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Citoyens en mouvement

Politique, culture, éducation, formation pour la vie démocratique - blog créé le 10 mai 2006

1 million pour refuser l'offensive contre le travail !

Une formidable mobilisation sur internet a amené 1 million de citoyens à signer contre le projet de loi du gouvernement qui s'en prend au monde du travail par une refonte du code du travail qui donne les pleins pouvoirs aux forces les plus réactionnaires de l'économie.
Cette mobilisation débouchera-t-elle sur le retrait du projet de loi ? Rien ne le dit mais ce qui est intéressant, c'est que de plus de plus de citoyens s'engagent contre la précarité et les principes d'une économie ultra-libérale qui exploite et divise le monde du travail, tue les coopérations, exacerbe la guerre économique et le dumping social.


L’appareil médiatico-idéologique au service du pouvoir et des forces de l'argent est l’un des instruments
des plus perfides utilisés contre les gens. Les idées les plus
obscurantistes y sont développées, les sciences y sont généralement
présentées coupées de leurs origines historiques et de leur contexte social,
la censure sur les initiatives populaires, sur la vie
démocratique y est généralement exercée puisque celles-ci sont présentées
comme des facteurs de régression et non de progrès. L’idéologie
individualiste et le culte de l’argent sont glorifiés jusque dans certains
dessins animés. La télévision donne une image de la société telle que la
pensent les exploiteurs : le capitalisme serait un horizon indépassable
secrétant fatalement la richesse pour une minorité digne d’être la classe
dirigeante, aux autres de se débrouiller pour parvenir là où les puissants
ont laissé quelques miettes à se partager, quant aux prolétaires, qu’ils ne
se fassent aucune illusion, leur sort est jeté depuis la nuit des temps :
qu’ils se satisfassent de leur dose de fantasmes quotidiens pour accepter
leur condition puisque il en a été ainsi de tout temps.


A contrario l’éducation populaire à l’organisation démocratique autonome du
peuple est une condition des succès à venir qui n’exclut pas des formes de
luttes importantes pouvant revêtir un caractère non-violent comme les
occupations d’entreprises, le blocage des transports, l’intervention des
citoyens dans les assemblées élues et les conseils d’administration, la
revendication d’une utilisation de l’argent pour les besoins populaires dans
tous les lieux de décision, l’organisation d’assemblées générales de
citoyens et de salariés partout où eux mêmes le décideront, assemblées qui
seront souveraines dans la conduite des luttes.


Il suffit d’observer la peur panique qui tenaille les politiciens et les
puissants dès que des citoyens commencent à exprimer leur volonté de
participer à la conduite des affaires sociales, économiques et politiques en
contestant la fatalité de l’ordre existant.

La moindre pétition, la moindre initiative qui sort du cadre de la pensée
dominante est vécue par eux comme
une insupportable agression, une provocation qui leur conteste leur
sacro-saint pouvoir ; La démocratie n’est pour eux qu’une permanente
concession à la lutte de classes.

La preuve en est que dès que les
citoyens se divisent, que leur unité s’affaiblit, la démocratie recule.
Il suffit pourtant de peu en réalité pour que le mouvement démocratique
reprenne du poil de la bête : il suffit en vérité de recréer l’espoir par un
travail sur la conscience même que le mouvement populaire a de lui, en
combattant résolument l’idée qu’il n’existe pas, qu’il n’a pas de rôle
historique. Or le mouvement populaire est la société même en action dans le
travail, la création, et comme un enfant encore en devenir, il lui manque la
pleine conscience politique de ses possibilités transformatrices, maintenu qu’il est
dans la domination d’une classe qui n’existe que par l’exploitation.

La conscience d'un peuple, d'une nation toute entière n'est pas seulement la somme des consciences individuelles, elle doit se constituer en une forme de réseau unitaire et symbolique autour de valeurs. Celles de notre république sont fortes et ancrées dans notre peuple. C'est parce que ces valeurs se prennent de plein fouet la violence des mesures actuelles qu'il y a possibilité de fédérer les initiatives citoyennes et leur donner une qualité et un contenu politique exigeant des transformations réelles. On ne construit rien en dehors de la propre histoire de cahque nation.


L’histoire montre que le mouvement populaire peut aller jusqu’à la grève
générale et à la désobéissance civile, instruments politiques des grandes
masses exclues du pouvoir et décidés démocratiquement. Il est curieux que le
mouvement syndical comme les partis de gauche se refusent à l’idée de
préparer la grève générale qui est l'une des options du combat démocratique sans doute la plus radicale et efficace si elle est consciemment organisée et majoritairement voulue et décidée par les travailleurs. Une grève générale ne peut être efficace si elle ne prévoit pas comme on dit aux échecs "le coup d'après", celui de l'alternative politique au système en place.

