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Mercredi 5 juillet 2006 3 05 /07 /Juil /2006 16:40

 

Je publie ci-dessous le témoignage poignant de ma collègue Micheline qui revient de Palestine. Elle a participé à une délégation conduite par le Maire de Montataire. Rappelons que deux villes de notre agglomération  creilloise, Montataire et Villers St Paul, sont jumelées avec des camps  de réfugiés palestiniens. La photo représente la délégation devant le mur de la honte que construit le gouvernement Israélien.

Témoignage de Micheline Bordez

"De retour de délégation en Palestine, les images se bousculent dans ma tête et je ressens le besoin d’écrire pour les évacuer.

La ville de Montataire est jumelée avec le camp de Deheisheh qui se situe près de Bethléem depuis 1989 et c’est dans ce cadre que nous sommes partis Fernand, Joël, Fatima, Jean-Pierre et moi en Palestine.

Notre mission consistait entre autre à déposer l’argent collecté dans le cadre de la campagne à l’initiative de l’association pour la promotion des jumelages entre villes de France et camps de réfugiés en partenarial avec l’Humanité pour le droit à l’éducation "10 000 cartables pour les enfants palestiniens".

Arrivés à l’aéroport de Tel’Aviv, nous sommes accueillis par Jawad, qui nous emmène chez lui au camp de Shufat.Je découvre pour la première fois ce paysage très particulier à la terre très rocailleuse, brûlée par le soleil avec ses oliviers plantés là comme des sentinelles. Nous arrivons au camp de Shufat et là ,premier choc. On entre dans un autre monde, un dépaysement total, les maisons adossées les unes autres imbriquées dans les autres, les unes sur les autres, les ruelles étroites, l’absence de ramassage des ordures ménagères les obligent à vivre dans des conditions très précaires.

2ème jour :

Départ pour le camp de Deheisheh où nous attendent avec impatience nos amis Ahmed, Raed, Djamal... etc. Après un accueil chaleureux et un défilé incessant de personnes qui sont venus nous saluer, nous visitons le camp de Deheisheh.

Deuxième choc : la superficie du camp est de 1 km2 où s’entassent 28000 personnes !!! Nous arpentons les ruelles animées par la diffusion des chants de la prière, croisons des enfants qui nous saluent et nous regardent avec leurs beaux yeux noirs certainement très étonnés de nous voir là. Nous rencontrons aussi des femmes très élégantes au regard fier. Arrivés dans les hauteurs du camp Ahmed nous fait visiter une des dernières constructions réalisées, celle d’une salle polyvalente magnifique qui a été financée par l’aide internationale et qui a permis à 1000 palestiniens de travailler. Une maternité verra aussi prochainement le jour financée en partie par la ville de Sien en Italie.

Troisième choc : Première rencontre avec le mur, ce serpent bétonné qui traverse et sépare les Palestiniens d’une hauteur de 8 m qui les obligent à faire des détours considérables, qui les humilient un peu plus chaque jour, dépasse l’entendement ! il faut le voir pour le croire ! D’ailleurs à ce sujet nous avons rencontré Jared et sa famille au camp de Khalendia. Il a construit au prix de grands sacrifices une jolie maison pour sa famille mais les israéliens ont décidé de faire passer le mur juste derrière sa maison. Ils sont venus le narguer avec un avis de mise en demeure et vont probablement dans les prochains jours lui détruire sa maison.

L’incompréhension de cet exemple c’est que derrière la maison de Jared il n’y pas d‘Israéliens ! ils ont simplement décidé que le mur passerait là ! Tous les jours il part travailler la peur au ventre et demande à sa femme et ses trois enfants de fermer les volets et ne pas faire de bruit en son absence. Ce témoignage nous a bouleversé car malgré toute cette angoisse du lendemain toute la famille reste digne et fière.

