée unique


Un article de Martine Aubry, leader du parti socialiste, paru  samedi dans "Libération", réclame l’intervention massive de la Banque centrale européenne, mais ne remet aucunement en question le système capitaliste. La BCE dépend elle même de l'ensemble du système et l'intervention qu'elle pourrait avoir se limiterait à reculer de quelques jours, voire quelques semaines des échénaces inéluctables d'une crise mondiale qui semble désormais fatale. Par ailleurs les Verts comme ce qui reste du PC allié à Mélanchon dans le Front de gauche n'appellent pas non plus à un renversement du système, ils proposent des mesurettes qui ne seront que des "pansements" alors que le système gangrène tout le corps social et économique de la planète. Tout ce "petit monde" politique s'accroche désespérément aux dogmes capitalistes car ils ne peuvent un seul instant imaginer le monde autrement puisque c'est ce monde là  qui les fait vivre et leur octroie pour la majorité d'entre eux des privilèges que n'ont pas les autres citoyens. Hélas leurs décisions vont coûter cher, très cher à des millions de gens qui n'ont, quant à eux, pas grand chose pour vivre et à qui l'on va demander encore de terribles sacrifices. Le pire pour les peuples est à craindre si une réaction anti-capitaliste, unissant toutes les intelligences pragmatiques du travail et de la création, ne s'organise pas afin d'obtenir des mesures coercitives contre les spéculateurs et  leurs complices politiques, leur jugement pour les crimes qu'ils ont commis, et la mise en place d'une politique où l'argent devienne un instrument au service du développement et non plus pour la finance.

Le capitalisme va apporter la terrible  preuve  de sa nocivité. Ce que j'ai toujours expliqué notamment sur mon blog http://creil-avenir.com , trouve encore une fois sa démonstration dans les faits : le capitalisme n'est pas l'avenir de l'humanité, il en est progressivement  le fossoyeur. Un immense scandale palnétaire à l'heure où la productivité devrait permettre à tous de vivre décemment ! On doit garder l'espoir que malgré la menace d'une barbarie généralisée, les intelligences,  les coopérations, les actions entre les peuples mettront à bas ce vieux système pour créer le nouveau que la situation exige.


 

Jean-Paul LEGRAND
Mon engagement : Au delà des partis et des institutions, agir pour un mouvement international d'indignation des peuples et de la jeunesse, de luttes démocratiques en faveur de création d'un nouveau système planétaire fondé sur la coopération, le partage des savoirs et des pouvoirs  et les droits de l'homme.


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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 16:10

Le capitalisme est à l'agonie

 

 

"Le capitalisme à l'agonie", c'est le titre d'un ouvrage de Paul Jorion. Je partage l'idée que le système est entré dans une phase de dépérissement dans la mesure où il va de plus en plus participer à des destructions massives d'emplois et de richesses, ce qui ne signifie pas qu'il va disparaître de lui-même et être aussitôt remplacé par un système meilleur. Nous sommes dans une situation des possibles, où l'action des gens et notamment des salariés sera primordiale. Pour cela il est indispensable de se débarrasser des idées toutes faites et notamment de cesser de croire que ce que disent les médias est la vérité.  L'éducation critique des citoyens est une priorité pour qu'ils se saisissent de l'opportunité historique de renverser le système,   et de construire une alternative démocratique en particulier dans la gestion de la production et des services. Sans ce mouvement démocratique général,  la barbarie  que nous connaissons déjà dans plusieurs  pays à des dégrés divers,  s'étendra à l'échelle planétaire.

 

Sans forcément partager toutes ses analyses, je publie ci-dessous un intéressant entretien que Paul Jorion avait accordé au journal L'Humanité au printemps dernier. 

 

 

À l’occasion de la sortie de Le capitalisme à l’agonie, un long entretien avec Laurent Etre.

