Je publie ci-dessous le témoignage poignant de ma collègue Micheline qui revient de Palestine. Elle a participé à une délégation conduite par le Maire de Montataire. Rappelons que deux villes de notre agglomération creilloise, Montataire et Villers St Paul, sont jumelées avec des camps
de réfugiés palestiniens. La photo représente la délégation devant le mur de la honte que construit le gouvernement Israélien.
Témoignage de Micheline Bordez
"De retour de délégation en Palestine, les images se bousculent dans ma tête et je ressens le besoin d’écrire pour les évacuer.
La ville de Montataire est jumelée avec le camp de Deheisheh qui se situe près de Bethléem depuis 1989 et c’est dans ce cadre que nous sommes partis Fernand, Joël, Fatima, Jean-Pierre et moi en Palestine.
Notre mission consistait entre autre à déposer l’argent collecté dans le cadre de la campagne à l’initiative de l’association pour la promotion des jumelages entre villes de France et camps de réfugiés en partenarial avec l’Humanité pour le droit à l’éducation "10 000 cartables pour les enfants palestiniens".
Arrivés à l’aéroport de Tel’Aviv, nous sommes accueillis par Jawad, qui nous emmène chez lui au camp de Shufat.Je découvre pour la première fois ce paysage très particulier à la terre très rocailleuse, brûlée par le soleil avec ses oliviers plantés là comme des sentinelles. Nous arrivons au camp de Shufat et là ,premier choc. On entre dans un autre monde, un dépaysement total, les maisons adossées les unes autres imbriquées dans les autres, les unes sur les autres, les ruelles étroites, l’absence de ramassage des ordures ménagères les obligent à vivre dans des conditions très précaires.
2ème jour :
Départ pour le camp de Deheisheh où nous attendent avec impatience nos amis Ahmed, Raed, Djamal... etc. Après un accueil chaleureux et un défilé incessant de personnes qui sont venus nous saluer, nous visitons le camp de Deheisheh.
Deuxième choc : la superficie du camp est de 1 km2 où s’entassent 28000 personnes !!! Nous arpentons les ruelles animées par la diffusion des chants de la prière, croisons des enfants qui nous saluent et nous regardent avec leurs beaux yeux noirs certainement très étonnés de nous voir là. Nous rencontrons aussi des femmes très élégantes au regard fier. Arrivés dans les hauteurs du camp Ahmed nous fait visiter une des dernières constructions réalisées, celle d’une salle polyvalente magnifique qui a été financée par l’aide internationale et qui a permis à 1000 palestiniens de travailler. Une maternité verra aussi prochainement le jour financée en partie par la ville de Sien en Italie.
Troisième choc : Première rencontre avec le mur, ce serpent bétonné qui traverse et sépare les Palestiniens d’une hauteur de 8 m qui les obligent à faire des détours considérables, qui les humilient un peu plus chaque jour, dépasse l’entendement ! il faut le voir pour le croire ! D’ailleurs à ce sujet nous avons rencontré Jared et sa famille au camp de Khalendia. Il a construit au prix de grands sacrifices une jolie maison pour sa famille mais les israéliens ont décidé de faire passer le mur juste derrière sa maison. Ils sont venus le narguer avec un avis de mise en demeure et vont probablement dans les prochains jours lui détruire sa maison.
L’incompréhension de cet exemple c’est que derrière la maison de Jared il n’y pas d‘Israéliens ! ils ont simplement décidé que le mur passerait là ! Tous les jours il part travailler la peur au ventre et demande à sa femme et ses trois enfants de fermer les volets et ne pas faire de bruit en son absence. Ce témoignage nous a bouleversé car malgré toute cette angoisse du lendemain toute la famille reste digne et fière.
Après une visite à Ramallah et au camp de Khalendia pour réjoindre Jérusalem nous sommes obligés de passer un chek-point et là quatrième choc. On se retrouve dans un grand hangar, on avance dans un couloir et là 1er tourniquet qui ne laisse passer que 3 personnes à la fois. Imaginez un peu ce que cela peut donner matin et soir quand des centaines de personnes l’emprunte pour aller travailler. ( Un Palestinien qui attendait avec nous nous a confié qu’il était arrivé au chekpoint à 6 h 00 du matin pour ne passer qu’à 9 h 00).
Nous avons entendu des enfants hurler de terreur par ce qu’ils avaient été séparés de leur mère par le tourniquet.