Après une visite à Ramallah et au camp de Khalendia pour réjoindre Jérusalem nous sommes obligés de passer un chek-point et là quatrième choc. On se retrouve dans un grand hangar, on avance dans un couloir et là 1er tourniquet qui ne laisse passer que 3 personnes à la fois. Imaginez un peu ce que cela peut donner matin et soir quand des centaines de personnes l’emprunte pour aller travailler. ( Un Palestinien qui attendait avec nous nous a confié qu’il était arrivé au chekpoint à 6 h 00 du matin pour ne passer qu’à 9 h 00).

Nous avons entendu des enfants hurler de terreur par ce qu’ils avaient été séparés de leur mère par le tourniquet.

Une fois le premier tourniquet passé il y en a un deuxième et là vous devez présenter vos papiers à des soldats qui hurlent dans leurs hauts parleurs qui sont derrière une vitre et si les papiers sont en ordre, vous accédez au troisième tourniquet. Cette expérience là aussi, il faut la vivre pour comprendre cette humiliation et tout le poids de l’occupation que peuvent subir au quotidien les palestiniens. Quand on est dans la file d’attente on a l’impression d’être du bétail que l’on emmène à l’abattoir.

Voilà en quelques lignes le résumé de quatre jours de moments d’émotions intenses, mais aussi de colère, d’envie de crier : "venez voir ce qui se passe ici !", l’opinion internationale ne doit pas fermer les yeux devant le drame que vit le peuple palestinien, il faut multiplier les rencontres, apporter des témoignages car devant cette leçon d’humilité et de courage que nous avons reçue pendant ces quatre jours, on se sent tout petit et on ne peut que leur apporter toute notre solidarité, notre soutien et notre admiration pour leur courage et leur hospitalité.Nous devons mettre tout en oeuvre pour qu’enfin le peuple palestinien puisse vivre dignement , dans un état Palestinien libre et indépendant.
Inchallah  ! comme dirait mon amie Fatima.

Pour conclure sur une note optimiste et du travail concret qui est engagé l’AJPF fait venir chaque année des enfants des différents camps jumelés avec des villes françaises pendant les congés d’été.Nous accueillerons des enfants du camp de Deheisheh à Montataire, quelques jours fin juillet, avant leur départ dans un centre de vacances de la CCAS, nous les attendons avec impatience.Un grand merci à la ville de Montataire qui a permis l’organisation de cette mission, à Fernand qui nous a fait partager sa passion pour la Palestine, à tous nos amis de Deheisheh, Shufat, Khalendia, Bethléem, Ramallah qui nous ont fait découvrir ce pays si attachant.

De ce séjour en Palestine restera dans mon coeur une trace indélébile.

Micheline Bordez

 La délégation était composée de Jean-Pierre Bosino, Joel Capet, Fatima Belfquih, Micheline Bordez, Fernand Tuil. 

 

 

 

 


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Lundi 3 juillet 2006 1 03 /07 /Juil /2006 09:26

Je reproduis ci-dessous, le remarquable texte d'Aminata Traoré, ex ministre de la Culture et du Tourisme du Mali à propos du Musée du quai Branly et de la politique d'immigration de la France

Musée du Quai Branly

Ainsi nos œuvres d’art ont droit de cité là

où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour "

 

 

 

Talents et compétences président donc au tri des candidats africains à l’immigration en France selon la loi Sarkozy dite de " l’immigration choisie " qui a été votée en mai 2006 par l’Assemblée nationale française. Le ministre français de l’Intérieur s’est offert le luxe de venir nous le signifier, en Afrique, en invitant nos gouvernants à jouer le rôle de geôliers de la " racaille " dont la France ne veut plus sur son sol.

Au même moment, du fait du verrouillage de l’axe Maroc/Espagne, après les événements sanglants de Ceuta et Melilla, des candidats africains à l’émigration clandestine, en majorité jeunes, qui tentent de passer par les îles Canaries meurent par centaines, dans l’indifférence générale, au large des côtes mauritaniennes et sénégalaises. L’Europe forteresse, dont la France est l’une des chevilles ouvrières, déploie, en ce moment, une véritable armada contre ces quêteurs de passerelles en vue de les éloigner le plus loin possible de ses frontières.