Partons du titre de votre dernier ouvrage : « Le capitalisme à l’agonie ». Vous soutenez que le capitalisme connaît son « essoufflement final »… Or, on a plutôt l’impression que ce système est reparti de plus belle, en faisant payer sa crise au monde du travail. Il suffit de regarder les profits du Cac 40, qui ont augmenté de 85 % en 2010 par rapport à 2009…

Paul Jorion : Vous venez de parler des profits du Cac 40 qui explosent. Cela reflète essentiellement une panique du système. Ce n’est absolument pas une preuve de bonne santé. Moi, j’appelle cela « vider la caisse avant fermeture définitive ». L’idée que le capitalisme repart, c’est ce que nous martèle le journal télévisé de 20h. Or, il faut regarder au-delà des apparences. Pour avoir travaillé moi-même dans la finance durant une vingtaine d’années, je sais qu’en profondeur, la dégradation se poursuit. Le pillage s’accélère, parce que ceux qui tirent parti du système sont bien décidés à laisser les caisses vides.

Mais ce pillage dont vous parlez n’est-il pas le principe même du capitalisme ? Pensez-vous que ce système ait déjà visé l’intérêt général ?

Paul Jorion : Il y a eu tout de même une période de modération, ce qu’on a appelé les Trente glorieuses. Pendant un temps, le capitalisme productif était relativement séparé du capitalisme financier. Mais au cours des 25 dernières années, la finance a pris le dessus ; elle s’est peu à peu emparée des commandes à l’intérieur du système. Et aujourd’hui, la plupart des opérations financières sont des opérations spéculatives, sans rapport à l’économie réelle. Au point que le Président-Directeur Général de Goldman Sachs n’arrive même plus à faire la différence entre la partie purement prédatrice de la finance et la partie qui sert à quelque chose pour l’économie.

 Dans votre livre, vous définissez le capitalisme comme un système de répartition du surplus (la richesse nouvellement créée), dans lequel les investisseurs, détenteurs du capital, sont hégémoniques. Du coup, vous en appelez à un nouveau partage, en faveur des salariés. Mais ne faut-il pas aller plus loin ? Après tout, la valeur du capital avancé par l’investisseur provient-elle d’autre chose, en dernier ressort, que du travail ?

Paul Jorion : Non, cette valeur ne provient pas nécessairement d’un travail antérieur : le monde a d’abord été partagé par la violence, par ceux qui, comme le dit Rousseau se sont accaparés la terre et ce qu’elle porte ou contient en affirmant : « Ceci est à moi ! » et en mettant les autres au défi de le leur reprendre. Les choses qui ont été confisquées ainsi à la communauté toute entière peuvent avoir un prix de manière intrinsèque, le minerai que cette terre contient, par exemple. Ma définition du capitalisme, est différente de celle de Marx : pour moi, le capital, c’est une ressource qui manque à l’endroit où elle est nécessaire, soit pour la production des entreprises, soit pour la consommation des ménages, et le capitalisme, c’est un système qui se caractérise – et qui souffre – du fait de ce défaut, à savoir que les ressources manquent là où on en a besoin. Tous sont contraints de rechercher les ressources nécessaires auprès de ceux entre les mains desquels le capital se retrouve concentré. Et cette situation est due au système de propriété privée qui a pris la forme qu’on lui connaît aujourd’hui au cours du Moyen-Age et de la Renaissance. Si la présence du capitaliste apparaît nécessaire, c’est parce que nous évoluons dans le cadre d’un certain régime de propriété, où le dirigeant d’entreprise qui peut apporter le travail n’a pas immédiatement accès aux ressources dont il a besoin pour financer la production, et donc l’emploi de salariés.

Êtes-vous alors favorable à des nationalisations dans certains secteurs clés de l’économie, à commencer par les banques ?

Paul Jorion : C’est une approche qui paraît logique, quand on fait abstraction du fait qu’une certaine aristocratie capitaliste a pris le pouvoir également à l’intérieur de l’appareil d’Etat, conformément aux préconisations des théoriciens néolibéraux tels von Hayek. Comme on l’a vu avec la crise, cette aristocratie n’hésite pas à puiser dans la caisse de l’Etat l’argent nécessaire pour renflouer le secteur bancaire quand celui-ci est en difficulté. Les fonctionnaires de haut rang sont devenus des agents interchangeables, susceptibles de passer du jour au lendemain de la tête d’un ministère à celle d’une banque. Nationaliser sans changer cette structure de pouvoir n’aurait donc aucune conséquence. Les sommes continueraient d’être allouées de la même façon.