Bien entendu ce rôle politique n'est pas le rôle des syndicats, mais celui du mouvement autonome des citoyens dont on vient d'avoir un exemple éclatant sur les réseaux sociaux avec la signature de la pétition contre le projet de texte sur le code du travail.

En ce sens, une grève générale se prépare, elle n’est pas
inéluctable mais elle peut être un grand moyen de lutte non violent si elle repose sur
un travail de longue haleine, si elle est maîtrisée de bout en bout par les
travailleurs. Certes les conditions de sa réalisation sont complexes puisque
justement le capitalisme a réussi à précariser l’ensemble de la société, à
diviser les salariés, à les opposer entre eux. C’est justement pour cela que
la préparation d’une action de très grande ampleur paralysant pacifiquement
le système de production et de propagande du capitalisme et donnant la
parole et l’initiative aux citoyens est sans doute aussi l’un des moyens les
plus efficaces pour se préparer à l’auto-organisation populaire pour une
transformation politique réelle.

Une telle lutte s’organise sur la base des
cahiers de revendications des salariés qui doivent devenir les références de
l’action syndicale pour aider aux convergences et lutter contre le
corporatisme. Une grève générale active, militante, alliant les
revendications à la question des moyens pour y répondre, devra poser la
question de quel pouvoir pour quelle société et donc devenir clairement une grève pour la citoyenneté dans le travail, une grève politique au bon sens du terme. Elle devra avoir pour objectif de conduire les partis
politiques à se positionner et à être démasqués pour ceux qui prétendent
être pour la démocratie mais qui seront les premiers à exiger la reprise du
travail sous prétexte de la concurrence mondiale. Or tout montre que cette concurrence est le contraire des intérêts des travailleurs en France et dans le monde, quel est le prétexte irrationnel d'un système économique qui est anarchique, chaotique et destructeur de la civilisation.Ce n'est pas la concurrence des compétences et de la créativité, c'est celle de la finance capitaliste qui étrangle les peuples et les Etats. Evidemment la grève générale ne peut pas durer indéfiniment, elle doit être reconduite que si la majorité des travailleurs la décide mais ce qui compte c'est qu'elle soit active et productive d'idées d'organisation pour améliorer le travail et le libérer des contraintes paralysantes et destructrices que lui impose le capitalisme. Elle peut être un grand moment de citoyenneté, moment qui est
aujourd’hui quasiment interdit de fait puisque les gens n’ont pratiquement
plus de temps à consacrer à l’échange collectif, au partage des idées, à la
confrontation critique de leur propre expérience.

Elle devra être alimentée
politiquement et idéologiquement sur le sens du travail, de l’utilisation de
l’argent, de l’avenir de la planète et de la société. Elle pourra créer une
situation politique telle que si nombre de revendications pourront commencer
à être satisfaites il faudra poser en grand la question d’une expression
populaire par l’organisation d’élections générales avec abolition de toutes
les mesures anti-populaires et discriminatoires qui interdisent aux
étrangers de voter et d’être candidat, tout comme les mesures scélérates qui
obligent les candidats à payer leurs frais de campagne électorale, procédé
inique qui exclut de fait les candidats des milieux populaires. Ces
élections pourront faire l’objet d’assemblées préparatoires dans les
quartiers, les entreprises, afin d’élaborer des programmes issus du peuple
et non des seuls partis politiques.


Le mouvement par sa détermination et son objectif devra poser la question de
la création de nouvelles institutions qui devront être fondées sur une
véritable séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire y
compris en créant un quatrième pouvoir, celui de la démocratie participative
ou démocratie d’engagement, qui établit une relation entre les conseils
populaires de base réunissant tous les citoyens volontaires sans
discrimination et les autres pouvoirs constitutionnels, quatrième pouvoir
qui devra être reconnu lui-même par la Constitution de la VIème république.


Cette vision d’une possible évolution du mouvement populaire exprimée ici
pourrait sembler pour certains dépassée ou utopique et pourtant elle
correspond à beaucoup de mouvements de masse qui se sont produits à travers
le monde à l’époque contemporaine. Trop souvent ces mouvements de masse ont
échoué parce que faisait défaut une véritable alternative,
une maîtrise populaire des enjeux politiques, l’existence d’une organisation
non seulement anti-capitaliste mais aussi et surtout productrice
d’alternative concrète correspondant à la réalité du terrain et du pays.

Soyons clairs : sans conscience politique des enjeux de classe et sans invention d'outils démocratiques nouveaux qui favorisent la lutte des citoyens contre toutes les manipulations, les gens ne pourront pas transformer la société et en devenir les dirigeants.


La crise de la gauche française et des partis qui s'en réclament qui ont trop longtemps pensé
par copie de modèles extérieurs (Communisme soviétique, social-démocratie, social-libéralisme)
a permis la contre offensive capitaliste qui fait tant souffrir notre planète
aujourd’hui.