Les œuvres d’art, qui sont aujourd’hui à l’honneur au Musée du Quai Branly, appartiennent d’abord et avant tout aux peuples déshérités du Mali, du Bénin, de la Guinée, du Niger, du Burkina-Faso, du Cameroun, du Congo…Elles constituent une part substantielle du patrimoine culturel et artistique de ces " sans visa " dont certains sont morts par balles à Ceuta et Melilla et des " sans papiers " qui sont quotidiennement traqués au cœur de l’Europe et, quand ils sont arrêtés, rendus, menottes aux poings à leurs pays d’origine.

Dans ma " Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général ", je retiens le Musée du Quai Branly comme l’une des expressions parfaites de ces contradictions, incohérences et paradoxes de la France dans ses rapports à l’Afrique. A l’heure où celui-ci ouvre ses portes au public, je continue de me demander jusqu’où iront les puissants de ce monde dans l’arrogance et le viol de notre imaginaire. Nous sommes invités, aujourd’hui, à célébrer avec l’ancienne puissance coloniale une œuvre architecturale, incontestablement belle, ainsi que notre propre déchéance et la complaisance de ceux qui, acteurs politiques et institutionnels africains, estiment que nos biens culturels sont mieux dans les beaux édifices du Nord que sous nos propres cieux.

Je conteste le fait que l’idée de créer un musée de cette importance puisse naître, non pas d’un examen rigoureux, critique et partagé des rapports entre l’Europe et l’Afrique, l’Asie, l’Amérique et l’Océanie dont les pièces sont originaires, mais de l’amitié d’un Chef d’Etat avec un collectionneur d’œuvre d’art qu’il a rencontré un jour sur une plage de l’île Maurice.

Les trois cent mille pièces que le Musée du Quai Branly abrite constituent un véritable trésor de guerre en raison du mode d’acquisition de certaines d’entre elles et le trafic d’influence auquel celui-ci donne parfois lieu entre la France et les pays dont elles sont originaires. Je ne sais pas comment les transactions se sont opérées du temps de François 1er, de Louis XIV et au XIXième siècle pour les pièces les plus anciennes. Je sais, par contre, qu’en son temps, Catherine Trautman, à l’époque ministre de la culture de la France dont j’étais l’homologue malienne, m’avait demandé d’autoriser l’achat pour le Musée du Quai Branly d’une statuette de Tial appartenant à un collectionneur belge. De peur de participer au blanchiment d’une œuvre d’art qui serait sortie frauduleusement de notre pays, j’ai proposé que la France l’achète (pour la coquette somme de deux cents millions de francs CFA), pour nous la restituer afin que nous puissions ensuite la lui prêter. Je me suis entendue dire, au niveau du Comité d’orientation dont j’étais l’un des membres que l’argent du contribuable français ne pouvait pas être utilisé dans l’acquisition d’une pièce qui reviendrait au Mali. Exclue à partir de ce moment de la négociation, j’ai appris par la suite que l’Etat malien, qui n’a pas de compte à rendre à ses contribuables, a acheté la pièce en question en vue de la prêter au Musée.

Alors, que célèbre-t-on aujourd’hui ? S’agit-il de la sanctuarisation de la passion que le Président des Français a en partage avec son ami disparu ainsi que le talent de l’architecte du Musée ou les droits culturels, économiques, politiques et sociaux des peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie ?

Le Musée du Quai Branly est bâti, de mon point de vue, sur un profond et douloureux paradoxe à partir du moment où la quasi totalité des Africains, des Amérindiens, des Aborigènes d’Australie, dont le talent et la créativité sont célébrés, n’en franchiront jamais le seuil compte tenu de la loi sur l’immigration choisie. Il est vrai que des dispositions sont prises pour que nous puissions consulter les archives via l’Internet. Nos œuvres ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour.