Mais alors, que faut-il faire ? Comment s’y prendre pour bouleverser le rapport de force entre actionnaires, dirigeants d’entreprises et salariés ?

Paul Jorion : Il faut bien sûr commencer par augmenter les salaires, mais aussi changer le cadre de répartition du surplus. M. Trichet dit qu’il ne faut surtout pas augmenter les salaires. Pourquoi dit-il cela ? Parce que l’augmentation serait répercutée dans les prix à la consommation. En effet, dans le système actuel, si une entreprise augmente les salaires, elle répercute simplement ce coût supplémentaire dans le prix des marchandises. Il y a de fait un tabou : on n’envisage pas un seul instant de baisser la rémunération du capital et des dirigeants d’entreprise pour financer une hausse des salaires. A mon avis, il ne s’agit même pas là de mauvaise foi. Je crois que les banquiers, les financiers, tous les tenants du système considèrent vraiment comme intangibles les dividendes, les bonus et les niveaux de salaire des dirigeants d’entreprise. Pour tous ces gens, la rémunération du capital, la répartition des richesses, ne sont pas des objets possibles de négociation, mais les manifestations d’un ordre naturel.

Dans votre livre, vous évoquez la dissociation du revenu et du travail comme une piste de réflexion intéressante. Une telle idée n’est-elle pas contradictoire avec la nécessité de renforcer à court terme le poids des salariés, face aux capitalistes ? Cette dissociation ne risque-t-elle pas de se traduire par un renforcement de l’exploitation de ceux qui continuent de travailler ? Vous reconnaissez vous-même qu’une allocation universelle dissociée du travail suppose de dégager des sommes sur les richesses créées, donc sur la production…

Paul Jorion : Je ne dis pas qu’il faut une dissociation. Je dis que nous sommes parvenus à une situation où une certaine dissociation des revenus et du travail est devenue réalité, avec l’automation et l’informatisation d’un nombre croissant de tâches. La question, c’est de savoir si l’on en prend acte ou pas. Dans les années 50, on se disait que le salarié remplacé par un robot pourrait se reposer, profiter de son temps libre. On imaginait que la richesse créée par le robot bénéficierait au salarié remplacé. Or que s’est-il passé ? Quand le salarié est remplacé par une machine, on le licencie et il s’en va toucher le chômage. Est-ce qu’on lui donne une partie de la valeur produite par le robot ? Pas du tout. Alors où va l’argent ? Mise à part, une certaine baisse du prix de la marchandise produite, il est essentiellement confisqué par l’actionnaire et le dirigeant d’entreprise. Partant de là, ma thèse, c’est que si l’on reste dans une telle société, où les travailleurs tendent à être remplacés par des machines sans bénéficier de la productivité ainsi créée, il faut alors trouver une solution pour leur donner des revenus qui leur permettent de continuer à consommer. C’est dans ce cadre que se pose la question d’une allocation universelle. Mais ce n’est pas un modèle de société. C’est juste une analyse.

Vous affirmez dans votre ouvrage que le travail « se raréfie ». N’est-ce pas plutôt qu’il change de forme, d’une part sous l’effet de la révolution informationnelle, d’autre part sous l’effet d’un renforcement de l’exploitation qui atomise le salariat ? N’est-ce pas surtout le CDI qui se raréfie, plus que le travail en tant que tel ?

