Européennes à Creil : le Parti socialiste s'effondre,
le PCF poursuit sa remontée
Lors des élections européennes, les communistes enregistrent avec satisfaction un progrès
de + 2,8 % et un score global de 8,11%. Le PC est la seule formation de la majorité municipale à progresser à Creil puisque le PS de Jean-Claude Villemain, maire de la
ville, chute de 16 points passant de 38,77% en 2004 à 22,70% en 2009 dégringolade qui profite aux Verts avec Europe Ecologie qui dans cette ville doublent leur influence passant de 7,7
% à 14,7%. Creil avait déjà préfiguré aux municipales cette tendance avec la scission du PS qui avait vu le socialiste dissident Seguin s'allier aux Verts et au Modem contre la liste
officielle du PS de Villemain. La chute du PS résulte en partie de la décision d'un grand nombre d'électeurs socialistes traditionnels de ne plus voter pour lui mais pour les
sociaux-libéraux du courant de Cohn-Bendit, et d'autre part de la division interne du parti socialiste local, division qui traduit des clivages sur la stratégie à adopter pour l'avenir dans la
conquête du pouvoir national et le partage du pouvoir local.
Autre perdant de la majorité municipale, Lutte
ouvrière qui passe de 3,83 % à 2,47% en partie en raison d'un probable transfert d'une partie de son électorat sur la liste du NPA qui elle réalise le score de 6,17% restant cependant
derrière celle des communistes du Front de Gauche. Si l'on s'en tient strictement à la somme des résultats des forces politiques de la "majorité municipale" on arrive à un total de 33,28%.
Ce chiffre doit cependant être pondéré par le fait que la participation a été extrêmement faible et que le NPA n' a pas de représentation politique au sein de l'assemblée communale. Mais le maire
de Creil peut être inquiet dans un contexte où ce bastion du Parti socialiste que Creil a été durant des décennies présente de sérieux signes d'affaiblissement
avec une baisse d'influence confirmée à ces européennes.
Quant au nouveau progrès des communistes il semble difficile de l’attribuer au « Front de gauche » dont aucune analyse sérieuse ne peut
conclure à une dynamique générale. En effet les progrès enregistrés le sont surtout là où les militants et les élus communistes ont déployé une activité au plus près des gens à partir de leur
préoccupation plutôt que d’une promotion de la coalition « Front de gauche » qui en plus n’ a pas de réalité politique dans l’Oise, le Parti de Gauche n’existant pratiquement pas. Plus
sérieusement sur Creil, si une dynamique existe c’est celle d’une remontée d’influence du PCF basée sur l’affirmation de l’identité communiste et d’ orientations nouvelles dans la pratique et la
théorie des militants et élus communistes. Ainsi si l’on compare les élections de ces dernières années, la progression du PCF est constante. La comparaison sur le scrutin précédent de même nature
donne les progressions suivantes :
Législatives 2007 sur celles de 2002 (3ème circonscription, canton Creil-sud) = + 2,74 %
Législatives 2007 sur celles de 2002 (7ème circonscription, canton Creil-nord) = + 4,55% , le PC en 2002 n’avait pas présenté de
candidat !
Européennes 2009 sur 2004 = + 2,89% et le pourcentage de 2009 est même meilleur que sur les européennes de 1999 de +
1,65%
Cantonales Creil Sud 2008 sur 2001 = + 5,40 % Jean-Paul Legrand dépassant la barre des 10% avec un score de 10,18% retrouvant presque le résultat réalisé en 1994 par Paul
Cesbron avec 10,36%
Ce qui se passe à
Creil confirme donc une remontée d’influence du PCF. Celle-ci repose essentiellement sur l’activité des militants et des élus communistes qui dans la dernière période ont refusé que soit occultée
l’identité communiste allant jusqu’à prendre l’initiative de présenter une liste communiste aux municipales qui a recueilli 7,32 %, très bon score qui a surpris alors que la
plupart des observateurs donnaient à cette liste moins de 5%, certains même moins de 3% et surtout que toutes les pressions et manoeuvres émanant de la "gauche" départementale et locale se
sont exercées pour dissuader les militants communistes de présenter leur propre liste
Des militants du
PCF émettent des réserves voire des critiques quant à la volonté de la direction du PCF de présenter le Front de gauche comme une stratégie d'avenir utile à notre peuple. Il est
indispensable d'être vigilants car les opérations de liquidation du Parti communiste sont à l'oeuvre. Agir pour qu'aux prochaines élections régionales les communistes picards présentent
une liste ouvertement communiste est le meilleur moyen de mobiliser de larges couches populaires qui n'attendent plus grand chose d'un PS plus préoccupé par ses luttes intestines et
ses combats de chefs que par l'urgence d'une politique radicalement nouvelle. Une telle liste avec un programme d'appui aux luttes et de propositions économiques concrètes peut
réellement bousculer la politique régionale et créer un événement considérable, et de ce fait mettre en échec les liquidateurs du PCF. Pour cela il faut rassembler tous les communistes sans
exclusive aucune. Rassembler sur des bases de mise en mouvement des citoyens. La campagne des élections régionales doit servir les luttes, utile à l'action de citoyens de plus en plus
nombreux à être durement victimes de la crise capitaliste. Car ce ne sont pas les montages politiques électoralistes comme le "Front de gauche" privilégiant la figure
d'un"Mélenchon" qui permettront de changer la société, mais l'intervention de chaque citoyen dans des processus de luttes qui remettent à la fois en cause le capitalisme et
construisent des réponses nouvelles fondées sur l'auto-gestion populaire par le développement sans précédent de la démocratie et qui dans ce sens utilisent le vote comme un moment de leur
combat. Il faut démontrer en quoi le communisme est la seule réponse à la crise du capitalisme qui peut permettre d'inventer une organisation rationnelle et efficace de
l'humanité. Le communisme n'est pas une société idéale, il est le processus de luttes permettant la propagation de la démocratie dans toute la société pour sauver l'humanité de la
destruction capitaliste.
Rien à voir avec les pâles gesticulations de
politiciens d'une gauche moribonde qui n'ont comme ambition que des rééquilibrages entre une gauche social-démocrate et une gauche sociale-libérale alors que le prolétariat a besoin
d'outils théoriques et d'expériences pratiques pour réaliser son union consciente et exercer sa puissance transformatrice. Tout est entrepris pour que la révolution inéluctable qui se
prépare soit retardée d'où la nécessité pour toutes les forces du capital d'écraser, d'anéantir ce qui reste de révolutionnaire dans le PCF, voire d'en finir définitivement avec ce
parti.
Au contraire, les marxistes conséquents, les
militants convaincus de la nécessité de disposer d'un parti révolutionnaire comme outil théorique et pratique de la transformation sociale, tous ceux qui n'ont pas renoncé au communisme doivent
s'organiser pour redonner au PCF l'ambition de redevenir le grand parti populaire de transformation qu'il n'aurait jamais du cesser d'être et qui a su conjuguer l'intérêt national aux exigences
de l'internationalisme indissociablement liés.
Commentaires