A l’intention de ceux qui voudraient voir le message politique derrière l’esthétique, le dialogue des cultures derrière la beauté des œuvres, je crains que l’on soit loin du compte. Un masque africain sur la place de la République n’est d’aucune utilité face à la honte et à l’humiliation subies par les Africains et les autres peuples pillés dans le cadre d’une certaine coopération au développement.

Bienvenue donc au Musée de l’interpellation qui contribuera - je l’espère - à édifier les opinions publiques française, africaine et mondiale sur l’une des manières dont l’Europe continue de se servir et d’asservir d’autres peuples du monde tout en prétendant le contraire.

Pour terminer je voudrais m’adresser, encore une fois, à ces œuvres de l’esprit qui sauront intercéder auprès des opinions publiques pour nous.

Vous nous manquez terriblement. Notre pays, le Mali et l’Afrique tout entière continuent de subir bien des bouleversements. Aux Dieux des Chrétiens et des Musulmans qui vous ont contesté votre place dans nos cœurs et vos fonctions dans nos sociétés s’est ajouté le Dieu argent. Vous devez en savoir quelque chose au regard des transactions dont certaines nouvelles acquisitions de ce musée ont été l’objet. Il est le moteur du marché dit ‘’libre’’ et ‘’concurrentiel’’ qui est supposé être le paradis sur Terre alors qu’il n’est que gouffre pour l’Afrique.

Appauvris, désemparés et manipulés par des dirigeants convertis au dogme du marché, vos peuples s’en prennent les uns aux autres, s’entretuent ou fuient. Parfois, ils viennent buter contre le long mur de l’indifférence, dont Schengen. N’entendez-vous pas, de plus en plus, les lamentations de ceux et celles qui empruntent la voie terrestre, se perdre dans le Sahara ou se noyer dans les eaux de la Méditerranée ? N’entendez-vous point les cris de ces centaines de naufragés dont des femmes enceintes et des enfants en bas âge ?

Si oui, ne restez pas muettes, ne vous sentez pas impuissantes. Soyez la voix de vos peuples et témoignez pour eux. Rappelez à ceux qui vous veulent tant ici dans leurs musées et aux citoyens français et européens qui les visitent que l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure de l’Afrique est primordiale. Dites-leur surtout que libéré de ce fardeau, du dogme du tout marché qui justifie la tutelle du FMI et de la Banque mondiale, le continent noir redressera la tête et l’échine. " (Photo du site malien http://www.enet.org.ml/)

 

 

 

 

 


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Dimanche 25 juin 2006 7 25 /06 /Juin /2006 18:24