Paul Jorion : Actuellement, le système utilise les délocalisations, pour faire pression sur les salaires et les conditions de travail. Mais on voit déjà la fin du processus. Délocaliser en Chine est moins rentable qu’il y a quelques années. Car la Chine, en accueillant les usines occidentales, a fini par créer un marché intérieur et augmenter les salaires. Alors bien sûr, les grands groupes se mettent à délocaliser au Vietnam ou en Indonésie. Mais il arrivera fatalement un jour où l’on aura épuisé les possibilités. D’ailleurs, on entend déjà parler de relocalisations, même si le phénomène est encore marginal. Je situe ma réflexion dans cet horizon. Concernant les tâches intellectuelles, elles sont également de plus en plus prises en charge par des logiciels. Bien sûr, il restera toujours ceux qui créent les robots, les logiciels, les chercheurs qui permettent à la médecine de progresser, etc. Mais l’ensemble de ces personnes ne représentera jamais plus de 1%o de la population.

Admettons votre thèse de la raréfaction du travail. Dans ce cas, la priorité n’est-elle pas, à court terme, de mener un combat pour le droit de chacun à changer de métier, à se qualifier davantage ? Le défi d’aujourd’hui n’est-il pas, finalement, un autre partage du travail, à partir de l’idée de travailler tous, moins, et mieux ? Ce qui suppose aussi de mener le débat sur les finalités de la production, du point de vue de ceux qui produisent les richesses et non du point de vue de ceux qui amassent les profits et inventent constamment de nouveaux besoins ?

Paul Jorion : Il faut exploser le système capitaliste lui-même, mettre un terme à l’hégémonie des détenteurs de capitaux sur les dirigeants d’entreprise et les salariés. Donc, il faut d’abord considérer que les salaires correspondent à la contribution essentielle dans la production de marchandises. Ensuite, il faut interdire les stock-options, qui font dépendre la rémunération des dirigeants d’entreprise de paris sur les fluctuations de prix. Il faut également poser la question du rôle des cadres. L’essentiel de leur travail est un travail de supervision. Pourquoi cette supervision est-elle aujourd’hui nécessaire ? Parce qu’on ne peut laisser l’initiative aux travailleurs eux-mêmes, dans la mesure où l’actuelle distribution du profit alimente chez eux le ressentiment. Eliminons la source du ressentiment, et il y aura alors moins de supervision nécessaire. Les dirigeants pourront se consacrer eux-mêmes à la part créative de leur travail. En ce sens, ils ont autant à gagner que les salariés à une disparition de la part de l’investisseur. Nous devons enfin nous interroger sur le profit des marchands. Est-il normal qu’ils aillent jusqu’à doubler les prix pour faire leur marge ? A mon avis, il y aura toujours besoin d’un marché. Mais la distribution des marchandises n’implique pas de laisser carte blanche aux marchands. Au-delà, une réflexion est à mener sur le pouvoir des objets. Nous saisissons bien ce qu’est la propriété privée du point de vue de celui qui possède un objet, mais sommes-nous bien conscients du fait que les objets, de plus en plus, nous possèdent ? On se sent bien vite démuni et même paniqué lorsqu’on perd son « Iphone » ou n’importe quel outil de communication installé dans notre quotidien… Le système qui remplacera le capitalisme devra également tenir compte de cet aspect des choses.

Dans votre livre, vous critiquez les tentatives historiques de sortie du capitalisme, ce qu’on a pu appeler le « socialisme réel ». Quelle est, alors, votre voie ?

Paul Jorion : Mon rôle n’est pas de produire de nouvelles utopies, mais simplement de favoriser la prise de conscience de la nécessité d’un nouveau système. Rien n’est possible si nous ne commençons pas par nous libérer de l’aliénation du journal télévisé de 20h, qui nous assène, par exemple, l’idée que nous sommes des « demandeurs d’emplois ». Moi, je veux contribuer à libérer les gens de cette conception. Apprenons à nous considérer nous-mêmes comme des « offreurs » d’emplois. Et à partir de là, exigeons de bénéficier des gains de productivité obtenus par les progrès technologiques, quand ceux-ci permettent de nous libérer des tâches pénibles. C’est dans cette prise de conscience que se trouve la clé d’un nouveau rapport de force, qui mettrait notamment à son ordre du jour l’interdiction pure et simple des opérations financières de spéculation qui n’ont pas toujours existé et dont on peut tracer l’avancée au cours du XIX siècle, là où la gauche se contente souvent d’imaginer de nouvelles taxes sur les transactions.


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