Anticiper, imaginer, les formes que peut prendre le mouvement
populaire afin qu’il soit le plus créateur et efficace possible est une responsabilité
importante pour les citoyens progressistes afin d’aider le mouvement à
éviter les pièges, les obstacles que l’adversaire ne manque pas de
lui imposer.


Ceux qui ont abandonné l'idée d'une autre société, altruiste, non-violente et respectueuse de chaque individu ont perdu l’essentiel : ce qui est en
œuvre au sein même de la vieille société et qui jaillira sans qu’ils n’y
comprennent rien, dépassés qu’ils seront par l’histoire. De tout temps les
classes dominantes ont à un moment donné de leur évolution été contestées
parce qu’elles ne représentaient plus dans les idées des dominés leur
capacité à diriger la société. Si aujourd’hui beaucoup de gens doutent de la
capacité des capitalistes à diriger la société ils n’en concluent pas pour
autant qu’il y a une possibilité qu’elle soit dirigée par une autre classe
autrement dit par eux-mêmes. Pour cela il faut que la classe de tous ceux qui travaillent soit organisée, unie, et fasse converger ses expériences du travail et des luttes
en un vaste mouvement social qui lui redonne confiance en ses
capacités. Pour cela les réseaux sociaux peuvent contribuer à une renaissance de la conscience
de classe à condition que beaucoup plus de citoyens se les approprient politiquement.

Il faut que les salariés dans leur grande masse apportent la
preuve dans l’action qu’ils sont les gestionnaires naturels de la production
et des services indépendamment du capital, qu’ils représentent la solidarité
et la coopération notamment dans les services publics, et pour cela inventer
des formes de lutte nouvelles plus offensives, moins défensives posant la
question d’une autre société, d’un autre mode de développement de production
et de consommation, d’une utilisation de l’argent rompant avec le
capitalisme, c'est à dire rompant avec le mode de production qui vise à accumuler de l'argent
pour une classe privilégiée en détruisant la planète et l'humanité.

Or les dirigeants de la gauche pour la plupart d’entre eux ont
tout trahi, convaincus que le socialisme ne se réaliserait en fait jamais
malgré des discours aux accents de gauche pour tromper la galerie, plus
préoccupés par leurs postes que par l’essentiel qui bouillonne en silence
dans les soubassements de la société …ils ont confondu l’apparence
et l’essence, et l’idéologie dominante les a dressés en définitive à devenir
des défenseurs de l’ordre établi voire même pour certains les chiens de
garde du grand capital.

Mais ce qui se prépare est tel que nos modes de
pensée seront eux-mêmes totalement dépassés et qu’il nous faudra inventer,
il nous faut créer une imagination rebelle nouvelle pour faire face à la techno-
barbarie contre laquelle pourra surgir une autre civilisation, à la mesure de
chaque homme, de chaque femme, à la mesure de l’épanouissement de chaque
individu.


L’analyse de l’évolution des forces productives dans une mondialisation
rapide est le socle de notre connaissance sociale pour mener la lutte
vers l’objectif d’une société fraternelle mais j’ajouterai à
celle-ci beaucoup de poésie, d’humilité pour que nous ne nous prenions pas
trop au sérieux, juste ce qu’il faut pour continuer à rêver, à lutter, à
être libres et à rester humains en prenant garde en permanence aux dérives
qui guettent les transformations en permanence, car l’ancien revient toujours à pas de charge
dans le nouveau, car changer de mode de relations sociales et économiques nécessite beaucoup d'éducation et de formation de l'ensemble de la société.


Oui, demain il n’y aura plus d’enfant qui aura faim, plus de jeune exclu de
toute reconnaissance sociale, plus de vieux dans la misère et l’abandon,
plus de travailleur méprisé jusqu’à en venir au suicide ! L’unité du peuple
et son auto-organisation démocratique vont bousculer les
vieilles idées et donner à la société ce qu’elle attend : la liberté de
chaque individu de créer, d’être libéré de la dépossession de soi qu'on lui impose en s'épanouissant avec et par les autres, celle d’agir
pour le bien commun et le progrès humain en mettant la productivité du
travail au service de tous sans discrimination.

Pour cela l’élévation de la
conscience politique populaire est une tâche primordiale. Elle passe par
l’action revendicative et par l’intervention politique permanente des
citoyens. Une action éclairée par la théorie des grands philosophes et scientifiques de notre temps et des siècles passés.


La grande révolution citoyenne se prépare maintenant, au quotidien, dans nos quartiers, dans
les entreprises, dans les lycées et universités, sur internet. elle
surprendra, elle inventera, elle sera notre œuvre à tous. A chacun de s’y
engager pour que l’émancipation devienne notre réalité.

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