Certes l'histoire nous a appris qu'il n'y a pas de modèles de société, que chaque peuple, chaque nation doit trouver sa propre voie mais ce qui se passe au Vénézuela est d'une très grande importance pour tous les démocrates, pour tous ceux qui rêvent, espèrent et agissent pour un autre monde. Les médias de notre pays, qui sont pour l'essentiel la propriété de la grande bourgeoisie mentent ou déforment la réalité vénézuélienne. J'ai eu la chance de voyager dans ce pays. Comme tout processus révolutionnaire, rien n'y est parfait. Mais l'espoir renaît pour des millions de citoyens pauvres grâce à leur lutte pour une économie sociale : micro-entreprises, coopératives, crédit populaire, usines autogérées, missions pour la santé avec des centres de prévention dans tout le pays grâce à la solidarité de Cuba, restaurants et magasins populaires subventionnés pour les plus pauvres, missions pour l'éducation et la formation gratuite voire même payée aux étudiants de tout âge : oui, j'ai vu des centaines de citoyens faire la queue pour toucher leur pension d'étudiant versée par le gouvernement afin de permettre aux plus modestes d'aller à l'université ou en centre de formation !). La révolution bolivarienne  se bat pour la démocratie participative et un monde plus juste. L'espoir et la dignité sont au rendez-vous d'un peuple qui nous adresse sa fraternité et sa joie de vivre debout !  En récente visite à Vienne, le président Chavez s'est adressé à des milliers de jeunes autrichiens (photo ci-contre) dans un meeting  de solidarité en ces termes : "« Lorsque j’avais 15 ans, il y avait mai 68, les Beatles, John Lennon et la guerre au Vietnam. Songeant à l’avenir, on se disait qu’en 2000, le monde serait différent, meilleur. Mais les années ont passé et les choses n’ont fait qu’empirer. Que s’est-il passé ? L’impérialisme et le capitalisme m’ont volé mon futur. Et je suis convaincu, aujourd’hui, que nous devons passer chaque jour, chaque heure et chaque minute de notre vie à lutter pour un monde meilleur - un monde débarrassé de la pauvreté, des inégalités et de l’injustice. Ce monde, c’est le socialisme ! » Je crois aussi qu'on nous a volé notre futur. Le capitalisme fait du mal aux peuples de la planète, et en France il fait des ravages comme la suppression de centaines d'emplois dans l'Oise annoncées la semaine dernière à Tréfimétaux, Yoplait, Candia après ceux annoncés en mai  à Colgate, au total plus de 500 hommes et femmes qui vont être licenciés ! Il faut à la fois s'unir et réagir contre ces décisions mais aussi lutter pour une autre société basée sur la coopération et le partage des savoirs, des pouvoirs, des richesses : le socialisme autogestionnaire !   N.B : mes collègues ont eu l'excellente idée d'offrir à Vanessa, mon épouse qui est vénézuélienne, un DVD très intéressant réalisé par une jeune cinéaste belge dans lequel témoignent des partisans et des opposants à la révolution bolivarienne intitulé "Bruxelles-Caracas : les vénézuéliens nous répondent de Vanessa Stojilkovic". Voir le site http://www.film-bruxelles-caracas.info (site de Michel Collon, journaliste Belge).

Le drapeau du Vénézuela est constitué de 3 bandes horizontales de mêmes dimensions soit :
Jaune : représentant les richesses du pays
Bleu: représentant l'Océan atlantique
Rouge: représentant le sang versé par le peuple durant la guerre d'indépendance contre l'Espagne, puissance coloniale. L'indépendance fut déclarée le 5 juillet 1811, le Vénézuéla devenant le premier état latino-américain libéré. Au sein du drapeau, un arc de cercle constitué de 8 étoiles correspondant aux 8 provinces qui signèrent l'acte d'indépendance.

 

 

 

Localisation du Vénézuéla au nord du continent sud-américain. Ce pays, membre de l'OPEP est l'un des plus grands producteurs de pétrole du monde. La révolution bolivarienne a entrepris d'utiliser les richesses provenant de l'exploitation du pétrole pour développer des programmes sociaux et économiques en faveur du peuple au grand dam des Etats-Unis qui soutiennent l'opposition à la Révolution et menacent d'intervenir.


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Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /Mai /2006 23:28

La réalisation du projet de Oise-Volga de 2000 à 2002 a fait l'objet
de nombreux articles dans la presse française et russe. Je publie un article
paru sur un site internet russe de Francité

Nous formons un tout


Le compositeur, Dominique Grébert, auteur de “l’autre monde”. Directeur de l’école de musique à Montataire.
Le compositeur, Dominique Grébert, auteur de "l'autre monde". Directeur de l'école de musique à Montataire.
Je suis humain
Pas immortelle
Je vous écoute
Et vous protège
Je peux résoudre tous les problèmes
Telle est ma charge et mon devoir
Je n'pose pas de questions
A chaque instant je réponds
Je cherche la sagesse
Pour vous je fais des promesses
Vous êtes moi
Et je suis vous
Car nous formons un tout.