Une fois le premier tourniquet passé il y en a un deuxième et là vous devez présenter vos papiers à des soldats qui hurlent dans leurs hauts parleurs qui sont derrière une vitre et si les papiers sont en ordre, vous accédez au troisième tourniquet. Cette expérience là aussi, il faut la vivre pour comprendre cette humiliation et tout le poids de l’occupation que peuvent subir au quotidien les palestiniens. Quand on est dans la file d’attente on a l’impression d’être du bétail que l’on emmène à l’abattoir. Voilà en quelques lignes le résumé de quatre jours de moments d’émotions intenses, mais aussi de colère, d’envie de crier : "venez voir ce qui se passe ici !", l’opinion internationale ne doit pas fermer les yeux devant le drame que vit le peuple palestinien, il faut multiplier les rencontres, apporter des témoignages car devant cette leçon d’humilité et de courage que nous avons reçue pendant ces quatre jours, on se sent tout petit et on ne peut que leur apporter toute notre solidarité, notre soutien et notre admiration pour leur courage et leur hospitalité.Nous devons mettre tout en oeuvre pour qu’enfin le peuple palestinien puisse vivre dignement , dans un état Palestinien libre et indépendant. Pour conclure sur une note optimiste et du travail concret qui est engagé l’AJPF fait venir chaque année des enfants des différents camps jumelés avec des villes françaises pendant les congés d’été.Nous accueillerons des enfants du camp de Deheisheh à Montataire, quelques jours fin juillet, avant leur départ dans un centre de vacances de la CCAS, nous les attendons avec impatience.Un grand merci à la ville de Montataire qui a permis l’organisation de cette mission, à Fernand qui nous a fait partager sa passion pour la Palestine, à tous nos amis de Deheisheh, Shufat, Khalendia, Bethléem, Ramallah qui nous ont fait découvrir ce pays si attachant. De ce séjour en Palestine restera dans mon coeur une trace indélébile. Micheline Bordez La délégation était composée de Jean-Pierre Bosino, Joel Capet, Fatima Belfquih, Micheline Bordez, Fernand Tuil.
Inchallah ! comme dirait mon amie Fatima.
Je reproduis ci-dessous, le remarquable texte d'Aminata Traoré, ex ministre de la Culture et du Tourisme du Mali à propos du Musée du quai Branly et de la politique d'immigration de la France
Certes l'histoire nous a appris qu'il n'y a pas de modèles de société, que chaque peuple, chaque nation doit trouver sa propre voie mais ce qui se passe au Vénézuela est d'une très grande importance pour tous les démocrates, pour tous ceux qui rêvent, espèrent et agissent pour un autre monde. Les médias de notre pays, qui sont pour l'essentiel la propriété de la grande bourgeoisie mentent ou déforment la réalité vénézuélienne. J'ai eu la chance de voyager dans ce pays. Comme tout processus révolutionnaire, rien n'y est parfait. Mais l'espoir renaît pour des millions de citoyens pauvres grâce à leur lutte pour une économie sociale : micro-entreprises, coopératives, crédit populaire, usines autogérées, missions pour la santé avec des centres de prévention dans tout le pays grâce à la solidarité de Cuba, restaurants et magasins populaires subventionnés pour les plus pauvres, missions pour l'éducation et la formation gratuite voire même payée aux étudiants de tout âge : oui, j'ai vu des centaines de citoyens faire la queue pour toucher leur pension d'étudiant versée par le gouvernement afin de permettre aux plus modestes d'aller à l'université ou en centre de formation !). La révolution bolivarienne se bat pour la démocratie participative et un monde plus juste. L'espoir et la dignité sont au rendez-vous d'un peuple qui nous adresse sa fraternité et sa joie de vivre debout ! En récente visite à Vienne, le président Chavez s'est adressé à des milliers de jeunes autrichiens (photo ci-contre) dans un meeting de solidarité en ces termes : "« Lorsque j’avais 15 ans, il y avait mai 68, les Beatles, John Lennon et la guerre au Vietnam. Songeant à l’avenir, on se disait qu’en 2000, le monde serait différent, meilleur. Mais les années ont passé et les choses n’ont fait qu’empirer. Que s’est-il passé ? L’impérialisme et le capitalisme m’ont volé mon futur. Et je suis convaincu, aujourd’hui, que nous devons passer chaque jour, chaque heure et chaque minute de notre vie à lutter pour un monde meilleur - un monde débarrassé de la pauvreté, des inégalités et de l’injustice. Ce monde, c’est le socialisme ! » Je crois aussi qu'on nous a volé notre futur. Le capitalisme fait du mal aux peuples de la planète, et en France il fait des ravages comme la suppression de centaines d'emplois dans l'Oise annoncées la semaine dernière à Tréfimétaux, Yoplait, Candia après ceux annoncés en mai à Colgate, au total plus de 500 hommes et femmes qui vont être licenciés ! Il faut à la fois s'unir et réagir contre ces décisions mais aussi lutter pour une autre société basée sur la coopération et le partage des savoirs, des pouvoirs, des richesses : le socialisme autogestionnaire !
N.B : mes collègues ont eu l'excellente idée d'offrir à Vanessa, mon épouse qui est vénézuélienne, un DVD très intéressant réalisé par une jeune cinéaste belge dans lequel témoignent des partisans et des opposants à la révolution bolivarienne intitulé "Bruxelles-Caracas : les vénézuéliens nous répondent de Vanessa Stojilkovic". Voir le site




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