Mardi 12 février 2013
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A Creil aussi , la réforme des rythmes scolaires provoque des débats et la grève a été suivie
Des écoles fermées, des taux de grévistes de l'ordre de 90% dans certains établissements, la grève a été suivie aujourd'hui
dans les écoles de Creil.
Les enseignants mais aussi les parents d'élèves veulent dire leur mot et ont le sentiment de n'être pas écoutés. Pourquoi
de telles réactions ? Je tente ici d'apporter des explications
A propos de la réforme des rythmes
scolaires
Il semble tout à fait primordial que l'organisation à la fois de la vie scolaire et des activités
péri-scolaires puissent faire l'objet d'une concertation de tous ceux qui sont concernés : enseignants et administration de l'Education nationale, parents, élus, responsables d'association,
personnels amenés à encadrer les enfants pendant la restauration et personnel des animations péri-scolaires, Rased, médecins scolaires, etc...
Cela paraît d'autant plus important que les maires sont invités par le Ministère à exprimer très
rapidement leur avis auprès de la Directrice Académique des Services de l'Education Nationale : soit le report de la réforme à l'année scolaire 2014-2015, soit
l'application de la réforme dès la prochaine rentrée avec la possibilité pour le maire de demander avant le 30 avril 2013 une dérogation au cas où le choix de la collectivité se
porterait pour le samedi au lieu du mercredi. Cette dérogation ne peut être accordée au samedi que si " le projet éducatif territorial et que l'organisation proposée présente
des garanties pédagogiques suffisantes".
En ce qui concerne l'agglomération creilloise, le fait que la ville de Montataire ait décidé de reporter
l'application de la réforme à la rentrée 2014 conduit à ce qu'il n'y ait pas pour la Communauté d'agglomération la possibilité de demander une dérogation pour l'EPCI et entraine
nécessairement l'élaboration du Projet éducatif territorial à l'échelle de chaque commune.
A ma connaissance, il n'existe pas de projet éducatif territorial pour la commune de Creil. Le ministère ayant décidé
d'un calendrier très rapide pour la mise en place de la réforme a d'ailleurs fait savoir que la circulaire ministérielle en préparation ne demande pas aux communes ou aux EPCI (les
communautés) qui souhaitent demander une dérogation pour la demi-journée du samedi de présenter dans l'immédiat ce projet éducatif territorial mais ses "lignes directrices". Or
même ses lignes directrices n'ont pas, à ma connaissance, été élaborées et encore moins débattues par les acteurs concernés.
Ce calendrier, cette façon de vouloir régler très rapidement des décisions qui devraient relever d'une démarche
collaborative, ne sont pas ressentis positivement par les personnels qui ont été nombreux à observer des journées de grève dans la dernière période, des écoles de notre ville ayant
d'ailleurs fermé et d'autres connaissant un très fort taux de grévistes ce 12 février . Des conseils d'école ont estimé qu'il était nécessaire de prendre le temps de la concertation avant
d'opérer des choix qui ne pourraient être fondés que sur un nombre restreint d'avis si cette concertation locale n'avait pas lieu ou si elle était limité à quelques personnes ou
catégories. Des avis ont été formulés pour que cette concertation se fasse dans le temps afin que la construction des réponses fassent l'objet d'une adhésion la plus large possible en
faveur d'une refondation de l'école qui soit l'affaire du plus grand nombre.
Selon les avis exprimés par plusieurs membres de la communauté éducative, il serait souhaitable que la
réflexion et la concertation puisse se mener avec tous les acteurs de l'école qui le souhaitent. Il est en effet nécessaire d'examiner comment l'application locale de la réforme va
modifier non seulement les rythmes de l'enfant mais va également apporter des modifications voire des contraintes fortes pour l'organisation des personnels, de la vie des
familles et des parents salariés en particulier, celle des associations, de la restauration scolaire, de l'ensemble des structures et services qui s'occupent de la jeunesse et
de l'enfance dans notre ville. Comment à terme cette application locale pourrait aussi glisser vers des dérives de municipalisation de l'école publique abandonnant progressivement ses
financements et ses programmes nationaux,afin que l'Etat soumis aux exigences politiques et financières du Pacte de stabilité européen se désengage de plus en plus.