   Qu'est-ce qui unit les jeunes de Samara et de Saratov ? La réponse est bien évidente : c'est la Volga. Maintenant on peut ajouter à ce point de vue stéréotypé une toute nouvelle vision. Ce qui les unit vraiment aujourd'hui, c'est la musique. Vous voulez qu'on précise ? Avec plaisir : la musique française. Du concret ? Pas de problèmes : le spectacle musical du compositeur français Dominique Grébert " L'autre monde " dont la première a été donnée le 15 janvier à Samara et le 22 décembre passé à Saratov.

   Opéra ? Music-hall ? Mystérie ? A vrai dire, il est tout à fait impossible de trouver le mot juste qui puisse caractériser avec toutes les nuances cette manifestation artistique mise au monde (à notre monde) grâce aux efforts communs des créateurs russes et français - pédagogues, artistes, fonctionnaires - et des adolescents se présentant sur scène
.

La première de «l’Autre monde» à Samara
La première de "l'Autre monde" à Samara
   Le spectacle lui-même a été précédé d'un grand travail d'enthousiastes commencé il y a un an par un lancement de deux projets parallèles - à Samara et à Saratov - qui devraient croiser (à bas les théorèmes !) cette année en se transformant en une seule œuvre unie.

   La conception du projet a son auteur et animateur : Nathalie Perquin-Iasnogorodski, attaché linguistique du Centre Régional de la langue française de la Basse Volga, dont les idées ont su trouver le soutien nécessaire de la part de l'Ambassade française et des Départements d'Enseignement et de Science de nos deux régions.

   Quant à Monsieur Grébert qui a composé la musique, il est aussi parmi ceux qui font avancer sans relâche, malgré tant de difficultés naturelles à nos conditions, cette volonté qui peut paraître absurde : celle de venir en Russie mettre en scène un opéra chanté en français par les écoliers, c'est-à-dire, par les non-professionnels !

   Ayant sélectionné son groupe de 50 jeunes chanteurs et danseurs, Dominique, aidé de ses collègues russes Vassili Tcherkassov (coordinateur du projet), Igor Chadrin (metteur en scène), Irina Agafonova (maître de musique), Vera Chadrina (chorégraphe), Ioulia Soutiaguina (conseiller linguistique) et Alexandre Khokhlov (artiste-peintre), - a commencé les répétitions innombrables…


Les trois protecteurs du peuple souterrain, Laurent (Roustam Akhmetov), Kiss (Katia Olkina) et York (Anton Rouban) triomphent. Ils ont vaincu dans une bataille décisive, Laurent et Kiss ayant formé le dieu de l’amour Sphynx.
Les trois protecteurs du peuple souterrain, Laurent (Roustam Akhmetov), Kiss (Katia Olkina) et York (Anton Rouban) triomphent. Ils ont vaincu dans une bataille décisive, Laurent et Kiss ayant formé le dieu de l'amour Sphynx.
   Le spectacle terminé. Qu'est-ce qu'il dit à propos des jeunes artistes de Samara ? Très doués, sûrement. Laborieux, infiniment. Inattendus, comme tous les adolescents.

   Ce n'était pas par hasard que parmi les spectateurs il y avait deux autres Français qui sont venus à Samara justement à cette occasion. C'était Hélène Roos, attaché de coopération pour le français, et Jean-Paul Legrand, directeur du Cabinet du Maire de Montataire. C'est que dans le cadre du même projet franco-russe, les groupes de jeunes de Samara et de Saratov iront séjourner cette année en France dans la petite ville de Montataire (non loin de Paris) où ils créeront leur spectacle musical en commun avec les Français de leur âge qui se correspondent avec nos écoliers depuis quelques mois.

   C'est toujours l'union des volontés, des efforts, des rêves qui fait bouger les choses non seulement dans l'autre monde mais aussi dans le nôtre.

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